Le plaidoyer de Moulay Hafid Elalamy

Moulay Hafid Elalamy n'a pas mâché ses mots lors de son intervention à l'Université d'été de la CGEM. Interpelé sur sa lecture de la situation économique, ce dernier se livre à un coup de gueule et n'omet pas à l'occasion de défendre son travail et ses chiffres.

"Je ne sais pas être autrement que transparent et franc. Nous ne sommes pas là pour la langue de bois et se dire les choses pour se faire plaisir. Je connais l'esprit de la CGEM et j'y ai trouvé lorsque que je l'avais présidé un langage et un lexique qui m'avaient fortement interpelé: 'on n'a pas de visibilité', 'on ne sait pas où on va', 'je pense que demain sera pire qu'aujourd'hui'. Ce négativisme est le fort de tous les patronats dans le monde avec une intensité différente d'un pays à l'autre. Et nous savons, nous, aller dans les excès", déclare Moulay Hafid Elalamy devant une audience d'hommes d'affaires, de patrons et de dirigeants. (vidéo ci-dessous, à partir de 2:05:00).

Le ministre de l'industrie reconnaît que tout n'est pas parfait, mais refuse l'idée selon laquelle tout va mal dans le pays. "Ce qui est dramatique, je suis parfois meurtri de voir mon pays va bien sur certains sujets et par ignorance parfois, incompétence, manipulation, bêtise ou esprit suicidaire on se met la corde au cou et on la tend très fort", avance-t-il.

Là le ministre de l'industrie n'hésite pas à s'adresser à Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie qui est intervenu plus tôt dans la journée sur la thématique de la croissance inclusive et où il a évoqué la nécessité de montée en gamme pour les exportations auto et aéronautiques, un des sujets important pour Moulay Hafid Elalamy. "Vous avez fait une intervention remarquable ce matin, mais je me permets de corriger quelque chose d'important et de grave".

"Les chiffres sont têtus. Lorsque nous avons un secteur automobile premier exportateur de ce pays, ce n'est pas moi qui fabrique les chiffres, c'est l'Office des changes. Lorsque nous avons un taux d'intégration à la sortie du véhicule PSA qui est de plus de 60%; venons nous asseoir pour faire les calculs, et avec les moteurs on sera à 80%".

Dans son intervention, Ali Benmakhlouf n'a pas évoqué le taux d'intégration industrielle. Il a évoqué l'intégration des plus défavorisés. Concernant les exportations, il a dit qu'elles doivent monter en gamme pour aller de la fabrication vers la conception, simple remarque de bon sens.

"Lorsque nous avions Kénitra avec 400 ha où il y avait trois entreprises automobiles et qu'aujourd'hui, ces 400 ha sont pleins et que nous avons fait une extension de 500 ha qui est aussi pleine et que nous faisons une nouvelle extension de 300 ha... Est ce que c'est du virtuel? Lorsqu'on a un export qui va vers les 100 milliards de dirhams dans l'automobile, c'est fait par les fantômes? ", ajoute le ministre de l'Industrie.

Il évoque également la question des statistiques de l'emploi qui avait créé un polémique entre son administration et celle du HCP. "Lorsqu'on parle d'emplois et qu'on se tire une balle dans le pied ou dans la tête je ne sais plus très bien... J'ai eu une longue discussion avec M. Lahlimi pas plus tard qu'avant-hier. Nous sommes complétement d'accord sur la démarche parce que la nomenclature marocaine est tordue. Je n'en veux pas au HCP car il a une nomenclature à respecter, je m'en veux à moi-même. Il faut régler tout ça", déplore Moulay Hafid Elalamy.  

>> Lire aussi : MHE: "D'ici 2020, plus de 500.000 emplois industriels auront été créés"

>> Lire aussi : Statistiques de l’emploi. Le HCP répond à Moulay Hafid Elalamy 

Et de pousuivre, "lorsque je pars à la CNSS et je sors les chiffres (...) on prend les entreprises, on les compte une par une et on se dit non ce n'est pas possible ... De grâce, ça c'est mourir ou s'assassiner en bonne santé".

"Si on arrive à attirer des investisseurs c'est qu'ils ont des avantages que les Marocains n'ont pas?! Sortez-moi un texte qui dit que les étrangers ont des avantages de plus que les Marocains? Est-ce qu'il y a un code des investissements des Marocains et un code des investissements des étrangers? " s'interroge le ministre dans une question réthorique adressée plus à son audience d'hommes d'affaires.

"Le Maroc n'appartient pas à d'autres, il nous appartient en tant qu'opérateurs économique et en tant que gouvernement. Nous devons travailler la main dans la main pour faire en sorte que les choses avancent". 

Passer un coup de gueule contre le négativisme ambiant, n'a pas fait oublier au ministre d'apporter des éclairages sur l'avancement du plan d'accélération industielle. 46 écosystèmes sont actuellement opérationnels. Le ministère a accompagné 960 unités de PME entre 2016 et 2018 "avec des résultats probants", assure-t-il. 

