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Birmanie: Obama met en garde contre tout ralentissement dans les réformes démocratiques

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Le 13 novembre 2014 à 9h33

ObamDe retour en Birmanie deux ans après un voyage qui a marqué les esprits, Barack Obama devait mettre en garde jeudi les autorités contre tout ralentissement dans les réformes démocratiques lancées en 2011 après des décennies d'isolement.

Au milieu d'une tournée asiatique qui a débuté à Pékin et se poursuivra à Brisbane, le président américain devait rencontrer son homologue birman Thein Sein dans la capitale administrative Naypyidaw. Vendredi, à Rangoun, il retrouvera l'opposante Aung San Suu Kyi, "icône dans son pays et à travers le monde", selon les termes de la Maison Blanche.

"Les progrès n'ont pas été aussi rapides que beaucoup l'avaient espéré quand la transition a commencé": M. Obama a donné le ton dans une interview à la presse locale publiée au moment de son arrivée mercredi soir.

"Dans certains domaines, il y a eu un ralentissement des réformes et même des retours en arrière", a-t-il insisté, énumérant les "restrictions" imposées aux anciens prisonniers politiques, les "arrestations" de journalistes et le "meurtre" récent d'un reporter par l'armée.

A l'adresse d'un gouvernement qui affiche sa volonté réformatrice et souhaite attirer les investissements étrangers, M. Obama aussi souligné la nécessité d'une réforme constitutionnelle qui "reflète la volonté du peuple birman".

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi a de bonnes chances de remporter les législatives de fin 2015, ouvrant à la prix Nobel de la paix la voie de la présidence du pays. Mais la Constitution héritée de la junte empêche pour l'heure cette dernière d'accéder à ce poste.

Quelques jours avant l'arrivée du président américaine, la célèbre opposante a décoché une rare pique à l'encontre des Etats-Unis, jugeant qu'ils faisaient preuve d'un optimisme excessif sur le processus de réformes en cours dans ce pays.

- "Droits universels" -

La Maison Blanche a clairement indiqué qu'elle entendait aborder frontalement, avec Thein Sein comme avec Aung San Suu Kyi, la question sensible de la minorité musulmane apatride des Rohingyas.

"Nous comprenons qu'il s'agit d'une question très difficile en Birmanie, qu'il y a des interprétations historiques différentes", a souligné Ben Rodes, conseiller de M. Obama, lors d'un point de presse. "Mais cela ne change pas le fait qu'il y a un certain nombre de droits universels fondamentaux qui doivent s'appliquer à tous".

Il a aussi appelé de ses voeux une plus grande implication sur ce dossier de la célèbre opposante. "Nous pensons que tous les dirigeants, quelle que soit leur place sur l'échiquier politique, doivent se prononcer clairement. Sa voix est incontestablement très importante".

Les violences entre bouddhistes de la minorité rakhine et Rohingyas ont fait depuis 2012 en Etat Rakhine plus de 200 morts, principalement rohingyas, et 140.000 déplacés. Les Rohingyas sont considérés par l'ONU comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète.

Selon l'exécutif américain, une détérioration de la situation dans cet Etat pourrait "mettre en danger" le processus de réformes démocratiques en cours.

Un projet du gouvernement visant à forcer les membres de cette minorité à se définir comme "bengalis" pour demander la nationalité birmane suscite en particulier de vives tensions. Ce terme est employé péjorativement par la plupart des Birmans, qui considèrent les Rohingyas comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin.

Pour le conseiller de M. Obama, il est indispensable d'aboutir à un processus qui leur permette "de devenir citoyens de ce pays sans avoir à s'identifier à quelque chose auquel ils ne croient pas".

Avant cette plongée au coeur des tensions de la transition démocratique birmane, M. Obama a retrouvé jeudi matin les dirigeants des dix pays membres de l'Association des Nations d'Asie (Thaïlande, Malaisie, Singapour, Indonésie, Philippines, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie et Cambodge).

"J'ai hâte de continuer à bâtir le partenariat fort qui existe déjà entre l'Asean et les Etats-Unis", a-t-il lancé au début de la rencontre. L'intégration économique régionale mais aussi les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine, sujet de vives tensions avec les alliés asiatiques de Washington, figurent menu des discussions.

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Le 13 novembre 2014 à 9h33

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