Après un cuisant revers, Biden condamné à faire adopter ses plans au Congrès

Le 3 novembre 2021 à 14h05

Modifié 3 novembre 2021 à 14h05

Joe Biden encaissait mercredi un revers retentissant avec la défaite démocrate à l’élection du gouverneur de Virginie, un scrutin vu comme un test de sa popularité, au moment même où ses projets de réformes restent bloqués au Congrès.

Après sa tournée européenne à Rome pour le G20 et à Glasgow pour la COP26, le locataire de la Maison Blanche est rentré à Washington dans la nuit pour faire face à un moment charnière de sa présidence.

Un an avant les élections cruciales de mi-mandat qui pourraient totalement rebattre les cartes du pouvoir, la défaite mardi en Virginie sonne comme un échec cinglant pour Joe Biden, alors même qu’il avait fait personnellement campagne aux côtés du candidat démocrate Terry McAuliffe.

« Nous allons gagner » en Virginie, avait imprudemment lancé mardi M. Biden, arrivé en tête dans cet Etat avec 10 points d’avance à la présidentielle de 2020.

Pour les républicains, la victoire de Glenn Youngkin offre une possible feuille de route stratégique pour 2022, et peut-être même la présidentielle de 2024: M. Youngkin a réussi à conserver la base électorale trumpiste tout en prenant suffisamment de distances avec l’ex-président pour reconquérir des voix dans les banlieues aisées.

– New Jersey: avance perdue aussi –

Autre signe inquiétant pour le président américain, le gouverneur démocrate sortant du New Jersey était au coude-à-coude mercredi avec son rival républicain. Phil Murphy était pourtant donné largement vainqueur dans les sondages précédant l’élection.

Joe Biden, dont la cote d’impopularité atteint un plus bas quasiment historique à ce niveau de mandat dans l’histoire politique récente, doit désormais se replonger à Washington dans les affres du Congrès, puisque ses deux gigantesques plans d’investissements font l’objet d’interminables tractations dans son propre camp entre progressistes et modérés.

Le président attend avec impatience un accord qui représenterait une victoire personnelle majeure, lui qui espère « reconstruire en mieux » l’Amérique avec son programme « Build Back Better » de réformes sociales et climatiques.

Le projet comprend notamment 555 milliards de dollars pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce que la Maison Blanche a décrit comme « le plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à la crise climatique ».

– Blocus –

Le président américain espérait pouvoir se présenter à la tribune de la COP26 à Glasgow avec ce chèque en main, comme une garantie du « retour de l’Amérique » sur la scène internationale après quatre ans de présidence Trump, qui avait provoqué la stupeur en quittant les accords de Paris sur le climat.

Las, la facture globale de ce plan, déjà réduite de moitié, est contestée principalement par le sénateur modéré Joe Manchin, élu démocrate de l’Etat traditionnellement conservateur de Virginie-Occidentale, et qui possède virtuellement un droit de veto au Congrès au vu de la très fine majorité démocrate.

« J’ai toujours été clair: si je ne peux pas rentrer chez moi et justifier (ces programmes de dépenses), je ne peux pas voter pour », avait-il affirmé lundi, faisant part de ses inquiétudes quant à l’impact de ces plans sur la dette publique américaine et l’inflation.

« Les querelles politiques doivent cesser », avait-t-il ajouté, référence au blocus imposé par les plus progressistes des élus démocrates au Congrès sur l’autre volet des plans voulus par Biden.

Se concentrant sur les infrastructures, un programme de 1.200 milliards de dollars est ainsi proposé pour rénover les routes, ponts et transports vétustes du pays, et est soutenu par les démocrates et certains républicains.

Approuvé par le Sénat en août, le projet est depuis bloqué à la Chambre des représentants par les démocrates progressistes qui réclament de voter en même temps le projet « Build Back Better ». Ils craignent que les centristes ne refusent de soutenir ce projet très coûteux après avoir obtenu le chèque pour les infrastructures.

Dans l’impasse, Joe Biden se doit désormais de mettre les bouchées doubles pour espérer redorer le blason de sa présidence fortement terni après le retrait chaotique d’Afghanistan cet été.

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