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Après les taxis, des chauffeurs des plateformes VTC manifestent

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Le 3 février 2016 à 10h58

Des chauffeurs, spécialisés dans les transports collectifs, et travaillant avec les plateformes de réservation de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) devaient manifester mercredi à Paris, estimant avoir été sacrifiés en "gage de paix sociale" aux taxis.

"Ca va être une marche silencieuse, parce que nous sommes en deuil", selon Joseph François, président de l'association Alternative mobilité transport (AMT), à l'origine du mot d'ordre qui ne fait pas l'unanimité dans la profession. L'AMT regroupe une dizaine de sociétés LOTI (transports collectifs à la demande), soit un millier de salariés, dont les conducteurs ne peuvent en théorie transporter moins de deux passagers.

Un défilé à pied et en voiture, qui pourrait rassembler plusieurs centaines de personnes selon M. François, doit partir à 11H00 de la gare Montparnasse en direction des Invalides, une semaine après que le gouvernement, en butte à un énième mouvement de colère des taxis, a annoncé des mesures pour lutter contre l'utilisation détournée des licences de chauffeurs LOTI par les plateformes VTC.

Le secrétaire d'Etat aux Transports a envoyé vendredi des mises en demeure à une vingtaine de ces plateformes (Uber, SnapCar, Chauffeur-Privé, etc.) pour leur rappeler que les licences LOTI, jusqu'ici plus faciles à obtenir que les cartes de chauffeur VTC, s'appliquent au transport collectif et non particulier.

Les chauffeurs LOTI craignent de ne plus pouvoir du tout utiliser les plateformes, et ces entreprises disent d'ailleurs soutenir leur mouvement.

"On estime à 10.000 à peu près le nombre de personnes, de chauffeurs professionnels qui paient des charges dans des sociétés et qui pour certains emploient des chauffeurs, qui travaillent en France dans le métier du transport de personnes, à qui aujourd'hui on est en train de dire +Finalement vous n'avez plus le droit d'utiliser des plateformes numériques+", a relevé mardi Pierre-Dimitri Gore-Coty, directeur général d'Uber pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient.

"Uber en tant que plateforme soutient évidemment cette démarche et toutes les initiatives qui pourraient émerger autour de ces capacitaires qui pour nous n'ont aucune raison de ne plus avoir le droit de travailler", a ajouté M. Gore-Coty.

- Création d'un examen VTC -

"On a informé nos chauffeurs (de la mobilisation) et on leur a dit que ce serait très bien s'ils pouvaient y participer", indique pour sa part à l'AFP Yves Weisselberger, PDG de SnapCar, pour qui "il n'est pas nécessairement illégal d'utiliser ces chauffeurs". SnapCar recourt à "15-20%" de LOTI, mais sur l'ensemble du secteur ce serait plutôt un tiers, confie-t-il.

Ces licences, dans leur application aux VTC, "étaient une zone grise. C'est devenu une zone noire jeudi" avec la mise au point du gouvernement, reconnaît Bertrand Altmayer, président de la plateforme Marcel.

En revanche, "il y a beaucoup de chauffeurs qui ont des familles, qui utilisent cette licence et qui vont se voir priver de boulot du jour au lendemain. Il y a toute une économie derrière, loueurs, assureurs, centres de formation, banques", prévient-il.

"Ce n'est pas en nous livrant sur la place publique comme gage de paix sociale (avec les taxis) que ça va résoudre le problème", renchérit M. François.

Par ailleurs, à quelques heures de la manifestation et après un mois de vide juridique, le gouvernement a précisé mercredi les conditions d'accès à la profession de chauffeur de voiture de tourisme avec chauffeur (VTC).

Remplaçant la formation VTC de 250 heures qui avait cours jusqu'à fin 2015, cet examen de 110 questions à choix multiples, dont les sessions seront organisées tous les quinze jours, pourrait donner une porte de sortie aux chauffeurs LOTI, dont la manifestation ne fait pas l'unanimité.

"Toutes les organisations de VTC existantes et connues ne sont pas pour cette marche-là, élaborée par les applications. Elles demandent à des chauffeurs LOTI de manifester en leur nom pour demander au gouvernement de pouvoir travailler dans l'illégalité, ce qui est un comble", déclare ainsi à l'AFP Farid Aïeche, du Syndicat des exploitants du transport de personnes (SETP).

Une méfiance relayée par Helmi Mamlouk, président de l'Union des chauffeurs capacitaires et VTC (Capa-VTC), qui qualifie l'AMT d'"association fantôme".

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Le 3 février 2016 à 10h58

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