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Crise ukrainienne: la Russie se prépare au pire pour son économie

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Le 17 mars 2014 à 11h51

Quelles que soient les sanctions mises en place par les occidentaux, la Russie se prépare au pire pour son économie, qui souffre déjà des conséquences de la crise ukrainienne et risque désormais la récession.

Le pays se situait déjà en phase de net ralentissement économique avant l'escalade de la crise politique à Kiev devenue la pire confrontation diplomatique entre Moscou et les pays occidentaux depuis la Guerre froide.

Avec le risque de sanctions et de fuite de capitaux étrangers, les économistes craignent désormais un choc difficile à supporter pour l'économie russe.

"Une récession est difficilement évitable", ont résumé lundi les analystes de la banque publique VTB Capital, prévoyant une contraction de l'économie aux deuxième et troisième trimestres et une croissance nulle du produit intérieur brut (PIB) sur l'année.

"De nombreux signes montrent que l'économie est frappée par un choc lié à l'incertitude ambiante. (...) Les entreprises retardent leurs investissements et les embauches, tandis que les ménages retardent les dépenses non indispensables", ont-ils expliqué.

Le rouble a dégringolé de plus de 12% face à l'euro depuis le début de l'année, au risque d'une flambée d'inflation et d'un coup de frein sur la consommation. Le cours de la monnaie est en effet suivi de très près par une population rompue aux dramatiques dévaluations depuis la chute de l'URSS.

Quant aux entreprises et investisseurs, ils semblent pressés d'attendre où va mener l'escalade avant de se lancer dans des projets d'ampleur.

- projets communs stoppés -

Pour Neil Shearing, du cabinet Capital Economics, les sanctions envisagées jusqu'à présent --visant des hauts responsables plutôt que les entreprises-- devraient avoir "des répercussions limitées". "Mais l'effet indirect, notamment l'anticipation de nouvelles sanctions plus dures, pourrait faire plus de dégâts", a-t-il relevé.

La semaine dernière, l'ex-ministre russe des Finances Alexeï Koudrine, très respecté des milieux d'affaires internationaux, a prévenu que le mouvement avait commencé.

"Les crédits contractés par nos entreprises à l'étranger s'élèvent à 700 milliards de dollars actuellement. Aujourd'hui, cela commence à se réduire du fait que de nombreuses lignes de crédit seront supprimées, certains projets communs vont être stoppés, et cela a même déjà commencé", a-t-il expliqué.

Or, le manque d'investissements a été désigné par les économistes comme la principale raison de l'essoufflement de la croissance en Russie (1,3% en 2013 contre 3,4% en 2012 et 4,3% en 2011). Le pays avait profité au début des années 2000 de la remise en marche de capacités de production datant de l'URSS et de l'envolée des cours des hydrocarbures mais les autorités russes reconnaissent elles-mêmes que le modèle est désormais épuisé.

Pétrole, automobile, trains, défense, agroalimentaire, BTP: dans quasiment tous les secteurs, les grandes entreprises russes ont noué des partenariats avec des multinationales occidentales pour se moderniser, même si Moscou tente de rééquilibrer son économie en direction de l'Asie.

Moscou a d'ailleurs fait de l'amélioration de son attractivité pour les investisseurs étrangers une priorité ces dernières années, avec comme vitrines des événements internationaux comme le G20 de Saint-Pétersbourg en septembre dernier et surtout les JO d'hiver à Sotchi.

- scénario iranien? -

Ces efforts aujourd'hui réduits à néant, la Russie semble résolue à des temps difficiles.

L'économiste Michael Hewson, de CMC Markets a évoqué "des rapatriements d'actifs à grande échelle de la part des banques et entreprises" pour se préparer à d'éventuelles sanctions les visant.

La récente chute inhabituelle de la valeur de la dette publique américaine détenue par des entités étrangères serait due selon des analystes à un rapatriement par la banque centrale de Russie d'une partie de ses avoirs pour protéger son trésor de devises tiré des ventes d'hydrocarbures.

"Nous sommes entrés dans un jeu qui n'est plus seulement politique, mais aussi économique. Cela montre que la Russie est prête aux sanctions les plus sévères: le scénario à l'iranienne" avec gel des avoirs et embargo commercial entraînant pénuries et inflation, a commenté le quotidien économique Vedomosti.

Quant à de possibles sanctions russes, viser des personnalités européennes ou américaines avec des interdictions de visas aurait peu d'effet et les autorités pourraient donc choisir "d'entraver les activités des sociétés occidentales en Russie", selon les experts du cabinet EurasiaGroup.

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Le 17 mars 2014 à 11h51

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