Elections américaines: le secrétaire d'Etat de l'Arizona en première ligne face à la désinformation

(AFP)

Le 10 février 2024

"Les élections sont le tissu de notre société": à neuf mois de la présidentielle américaine, le secrétaire d'Etat de l'Arizona Adrian Fontes travaille à combattre la désinformation dans cet Etat qui devrait jouer un rôle clé lors du scrutin de novembre.

L'Arizona (sud-ouest), remporté de justesse en 2020 par le démocrate Joe Biden, est la cible de toutes sortes de fausses accusations de fraude électorale, amplifiées par l'ancien président Donald Trump et ses alliés républicains, qui continuent d'assurer que la dernière présidentielle leur a été volée.

Alors que les électeurs de l'Arizona voteront en mars pour les primaires que Donald Trump et Joe Biden devraient remporter aisément pour leurs partis respectifs, Adrian Fontes, 53 ans, dit travailler activement "pour s'assurer que les électeurs ne se sentent pas intimidés" en allant aux urnes.

Dans un entretien à l'AFP, ce fonctionnaire démocrate assure que les scrutins de 2024, qui se tiendront dans un contexte politique très polarisé, serviront de test à l'Etat quant à sa résistance face à la désinformation.

Encouragées par de fausses théories de "contrebande" de votes, des personnes armées et brandissant des caméras s'étaient présentées devant des bureaux de vote à travers l'Etat lors des élections de mi-mandat en 2022.

Le ministère américain de la Justice avait déclaré que ces actes soulevaient "de sérieuses inquiétudes quant à l'intimidation d'électeurs".

- Bambou -

Ces épisodes de violence nuisent également au recrutement des bénévoles chargés d'assurer le bon déroulé des scrutins et qui sont cibles de "menaces", pointe le responsable.

En Arizona comme ailleurs, les autorités peinent cette année à recruter des assesseurs. En décembre, certains comtés de l'Etat n'avaient par exemple atteint que la moitié de leur quota de bénévoles pour les primaires.

Il ne s'agit pas là d'une nouveauté, selon M. Fontes, mais ces difficultés "sont aujourd'hui bien plus exacerbées".

La victoire de Joe Biden dans cet Etat en 2020, seulement la deuxième d'un candidat démocrate en 70 ans et sa faible marge d'écart - environ 11.000 voix - ont alimenté les théories du complot les plus folles sur le déroulement de l'élection.

Adrian Fontes se rappelle notamment d'une fausse rumeur amplifiée par un audit commandé par le camp républicain en 2021, qui évoquait la possibilité de bulletins frauduleux envoyés par avion depuis l'Asie du sud-est et contenant des fibres de bambou.

"L'audit avait commencé à chercher des traces de bambou dans les bulletins de vote -- alors qu'à l'origine un gars avait lancé cette histoire comme un exemple de théorie ridicule" qui aurait pu être créée au sujet de l'élection, explique M. Fontes.

Cette année, la menace de campagne de désinformation est particulièrement exacerbée par les possibilités offertes par l'intelligence artificielle (IA).

Le régulateur américain des télécoms (FCC) a par exemple interdit dernièrement les appels automatisés utilisant des voix générées par un programme d'IA, après des appels ayant usurpé la voix du président Biden.

Des risques qui impliquent une vigilance de tous les instants, selon le secrétaire d'Etat. "C'est pour protéger la société des gens qui voudraient lui nuire que je fais ce travail."

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Le 10 février 2024

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