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Des centaines de migrants exaspérés pénètrent brièvement en Macédoine en traversant une rivière

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Le 14 mars 2016 à 18h50

Plusieurs centaines de réfugiés et migrants, exaspérés par les conditions de vie au camp d'Idomeni en Grèce, où la frontière avec la Macédoine est hermétiquement close depuis une semaine, ont réussi à franchir celle-ci par une route alternative lundi, avant d'être arrêtés.

La colonne a serpenté à travers champs et collines pendant des heures l'après-midi, un peu à l'ouest d'Idomeni, avant de franchir une rivière grossie par les pluies des derniers jours, de l'eau jusqu'aux cuisses, les enfants sur les épaules des parents, beaucoup pleurant de fatigue.

La police grecque, sans doute dépassée par le nombre, a laissé passer ce groupe de familles, avec tous leurs bagages, qui tentait de trouver enfin un accès à l'Europe du nord.

Mais, au bout d'un chemin vicinal, les migrants qui avaient enfin réussi à trouver la fin de la clôture de barbelés érigée par les Macédoniens (600 à 700 selon les autorités macédoniennes) ont vu leur escapade s'achever : l'armée macédonienne les a encerclés et fait asseoir, avant d'organiser plus tard leur retour.

Entre 10 et 30 journalistes et activistes qui les accompagnaient, selon les sources, ont été conduits à un poste de police dans la petite ville macédonienne de Gevgelija, d'où ceux-ci devaient normalement être relâchés en début de soirée.

Tout l'après-midi, des centaines d'autres migrants ont quitté le village-frontière grec d'Idomeni avec le même espoir. Mais, selon des journalistes de l'AFP, la police grecque les a empêchés de franchir la rivière.

Lundi matin, trois Afghans, une homme et deux femmes, dont une enceinte, partis avant le groupe, s'y étaient noyés.

Cette action de masse est la première à cette frontière depuis une tentative de passage forcé à Idomeni le 29 février, au cours de laquelle les forces de l'ordre macédoniennes avaient fait usage de gaz lacrymogène contre quelque 300 personnes, dont des enfants.

Elle témoigne de l'exaspération croissante d'une foule évaluée à au moins 12.000 personnes lundi, qui ont vu la frontière se refermer peu à peu, puis complètement, depuis le mois dernier, au fur et à mesure des restrictions décidées par l'Autriche et les autres pays de la "route des Balkans".

La météo a aggravé la situation, les pluies constantes des derniers jours transformant le camp en pataugeoire de boue insalubre.

- Critiques macédoniennes -

Rouzkar, 28 ans, un Syrien de Kobané, a pris part à la tentative de lundi. "Nous espérons passer, nous n'avons plus rien à perdre désormais", a-t-il confié à l'AFP.

La chancelière allemande Angela Merkel, dont le parti a été sanctionné dimanche aux élections régionales en raison de sa politique d'accueil trop généreuse en faveur des migrants, avait critiqué la semaine dernière la fermeture des frontières.

Elle a reconnu lundi que l'Allemagne "profite" de cette situation, tout en soulignant que celle-ci ne peut être "durable". Elle a indiqué miser toujours sur les négociations en cours entre l'UE et la Turquie, avant un sommet crucial jeudi et vendredi.

Il était difficile lundi soir de déterminer si cette tentative de franchissement de la frontière était spontanée. Selon certaines sources, le bruit s'en était répandu dans le camp au moins depuis dimanche. Et, à peine partie, elle n'a pas tardé à être consacrée sur Twitter par le hashtag #marchofhope (marche de l'espoir).

Le portail d'actualité macédonien MKD a pour sa part accusé "les ONGs grecques d'avoir organisé des traversées illégales de migrants, de les avoir aidés à entrer en Macédoine, tandis que la police grecque regarde sans rien faire".

Le porte-parole de l'organe de coordination de la politique migratoire en Grèce a assuré au contraire que "les autorités grecques ne facilitent pas le passage aux frontières fermées", mais qu'elles invitent au contraire les réfugiés et migrants à "leur faire confiance" pour "les transférer vers des centres d'accueil".

Les autorités grecques dénombraient lundi plus de 44.500 personnes dans les camps, avec encore 1.255 arrivées dans le pays la veille. Un canot a fait naufrage au large de l'île de Kos, et huit personnes étaient portées disparues, s'ajoutant au bilan de 400 /mctmorts ou disparus depuis le début de l'année en mer Egée.

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Le 14 mars 2016 à 18h50

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