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Chine: 6 blessés dans une nouvelle attaque à l'arme blanche

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Le 6 mai 2014 à 10h17

Six personnes ont été blessées mardi dans une attaque à l'arme blanche à Canton, selon la police -- dernier en date d'une série d'incidents similaires ayant récemment ensanglanté les gares chinoises et imputés par les autorités à des "terroristes" du Xinjiang.

Vers 11H30 (03H30 GMT), des assaillants armés de couteaux s'en sont pris à des passagers devant la gare principale de la métropole du sud de la Chine, a indiqué le Bureau local de la sécurité publique.

Les forces de l'ordre sont intervenues "promptement" et ont ouvert le feu, touchant l'un des agresseurs, a-t-il ajouté, précisant que les six personnes blessées avaient été hospitalisées.

Les assaillants, quatre hommes portant des couvre-chefs de couleur blanche --tels que généralement portés par des musulmans chinois-- ont ignoré les sommations des policiers, qui ont alors tiré, a rapporté de son côté le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste.

L'un des agresseurs est décédé et un autre a été interpellé sur place. Deux autres assaillant sont parvenus à s'enfuir, avant que l'un d'eux soit ensuite capturé par la police, a poursuivi le journal officiel.

- "Menace terroriste" -

Cette attaque intervient moins d'une semaine après un attentat au couteau et à l'explosif devant une gare d'Urumqi, capitale de la région occidentale du Xinjiang, dans lequel sont morts deux assaillants et un civil, et qui a fait 79 blessés.

Selon les médias d'Etat, les auteurs présumés de cette "attaque terroriste violente" à Urumqi étaient "depuis longtemps impliqués dans l'extrémisme religieux". "La bataille pour combattre violence et terrorisme ne permet aucun moment de relâchement", avait réagi le président chinois Xi Jinping, qui effectuait au même moment sa première tournée officielle en tant que chef de l'Etat dans la région.

En mars, une tuerie commise à l'arme blanche par un commando d'assaillants dans la gare de Kunming (sud-ouest) s'était soldée par 29 morts et 143 blessés. Le carnage avait été officiellement imputé à des mouvements séparatistes islamistes du Xinjiang.

Cette vaste région, régulièrement agitée de troubles, est peuplée par les Ouïghours, musulmans turcophones dénonçant la politique répressive de Pékin à l'encontre de leur culture et de leur religion. Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, s'est refusée mardi à toute spéculation sur l'attaque perpétrée à Canton.

"Quels que soient les auteurs de cette violente attaque et leurs motivations, ils seront traduits en justice (...) et le gouvernement agira fermement pour protéger les vies et biens des citoyens chinois", a-t-elle déclaré.

Un haut responsable américain, Daniel Russel, secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie orientale et le Pacifique, a quant à lui déclaré depuis Hong Kong que les Etats-Unis étaient "horrifiés" et "condamnaient catégoriquement cette attaque contre des civils innocents".

Pour Rohan Gunaratna, professeur de la Nanyang Technological University de Singapour, "l'ampleur des violences au Xinjiang ne fait que s'accroître et il y a désormais une contagion dans le reste du pays".

"La Chine fait face à une menace terroriste très significative et constante", a-t-il estimé, dans un entretien à l'AFP.

En octobre, un attentat-suicide avait été commis place Tiananmen à Pékin, symbole du pouvoir. Trois Ouïghours venus du Xinjiang avaient précipité leur véhicule contre la Cité interdite, selon la version officielle.

- Lames "de 50 centimètres" -

Le journal Nanfang Dushi Bao a rapporté, citant plusieurs témoins, que les assaillants de Canton portaient également des vêtements de couleur blanche et s'étaient munis de couteaux aux lames longues "d'environ 50 centimètres".

Des photos supposément prises par des passants étaient partagées mardi sur les réseaux sociaux, où les réactions des internautes oscillaient entre choc, effroi et colère.

Sur ces clichés, on voyait un homme à la chemise ensanglantée porté à bout de bras et des personnels médicaux s'affairant autour d'une ambulance.

"Canton est devenu une ville dangereuse. La prochaine fois que je verrai quelqu'un portant un couvre-chef blanc, je changerai de trottoir", a indiqué un usager de Weibo, dans un microblog représentatif.

"Nous avons des contrôles de sécurité partout et quotidiennement, et pourtant, ce genre d?attaques n'arrête pas de se répéter", a déploré un autre internaute.

De fait, "il s'agit d'un test crucial pour le gouvernement", qui devrait conduire à une "vigilance" accrue dans tout le pays, a estimé Mao Shoulong, professeur à l'Ecole d'administration de l'Université de Pékin.

"Les autorités vont devoir réprimer sévèrement le terrorisme, mais aussi appliquer des politiques" pour apaiser les craintes et frustrations des Ouïghours, a-t-il indiqué à l'AFP.

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Le 6 mai 2014 à 10h17

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