Abdellatif Jouahri reçu par le Roi, voici ses principales déclarations

Comme chaque année à la Fête du Trône, le wali de Bank Al Maghrib a présenté au Roi le rapport annuel de la Banque centrale au titre de l'exercice 2019. Et comme chaque année, ce rapport comporte quelques pépites dignes d'intérêt.

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 Abdellatif Jouahri reçu par le Roi, voici ses principales déclarations (Photo MAP)

Le 30 juillet 2020 à 13:21

Modifié le 03 août 2020 à 17:15

Dans son allocution devant le Roi, M. Jouahri a souligné que l’année a été particulièrement marquée par l’élan enclenché par l’appel de Sa Majesté le Roi pour l’appui et le financement des PME, des jeunes porteurs de projets et des diplômés.

En réponse à cet appel, le Gouvernement et Bank Al-Maghrib, en collaboration avec le système bancaire, ont élaboré un programme ambitieux axé sur la création de nouveaux fonds de garantie. De plus, la Banque a assoupli ses règles prudentielles et mis en place un mécanisme de refinancement illimité à un taux d’intérêt préférentiel de 1,25 pc.

Bilan d'une décennie 

Le wali de Bank Al-Maghrib a indiqué qu’à travers le bilan de l’année 2019, qui conclut celui d’une décennie entière, il ressort qu’en dépit du renforcement de sa position externe grâce à sa stabilité, le Maroc affiche une performance interne insuffisante. C’est d’ailleurs un tel constat, a relevé M. Jouahri, qui a amené le Roi à mettre en place la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement.

En sus, le déploiement de la loi-cadre de la vision stratégique de l’éducation et la formation requiert des moyens humains et matériels conséquents, ainsi que la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes pour qu’elles remplissent leurs engagements, tout en veillant à sa mise en œuvre dans les délais impartis.

La résilience, ajoute M. Jouahri, requiert de rehausser la compétitivité de l’économie et d’accélérer sa croissance. A cet effet, il faudrait, conformément à l’appel du Roi, mettre en place une nouvelle génération de grands plans sectoriels cohérents et harmonieux, susceptibles de servir de pilier au modèle de développement dans sa nouvelle version.

Dans ce sens, le wali s'est arrêté sur les polémiques récentes relatives à l'application de certains accords de libre-échange et les tentations de mettre en place des mesures protectionnistes. 

Celles-ci risquent, selon M. Jouahri, de compromettre l'image et l'attractivité du Maroc, surtout dans une situation qui se démarque, à l'échelle internationale, par une forte concurrence pour continuer à drainer les flux d'investissement. 

La prise de décision dans le cadre d'un accord de ce type doit reposer sur un procédé particulier qui devrait être "basé davantage sur l'anticipation et l'analyse coût/bénéfice à long terme", propose le wali. 

Sur ce même registre, poursuit M. Jouahri, "les recommandations des dernières assises nationales de la fiscalité qui font ressortir des marges importantes dans l’élargissement de l’assiette et la rationalisation des dépenses fiscales devraient amener les autorités à accélérer l’adoption de la loi-cadre prévue pour leur concrétisation".

Aussi, plusieurs réformes à caractère transversal doivent être poursuivies, dont la nouvelle charte de l’investissement, le déploiement du nouveau cadre des partenariats public-privé, le chantier de la régionalisation avancée, la réforme de la fonction publique et celle des systèmes de retraite, a-t-il affirmé.

Sur un autre volet, M. Jouahri a rappelé qu’il est essentiel d’accélérer la mise en place du cadre légal et réglementaire pour la concrétisation des orientations fixées par la charte de l’environnement. En outre, il a fait savoir que la crise actuelle constitue une occasion pour saisir les opportunités qu’offrent les nouvelles technologies et reconnaître la nécessité d’accélérer la mise en œuvre d’une stratégie digitale globale tenant compte de la cohérence et de la complémentarité des parties prenantes.

Sur le plan interne, le bilan est mitigé

Malgré les circonstances exceptionnelles liées à la crise sanitaire et économique, M. Jouhari estime que le Maroc a réussi à renforcer son positionnement international. Et ce, notamment grâce à sa stabilité, à son choix de l'ouverture et de diversification des partenariats ainsi qu'à ses efforts de réformes.  

