Avec “les gars du premier rang” aux meetings de Trump

(AFP)

Le 3 mars 2024

A peine les portes ouvertes, ils se précipitent sur les premiers rangs, font fi du "réservé" et s'assoient. "Trump va nous regarder en face, directement", se régale Scott Knuth, grand gaillard vêtu d'un t-shirt "Front Row Joes" -- "les gars du premier rang", un groupe bien identifié.

Ces irréductibles sont parmi les plus fidèles supporters de l'ancien président américain -- Scott en est à son 43e meeting de Trump. Il a négocié avec la sécurité, il restera là, lui qui a attendu tout la nuit sous la pluie pour décrocher cette place.

"Ils auront besoin d'un bulldozer pour me dégager", dit-il en rigolant, plus de deux heures avant que le discours de Donald Trump ne commence à Richmond en Virginie.

Mardi, cet Etat de l'Est des Etats-Unis se joindra à une quinzaine d'autres lors du "Super Tuesday", étape majeure de primaires ultra-dominées par le milliardaire.

La première fois que Scott Knuth a vu Donald Trump, c'était en 2015, et il se sentait bien seul à croire à sa candidature. Depuis, cet employé dans le bâtiment dit lui avoir parlé huit fois. Il montre avec fierté ses différents selfies avec le dirigeant républicain.

Lui connait bien la scénographie que d'autres découvrent pour la première fois samedi: interminable file d'attente de casquettes rouges, musique entraînante dans l'immense hall en attendant l'arrivée de leur héros. "C'est comme un concert de rock", explique Scott dans son large maillot blanc, signé d'un grand "Trump" dans son dos.

Samedi soir à Richmond, ils ne sont que deux des "gars du premier rang": les autres membres de ce groupe très exclusif sont allés à un autre discours, plus tôt le même jour en Caroline du Nord.

- "Ruiné" -

"C'est le meilleur spectacle du monde", confirme son camarade Edward Young, 73 meetings de Trump au compteur. Lui se distingue dans la foule par sa casquette verte, son foulard rouge et un bagout inarrêtable.

Vendredi, il a travaillé jusqu'à 18H00, il est passé chez lui, dans le New Jersey, puis a pris la route vers le sud pour Richmond, "conduit toute la nuit sous la pluie", est arrivé à 4H00 pour décrocher la meilleure place, sans dormir une minute. "Je veux être au premier rang", dit-il en mentionnant Scott et son compère dans leurs uniformes des "gars du premier rang". Ils se connaissent bien.

Cette poignée de jusqu'au-boutistes suscite l'admiration parmi ceux, rencontrés dans la file d'attente, qui viennent pour la première fois.

Mais cette dévotion envers Donald Trump a un coût. Edward, l'homme à la casquette verte, se souvient de l'élection victorieuse de 2016, pour laquelle il n'a compté ni ses heures, ni ses sous. "Si la campagne durait une semaine de plus", dit-il, "j'aurais été ruiné".

- "Famille" -

Essence, hôtel, billets d'avion pour certains… La facture atteint pour lui des milliers de dollars, rien que depuis janvier. "J'ai 64 ans, divorcé puis veuf (…), je n'ai pas d'enfant. Donc ce n'est pas un problème pour moi de dépenser, mais je creuse dans mes économies", reconnait-il.

A l'image d'un Donald Trump utilisant volontiers une rhétorique violente, Edward Young se voit comme un "guerrier" qui combat "avec (ses) mots" dans une situation "de guerre civile."

A quelques sièges de lui, au pied du podium, on retrouve les deux "gars du premier rang". Celui à côté de Scott Knuth ne préfère donner ni son nom ni son âge, mais porte avec grande fierté ce long maillot. Lui est là pour son septième meeting, pour retrouver "la famille" qu'il se crée là, laissant sa femme et sa fille à la maison pour le week-end.

Il se souvient de sa première fois. "Dès que vous venez, vous êtes accro" à ces moments, confie-t-il. Derrière lui, en attendant le président, les discussions s'enchaînent, les nouveaux prennent des photos, d'autres font la queue pour acheter un casse-croûte.

L'attente, l'attente, et enfin cette musique connue de tous qui chante "fier d'être un Américain". La foule se lève. Donald Trump débarque et au premier rang, son dernier carré l'admire, une fois de plus.

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Le 3 mars 2024

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