Allemagne: fin de la grève des chemins de fer samedi soir, plus tôt que prévu
La grève sans précédent des conducteurs de train en Allemagne, entamée mercredi et qui était annoncée jusqu'à lundi, prendra fin samedi à 18H00 locales (17H00 GMT), a annoncé vendredi le chef du syndicat GDL des conducteurs.
Claus Weselsky, le chef de GDL, a annoncé à Francfort la fin anticipée du mouvement qu'il a présentée comme un "geste d'apaisement", juste après une décision de justice confirmant en appel la légalité de la grève. Le syndicat avait auparavant rejeté une proposition de compromis présentée par la compagnie publique ferroviaire Deutsche Bahn (DB).
La grève coïncidait ce week-end avec le 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Deux millions de visiteurs sont attendus pour l'occasion dans la capitale allemande.
"C'est un bon signal pour nos clients et nos salariés", s'est réjoui le porte-parole de la DB, Ulrich Weber, estimant que l'action en justice entreprise par la compagnie s'était finalement avérée utile, même si elle n'avait pas débouché sur une interdiction du mouvement.
Syndicat et direction n'ont fait immédiatement aucune annonce sur une éventuelle reprise des négociations.
Au coeur du litige, une revendication de hausse de salaires et de réduction du temps de travail, mais surtout une bataille sur la représentativité du syndicat, qui veut négocier avec la Deutsche Bahn au nom d'autres catégories du personnel que les seuls conducteurs. La compagnie s'y refuse.
Cette sixième grève du rail depuis début septembre, de loin la plus dure, a commencé mercredi dans le fret et jeudi pour le trafic passagers (grandes lignes, lignes régionales, lignes urbaines de S-Bahn dans les grandes villes).
Vendredi, seulement un tiers du trafic était assuré sur les grandes lignes et les liaisons régionales, selon la Deutsche Bahn.
- Liaisons supplémentaires des bus -
Selon un sondage rendu public jeudi, 51% des Allemands affirment ne pas comprendre la grève des conducteurs de train, contre 46% d'avis contraire. Si elle s'était poursuivie jusqu'à son terme annoncé, c'est-à-dire lundi matin, cette grève aurait été la plus longue depuis 20 ans pour les chemins de fer allemands.
Elle a suscité l'inquiétude des milieux économiques. L'institut de recherche IW de Cologne a évoqué un préjudice financier potentiel important pour l'industrie, du fait des perturbations à rallonge dans le fret.
En revanche, loueurs de voitures ou opérateurs d'autocars longue distance, se frottaient les mains. La société d'autocars MeinFernbus a prévu 500 liaisons supplémentaires ce week-end, et revendique quatre fois plus de réservations qu'en temps normal, selon un communiqué.
Le petit syndicat GDL (19.000 adhérents sur les 196.000 salariés de la Deutsche Bahn en Allemagne) et son président Claus Weselsky ont été sévèrement critiqués par les politiques et dans les médias allemands, depuis le début du conflit.