Chute de 31% des investissements directs
Les investissements directs étrangers (IDE) en direction de l'Afrique ont chuté de 31% en 2015 pour atteindre seulement 38 milliards de dollars, selon un rapport d'une agence des Nations unies.
Cette contre-performance du continent s'inscrit à contre-courant de la tendance mondiale avec notamment un rebond de 36% sur le volume global des investissements directs étrangers, à 1,6 trillion de dollars, précise la Conférence de l'ONU pour le commerce et le développement (Cnuced).
L'Afrique du sud n'a capté l'an dernier que 1,5 milliard de dollars d'IDE (-75%), alors que le Nigéria, qui fait face à des prix du pétrole bas, a perdu 27% (3,4 milliards). Le Mozambique, malgré un repli de 21%, a quand même pu drainer 3,8 milliards de dollars d'investissements directs étrangers.
Dans ces investissements, les fusions-acquisitions (643,7 milliards) ont connu la plus forte progression (+61,4%), tandis que les investissements sur de nouveaux projets, toujours plus important en volume (720,7 milliards), n'ont que modestement progressé de 0,9%. Ce nouvel indicateur vient confirmer l'hypothèse d'une Afrique de toutes les opportunités en perte de vitesse.
Les bourses africaines ont souffert elles-aussi du départ des investisseurs étrangers, inquiétés par de faibles rendements. Pour les fonds boursiers investissant en Afrique, ces rendements affichent un chiffre négatif depuis le début de l'année 2016, faisant peser un risque de nouveaux désinvestissements.
En même temps, les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, semblent avoir retrouvé les bonnes grâces des investisseurs internationaux.
Les IDE ont en effet quadruplé aux Etats-Unis (384 milliards de dollars), après une année 2014 particulièrement difficile durant laquelle le pays figurait au troisième rang des économies les plus attractives pour les IDE, derrière la Chine et Hong Kong.
Pour l'année en cours, le Fonds monétaire international (FMI) a déjà prédit une croissance mondiale en repli, avec un transfert des risques des pays développés vers les pays émergents et en développement, dont ceux d'Afrique.
(MAP)