Cela dit, sur le plan interne le bilan est mitigé. 

En effet, d'une part l'on retient des avancées notables en matière de lutte contre la pauvreté ou la généralisation de la scolarisation à titre d'exemple, mais elles ont n'ont pas été suffisantes pour permettre d'améliorer les niveaux de vie à grande échelle. 

"Avec une progression annuelle moyenne du PIB par habitant de 2,3% sur la décennie contre 3,4% au cours de la précédente, le Maroc est resté classé dans la tranche inférieure de la catégorie des pays à revenus intermédiaires, alors que plusieurs ayant été au même niveau ont pu au cours des vingt dernières années se hisser vers des classes supérieures", martèle M. Jouahri. 

Orientation de résilience pour l'après-Covid 

Le wali de la banque centrale poursuit son analyse en s'arrêtant sur la rareté des opportunités de travail décent. Une situation qui pousse des milliers de personnes actives à se diriger vers l'emploi informel et précaire.  

Ceci a été confirmé durant la crise sanitaire, lorsque l'Etat a octroyé un large soutien financier en réponse à une forte demande.

"Ce sont plus de cinq millions de ménages, soit plus de la moitié de la population, qui vivent grâce à des activités informelles et dont une partie importante est exclue du système de protection sociale", rappelle M. Jouahri. 

Ce dernier s'est également projeté sur la phase d'après coronavirus en recommandant la mise en place sur le moyen et long termes d'une "véritable politique d'investissement dans la résilience sociale et économique, en tenant compte de toutes les mutations attendues suite à cette pandémie aussi bien au niveau international que national".  

Pour Abdellatif Jouahri, cette résilience doit reposer sur un premier fondement qu'est la protection sociale et la valorisation du capital humain, que le wali considère comme "un des défis majeurs auxquels fait face notre pays". 

"La situation actuelle rappelle l’importance de développer une offre suffisante en matière de soins de santé, mais également d’assurer leur accessibilité aux citoyens, particulièrement les plus défavorisés. La réalisation de ce double objectif nécessite un investissement conséquent dans les infrastructures et les ressources du système sanitaire, parallèlement à l’accélération de la refonte de la politique sociale", précise-t-il.

(Photo MAP)

Abdellatif Jouahri reçu par le Roi, voici ses principales déclarations

Le 03 août 2020 à17:15

Modifié le 03 août 2020 à 17:15

Comme chaque année à la Fête du Trône, le wali de Bank Al Maghrib a présenté au Roi le rapport annuel de la Banque centrale au titre de l'exercice 2019. Et comme chaque année, ce rapport comporte quelques pépites dignes d'intérêt.

Dans son allocution devant le Roi, M. Jouahri a souligné que l’année a été particulièrement marquée par l’élan enclenché par l’appel de Sa Majesté le Roi pour l’appui et le financement des PME, des jeunes porteurs de projets et des diplômés.

En réponse à cet appel, le Gouvernement et Bank Al-Maghrib, en collaboration avec le système bancaire, ont élaboré un programme ambitieux axé sur la création de nouveaux fonds de garantie. De plus, la Banque a assoupli ses règles prudentielles et mis en place un mécanisme de refinancement illimité à un taux d’intérêt préférentiel de 1,25 pc.

Bilan d'une décennie 

Le wali de Bank Al-Maghrib a indiqué qu’à travers le bilan de l’année 2019, qui conclut celui d’une décennie entière, il ressort qu’en dépit du renforcement de sa position externe grâce à sa stabilité, le Maroc affiche une performance interne insuffisante. C’est d’ailleurs un tel constat, a relevé M. Jouahri, qui a amené le Roi à mettre en place la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement.

En sus, le déploiement de la loi-cadre de la vision stratégique de l’éducation et la formation requiert des moyens humains et matériels conséquents, ainsi que la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes pour qu’elles remplissent leurs engagements, tout en veillant à sa mise en œuvre dans les délais impartis.

La résilience, ajoute M. Jouahri, requiert de rehausser la compétitivité de l’économie et d’accélérer sa croissance. A cet effet, il faudrait, conformément à l’appel du Roi, mettre en place une nouvelle génération de grands plans sectoriels cohérents et harmonieux, susceptibles de servir de pilier au modèle de développement dans sa nouvelle version.

