Equateur: des indigènes protestent contre la politique économique du gouvernement

Le 27 octobre 2021 à 0h42

Modifié 27 octobre 2021 à 0h42

Quelques milliers de personnes ont défilé mardi à Quito et des barrages routiers ont été érigés dans plusieurs provinces d’Equateur à l’appel des organisations indigènes pour dénoncer la politique économique du gouvernement, malgré l’état d’urgence décrété pour lutter contre l’insécurité.

La Confédération des nationalités indigènes (Conaie), à l’origine de l’appel à la mobilisation, a organisé le blocage de plusieurs routes dans le pays, tandis que des membres de syndicats, des indigènes et des étudiants ont défilé dans la capitale.

« Je suis venue pour mes trois enfants qui sont au chômage depuis l’année dernière. Ils m’aident à manger et nous souffrons tous, nous sommes désespérés », a déclaré à l’AFP Maria Elena Ponce, une femme au foyer de 58 ans.

La manifestation à Quito a réuni 1.500 personnes, selon le colonel de police César Zapata.

En fin d’après-midi, des heurts ont éclaté non loin de la présidence entre les forces de l’ordre et quelques dizaines de manifestants qui ont lancé des pierres. Les policiers, déployés en nombre, ont répliqué en lançant des gaz lacrymogènes.

La police a également fait usage de lacrymogènes pour disperser des manifestants qui bloquaient des routes à la périphérie de la capitale. Au moins 18 personnes ont été arrêtées, selon les autorités. Un manifestant a été blessé, a constaté l’AFP.

Depuis le matin, des barricades ont été dressés sur des routes dans au moins cinq des 24 provinces du pays, dont celle de la capitale, selon le centre opérationnel de secours national.

Dans la région centrale des Andes, un barrage a été dressé à l’entrée de Zumbahua, ville majoritairement indigène située à 165 km de Quito. Les manifestants ont interdit le passage avec des blocs de pierre et incendié des pneus, a constaté l’AFP.

« Nous avons lancé cet appel pour rejeter tout ce que le gouvernement national impose. Il n’accepte pas les propositions, le dialogue des organisations sociales, des organisations indigènes », a dénoncé à l’AFP Julio César Pilalumbo, responsable communautaire à Zumbahua.

« Nous n’avons pas d’argent, il n’y a pas de travail pour les jeunes qui se sont formés », a raconté à l’AFP Fabiola Gualotuña, une professeure qui vit à Zumbahua et doit se rendre dans une communauté voisine pour enseigner.

Les actions de blocage visent notamment à pousser le président conservateur Guillermo Lasso à revenir sur la hausse annoncée de 12% du prix des carburants.

Le gouvernement doit « geler les prix des carburants à 1,50 dollar pour le diesel et à 2 dollars pour l’essence », a réclamé Leonidas Iza, le président de la Conaie, dans un entretien à l’AFP.

« La paralysation représente des pertes économiques pour les petites entreprises, qui sont le moyen de subsistance de milliers de familles et de ménages équatoriens. Dites #Non à la grève pour la réactivation et la prospérité de tout le pays », a réagi le président sur Twitter.

– Climat explosif –

L’appel à la mobilisation intervient dans un climat déjà explosif dans le pays de 17,7 millions d’habitants, dont 7,4% d’indigènes: l’insécurité flambe en raison de la guerre des gangs pour le contrôle du juteux marché de la cocaïne et l’économie peine à se relever des conséquences du Covid-19. La pauvreté frappe environ 47% de la population.

« Au lieu de faire baisser les tensions », l’augmentation des prix du carburant « provoque un énorme malaise, un mécontentement parmi les travailleurs et le peuple », a déclaré à l’AFP le dirigeant syndical Angel Sanchez.

Le prix du carburant est un fréquent sujet de discorde entre les gouvernements équatoriens et les groupes autochtones. En 2019, la Conaie avait contraint le président Lenin Moreno (2017-2021) à faire machine arrière sur la suppression totale des subventions publiques aux carburants. Douze jours de manifestations violentes s’étaient soldés par 11 morts.

A la différence de 2019, les manifestations de mardi se déroulent dans le cadre d’un état d’urgence de 60 jours décrété par le pouvoir pour lutter contre la violence liée au trafic de drogue, qui mobilise l’armée dans les rues pour soutenir la police dans ses opérations.

Niché entre la Colombie et le Pérou, l’Equateur est une plaque tournante du narcotrafic en raison de ses frontières perméables, de son économie dollarisée et de ses grands ports maritimes d’exportation.

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