En Amérique Latine, Blinken applaudit l’allié colombien

Le 21 octobre 2021 à 6h41

Modifié 21 octobre 2021 à 6h41

Au deuxième jour de sa tournée sud-américaine, le diplomate en chef des Etats-Unis Antony Blinken a fait l’éloge de la Colombie, son « meilleur allié » dans la région, et un « modèle » pour sa gestion des migrants fuyant le Venezuela voisin.

« Nous n’avons pas de meilleur allié sur tous les sujets que nos démocraties affrontent dans la région », a déclaré M. Blinken, au cours d’une conférence de presse commune avec le président colombien conservateur Ivan Duque.

« La Colombie a démontré une énorme générosité en accueillant près de deux millions de migrants vénézuéliens déplacés par l’actuelle crise humanitaire au Venezuela », a loué M. Blinken, venu en messager de la politique dans la région de la nouvelle administration du président démocrate américain Joe Biden.

Ivan Duque, qui a de nouveau fustigé mercredi la « dictature oppressive, corrompue et narco-trafiquante » du Venezuela, a lancé cette année un plan audacieux visant à régulariser le statut de près d’un million de Vénézuéliens sans-papiers.

– « Approche coordonnée » –

« Je vous applaudis, je vous félicite pour votre vision et votre leadership », lui a dit le secrétaire d’Etat, soulignant ce que la Colombie a fait « est un modèle pour la région et aussi un modèle pour le monde ».

L’Amérique latine connaît actuellement des mouvements de population « sans précédent » en direction des Etats-Unis, s’est alarmé M. Blinken, qui a appelé les gouvernements alliés à « adopter une approche coordonnée » pour faire face à cette « pression migratoire ».

Nous devons également « nous attaquer plus efficacement à la cause profonde de la migration et de la migration irrégulière. C’est-à-dire à ce qui pousse les gens à tout quitter pour faire un voyage aussi dangereux à travers le continent », a-t-il plaidé.

Dans l’après-midi, il a rencontré plusieurs ministres des pays de la région et des Caraïbes sur ce thème, proposant de « renforcer la surveillance des frontières en exigeant des visas et en contrôlant méticuleusement » l’entrée des migrants se déplacant sans document.

Il a également appelé à « améliorer les procédures d’asile » et à « créer davantage d’options de protection et d’installation » pour les migrants, particulièrement vulnérables aux risques de traite d’êtres humains.

Pour sa première visite en Amérique du Sud, M. Blinken s’est rendu mardi en Equateur, avant de terminer sa tournée en Colombie, le plus proche allié des Etats-Unis dans leur croisade contre le trafic de drogue et contre le gouvernement chaviste du président vénézuélien Nicolas Maduro.

« Le thème central de ce voyage est comment travailler ensemble pour faire que nos démocraties fonctionnent dans l’intérêt de nos citoyens », a-t-il réaffirmé mercredi, reprenant le message de la Maison Blanche face à l’influence grandissante du populisme et des autoritarismes, dans la région comme ailleurs sur la planète.

Lors de sa visite à Quito, il a exprimé la volonté de l’administration Biden de non plus seulement se concentrer sur les questions sécuritaires, mais de soutenir les citoyens au quotidien.

« Notre bilan en matière d’amélioration de la sécurité dans les démocraties de la région est mitigé », a reconnu M. Blinken à l’Université San Francisco de Quito.

Selon le Secrétaire d’Etat, les Etats-Unis doivent être plus attentifs aux préoccupations économiques et sociales des citoyens, telles que l’amélioration des droits du travail, la santé ou l’éducation.

– Paix, narcos et droits de l’homme –

A Bogota, M. Blinken n’en a pas moins renouvelé l’engagement des Etats-Unis envers la Colombie sur les questions de sécurité, en particulier pour « s’attaquer aux racines du trafic de drogue », carburant qui a alimenté le conflit colombien jusqu’à la signature d’un accord de paix historique avec les FARC marxistes en 2016. Les violences liées au narcotrafic perdurent encore aujourd’hui avec les nombreux groupes armés impliqués.

Après près de cinq décennies de lutte contre le trafic de drogue, la Colombie reste le premier producteur mondial de cocaïne et les Etats-Unis le principal consommateur, malgré les efforts américains pour « réduire la demande ».

M. Blinken a également mis l’accent sur les « violations des droits de l’homme » liées au conflit colombien et, plus récemment, aux manifestations sociales durement réprimées par les forces de l’ordre. Il a souligné que les responsables devaient répondre de leurs actes, insistant sur la nécessité de « mettre fin à l’impunité ».

Les Etats-Unis ont soutenu l’accord de paix avec les FARC, qui a permis le désarmement de 13.000 guérilleros. Mais le gouvernement du président Duque, chargé de sa mise en oeuvre, continue cependant de questionner l’impunité qu’il offrirait aux personnes coupables des crimes les plus graves.

Le secrétaire d’Etat a reconnu les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’accord, même s’il a noté qu' »il faut faire davantage pour accroître et renforcer la présence de l’Etat dans les zones rurales », où la violence a continué après le démantèlement de la guérilla.

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