Dans ce sens, le wali s'est arrêté sur les polémiques récentes relatives à l'application de certains accords de libre-échange et les tentations de mettre en place des mesures protectionnistes. 

Celles-ci risquent, selon M. Jouahri, de compromettre l'image et l'attractivité du Maroc, surtout dans une situation qui se démarque, à l'échelle internationale, par une forte concurrence pour continuer à drainer les flux d'investissement. 

La prise de décision dans le cadre d'un accord de ce type doit reposer sur un procédé particulier qui devrait être "basé davantage sur l'anticipation et l'analyse coût/bénéfice à long terme", propose le wali. 

Sur ce même registre, poursuit M. Jouahri, "les recommandations des dernières assises nationales de la fiscalité qui font ressortir des marges importantes dans l’élargissement de l’assiette et la rationalisation des dépenses fiscales devraient amener les autorités à accélérer l’adoption de la loi-cadre prévue pour leur concrétisation".

Aussi, plusieurs réformes à caractère transversal doivent être poursuivies, dont la nouvelle charte de l’investissement, le déploiement du nouveau cadre des partenariats public-privé, le chantier de la régionalisation avancée, la réforme de la fonction publique et celle des systèmes de retraite, a-t-il affirmé.

Sur un autre volet, M. Jouahri a rappelé qu’il est essentiel d’accélérer la mise en place du cadre légal et réglementaire pour la concrétisation des orientations fixées par la charte de l’environnement. En outre, il a fait savoir que la crise actuelle constitue une occasion pour saisir les opportunités qu’offrent les nouvelles technologies et reconnaître la nécessité d’accélérer la mise en œuvre d’une stratégie digitale globale tenant compte de la cohérence et de la complémentarité des parties prenantes.

Sur le plan interne, le bilan est mitigé

Malgré les circonstances exceptionnelles liées à la crise sanitaire et économique, M. Jouhari estime que le Maroc a réussi à renforcer son positionnement international. Et ce, notamment grâce à sa stabilité, à son choix de l'ouverture et de diversification des partenariats ainsi qu'à ses efforts de réformes.  

Cela dit, sur le plan interne le bilan est mitigé. 

En effet, d'une part l'on retient des avancées notables en matière de lutte contre la pauvreté ou la généralisation de la scolarisation à titre d'exemple, mais elles ont n'ont pas été suffisantes pour permettre d'améliorer les niveaux de vie à grande échelle. 

"Avec une progression annuelle moyenne du PIB par habitant de 2,3% sur la décennie contre 3,4% au cours de la précédente, le Maroc est resté classé dans la tranche inférieure de la catégorie des pays à revenus intermédiaires, alors que plusieurs ayant été au même niveau ont pu au cours des vingt dernières années se hisser vers des classes supérieures", martèle M. Jouahri. 

Orientation de résilience pour l'après-Covid 

Le wali de la banque centrale poursuit son analyse en s'arrêtant sur la rareté des opportunités de travail décent. Une situation qui pousse des milliers de personnes actives à se diriger vers l'emploi informel et précaire.  

Ceci a été confirmé durant la crise sanitaire, lorsque l'Etat a octroyé un large soutien financier en réponse à une forte demande.

"Ce sont plus de cinq millions de ménages, soit plus de la moitié de la population, qui vivent grâce à des activités informelles et dont une partie importante est exclue du système de protection sociale", rappelle M. Jouahri. 

Ce dernier s'est également projeté sur la phase d'après coronavirus en recommandant la mise en place sur le moyen et long termes d'une "véritable politique d'investissement dans la résilience sociale et économique, en tenant compte de toutes les mutations attendues suite à cette pandémie aussi bien au niveau international que national".  

Pour Abdellatif Jouahri, cette résilience doit reposer sur un premier fondement qu'est la protection sociale et la valorisation du capital humain, que le wali considère comme "un des défis majeurs auxquels fait face notre pays". 

"La situation actuelle rappelle l’importance de développer une offre suffisante en matière de soins de santé, mais également d’assurer leur accessibilité aux citoyens, particulièrement les plus défavorisés. La réalisation de ce double objectif nécessite un investissement conséquent dans les infrastructures et les ressources du système sanitaire, parallèlement à l’accélération de la refonte de la politique sociale", précise-t-il.

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