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Assad remporte la présidentielle et pour l'opposition la guerre va continuer

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Le 5 juin 2014 à 8h16

Le président syrien Bachar al-Assad a remporté largement, comme prévu, l'élection présidentielle qu'il avait organisée et la presse de Damas affirme jeudi que la tâche principale est désormais la reconstruction du pays en ruines.

Ulcérés de voir leur ennemi reconduit pour sept ans alors qu'ils croyaient pouvoir le faire tomber en quelques mois, les militants anti-régime et les opposants en exil ont répété sur les réseaux sociaux le mot d'ordre du début de la révolution: "le peuple veut la fin du régime".

Moins de 24 heures après la clôture du scrutin, les résultats ont été proclamés: le chef de l'Etat au pouvoir depuis 2000 a remporté avec 88,7% des suffrages un scrutin décrié par les Occidentaux.

Dans un pays ravagé depuis trois ans par la guerre, 11,6 millions de personnes ont participé au scrutin, sur les 15,8 millions appelées à voter, selon le président du Parlement.

Le scrutin s'est déroulé dans toutes les grandes villes, y compris celles divisées entre régime et rebelles, comme Alep ou Deraa. Seule exception Raqa, dans le nord tenu par les ultra-radicaux de l'Etat islamique en Irak et Levant.

"Après ces élections historiques, les Syriens vont accomplir une mission militaire, politique, sociale ainsi que la reconstruction du pays en faisant fi des obus tirés quotidiennement par les terroristes et les déclarations viles de leurs parrains", assure en première page al-Baas, l'organe du principal parti de Syrie, dont Bachar al-Assad est le chef.

Tous les quotidiens font leur une avec une photo de Bachar al-Assad, en costume et cravate.

"Aujourd'hui le peuple, l'armée et sa direction entament une nouvelle étape vers un avenir très difficile. La prochaine bataille c'est celle de la reconstruction", écrit pour sa part le quotidien gouvernemental Techrine.

La révolte pacifique qui avait éclaté en mars 2011 s'est transformée en insurrection armée après avoir été brutalement réprimée. Elle a depuis basculé dans une guerre totale qui a ruiné le pays et jeté hors de chez elles neuf millions de personnes.

Selon les résultats définitifs, les deux autres concurrents, qui faisaient figure de faire-valoir, ont obtenu respectivement 4,3% pour Hassan al-Nouri et 3,2% pour Maher al-Hajjar.

L'élection s'est déroulée dans les zones contrôlées par le régime, soit 40% du territoire où vit 60% de la population.

L'annonce de la réélection attendue de M. Assad, a été accompagnée par des tirs de joie qui ont fait trois morts à Damas et une vingtaine de blessés à Alep (nord), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une source de sécurité a ajouté que des dizaines d'autres personnes avaient été blessées dans plusieurs quartiers de la capitale en raison des tirs intenses d'armes automatiques pour célébrer la réélection pour sept ans de Bachar al-Assad.

La télévision officielle Al-Ikhbariya a diffusé en direct des scènes de liesse de partisans de M. Assad avec des gens criant "Que Dieu protège notre leader Bachar al-Assad" et des feux d'artifice à Lattaquié (ouest), fief du régime.

Dans les rues de la capitale, des voitures klaxonnaient à tue-tête, les passagers scandant "Dieu, la Syrie, Assad, c'est tout".

- 'La révolution continuera' -

Thaer, un militant resté jusqu'au bout dans la Vieille ville assiégée de Homs, a affiché pour sa part son pessimisme. "Tout le monde savait que ce vote maintiendrait Assad au pouvoir. Cela signifie malheureusement que les combats vont se poursuivre, le sang va couler et les réfugiés vont croupir dans des camps", a-t-il dit à l'AFP.

"La vérité c'est que tout le monde veut une solution politique, mais cela ne peut se faire avec Assad au pouvoir et les Syriens vont donc continuer à s'entretuer", a-t-il ajouté".

Malgré la guerre qui a fait plus de 162.000 morts, déraciné quelque neuf millions de personnes et laissé le pays en ruines, une partie de la population soutient M. Assad.

L?Occident qui soutient l'opposition syrienne modérée a dénoncé la tenue du scrutin dans un pays à feu et à sang.

Ces élections présidentielles "n'ont aucun sens, parce que vous ne pouvez pas avoir d?élections alors que des millions de votre peuple ne peuvent même pas voter, n?ont pas la capacité de contester ces élections, n?ont pas de choix", a affirmé le secrétaire d'Etat américain John Kerry de passage à Beyrouth.

Il a réitéré que ce n'est pas aux Etats-Unis "de décider quand et comment le président Assad partira", appelant de nouveau à une solution politique.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a qualifié l'élection d'"illégitime" et a appelé le régime à engager de "véritables négociations politiques".

Du côté de l'ONU, la coordinatrice du désarmement chimique syrien a une nouvelle fois appelé mercredi la Syrie à évacuer ses derniers conteneurs d'armes chimiques.

Quelque 7,2% de l'arsenal d'armes chimiques syriennes est toujours en Syrie, a expliqué Sigrid Kaag lors d'une conférence de presse aux Nations unies à New York.

Pour le chef de l'opposition en exil, Ahmad al-Jarba, "les dictateurs ne sont pas élus, ils gardent le pouvoir par la force et la peur, ce sont les deux raisons qui poussent les Syriens à participer à cette mascarade".

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Le 5 juin 2014 à 8h16

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