Dette : l'Argentine confront
Treize ans après son retentissant défaut de paiement, l'Argentine se retrouve aujourd hui confrontée au même scénario après le refus de la Cour suprême des Etats-Unis de se saisir du recours de Buenos Aires pour faire annuler le verdict d'un tribunal d'appel de New York condamnant la troisième puissance économique d'Amérique du Sud à verser plus d'un milliard de dollars de créances à deux fonds spéculatifs américains, dits fonds +vautours+.
Après plusieurs mois d'attente, la haute juridiction américaine a finalement décidé lundi de ne pas examiner le recours de l'Argentine confirmant ainsi la sentence d'une cour d'appel de New York, rendue en août 2013, condamnant Buenos Aires à verser aux fonds +vautours+ américains NML Capital et Aurelius Management 1,33 milliard de dollars, soit l'intégralité de leurs créances.
L'Argentine qui a fondé tous ses espoirs sur la Cour suprême des Etats-Unis a ainsi essuyé une véritable défaite dans son bras de fer avec les fonds +vautours+ américains. Contrairement à la quasi-totalité des créanciers privés (93 pc) qui ont adhéré aux plans de restructuration de la dette argentine de 2005 et 2010, en acceptant d'effacer près de 70 pc de la dette de ce pays sud-américain, NML capital et Aurelius Management, spécialisés dans le rachat de la dette à risque de pays tiers, ont porté plainte devant la justice de leur pays en exigeant un remboursement intégral.
La décision de la Cour suprême américaine tombe au plus mauvais moment pour l'Argentine qui espère retrouver la confiance des bailleurs de fonds internationaux après avoir conclu récemment des accords avec la compagnie pétrolière espagnole Repsol et le Club de Paris.
En vertu de ces accords, Buenos Aires s'était engagé à dédommager à hauteur de plus de 5 milliards de dollars le groupe espagnol suite à la nationalisation, en avril 2012, de sa filiale argentine YPF et à solder les arriérés de sa dette publique de près de 10 milliards de dollars à l'égard du Club de Paris.
La réaction du gouvernement argentin à ce verdict ne s'est pas fait attendre. La présidente Cristina Kirchner, soufflant le chaud et de froid, a fustigé le +racket+ auquel se livrent les fonds +vautours+, tout en soulignant la disponibilité de Buenos Aires à rembourser ses dettes. +Notre obligation est de payer nos créanciers, mais en même temps de ne pas nous laisser rançonner+, a affirmé la chef de l Etat argentine.
+?L'Argentine ne va pas se déclarer en défaut de paiement (...) Nous avons démontré notre volonté de négocier. Nous sommes parvenus à un accord avec Repsol, nous avons aussi scellé un compris avec le Club de Paris. Il y a ce qui relèv