Pour ce dernier, les secteurs comme le textile qui allaient mal se redressent aujourd'hui. "Legler, dont l'histoire de la faillite est connue, va reprendre bientôt avec un investisseur dans l'amont textile et il va approvisionner le marché", révèle le ministre. L'électronique, le pharmaceutique, l'automobile,... avancent bien. "Il y a d'autres secteurs qui n'avancent pas pour plein de raisons. Je n'ai peut-être pas fait assez, les fédérations ne font pas leur boulot", ajoute le ministre. "La fédération du cuir ne travaille pas comme la fédération du textile", lâche-t-il. 

Sur le sujet de l'encouragement de l'investissement, le ministre assure que depuis 2015, 129 mesures ont été intégré dans les différentes lois de Finances dont 41 mesures qui concernent l'investissement et la compétitivité et qui n'ont pas fait baisser les recettes fiscales.

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Moulay Hafid Elalamy n'a pas mâché ses mots lors de son intervention à l'Université d'été de la CGEM. Interpelé sur sa lecture de la situation économique, ce dernier se livre à un coup de gueule et n'omet pas à l'occasion de défendre son travail et ses chiffres. 

 

"Je ne sais pas être autrement que transparent et franc. Nous ne sommes pas là pour la langue de bois et se dire les choses pour se faire plaisir. Je connais l'esprit de la CGEM et j'y ai trouvé lorsque que je l'avais présidé un langage et un lexique qui m'avaient fortement interpelé: 'on n'a pas de visibilité', 'on ne sait pas où on va', 'je pense que demain sera pire qu'aujourd'hui'. Ce négativisme est le fort de tous les patronats dans le monde avec une intensité différente d'un pays à l'autre. Et nous savons, nous, aller dans les excès", déclare Moulay Hafid Elalamy devant une audience d'hommes d'affaires, de patrons et de dirigeants. (vidéo ci-dessous, à partir de 2:05:00).

Le ministre de l'industrie reconnaît que tout n'est pas parfait, mais refuse l'idée selon laquelle tout va mal dans le pays. "Ce qui est dramatique, je suis parfois meurtri de voir mon pays va bien sur certains sujets et par ignorance parfois, incompétence, manipulation, bêtise ou esprit suicidaire on se met la corde au cou et on la tend très fort", avance-t-il.

Là le ministre de l'industrie n'hésite pas à s'adresser à Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie qui est intervenu plus tôt dans la journée sur la thématique de la croissance inclusive et où il a évoqué la nécessité de montée en gamme pour les exportations auto et aéronautiques, un des sujets important pour Moulay Hafid Elalamy. "Vous avez fait une intervention remarquable ce matin, mais je me permets de corriger quelque chose d'important et de grave".

"Les chiffres sont têtus. Lorsque nous avons un secteur automobile premier exportateur de ce pays, ce n'est pas moi qui fabrique les chiffres, c'est l'Office des changes. Lorsque nous avons un taux d'intégration à la sortie du véhicule PSA qui est de plus de 60%; venons nous asseoir pour faire les calculs, et avec les moteurs on sera à 80%".

Dans son intervention, Ali Benmakhlouf n'a pas évoqué le taux d'intégration industrielle. Il a évoqué l'intégration des plus défavorisés. Concernant les exportations, il a dit qu'elles doivent monter en gamme pour aller de la fabrication vers la conception, simple remarque de bon sens.

"Lorsque nous avions Kénitra avec 400 ha où il y avait trois entreprises automobiles et qu'aujourd'hui, ces 400 ha sont pleins et que nous avons fait une extension de 500 ha qui est aussi pleine et que nous faisons une nouvelle extension de 300 ha... Est ce que c'est du virtuel? Lorsqu'on a un export qui va vers les 100 milliards de dirhams dans l'automobile, c'est fait par les fantômes? ", ajoute le ministre de l'Industrie.

Il évoque également la question des statistiques de l'emploi qui avait créé un polémique entre son administration et celle du HCP. "Lorsqu'on parle d'emplois et qu'on se tire une balle dans le pied ou dans la tête je ne sais plus très bien... J'ai eu une longue discussion avec M. Lahlimi pas plus tard qu'avant-hier. Nous sommes complétement d'accord sur la démarche parce que la nomenclature marocaine est tordue. Je n'en veux pas au HCP car il a une nomenclature à respecter, je m'en veux à moi-même. Il faut régler tout ça", déplore Moulay Hafid Elalamy.  

>> Lire aussi : MHE: "D'ici 2020, plus de 500.000 emplois industriels auront été créés"

>> Lire aussi : Statistiques de l’emploi. Le HCP répond à Moulay Hafid Elalamy 

Et de pousuivre, "lorsque je pars à la CNSS et je sors les chiffres (...) on prend les entreprises, on les compte une par une et on se dit non ce n'est pas possible ... De grâce, ça c'est mourir ou s'assassiner en bonne santé".

"Si on arrive à attirer des investisseurs c'est qu'ils ont des avantages que les Marocains n'ont pas?! Sortez-moi un texte qui dit que les étrangers ont des avantages de plus que les Marocains? Est-ce qu'il y a un code des investissements des Marocains et un code des investissements des étrangers? " s'interroge le ministre dans une question réthorique adressée plus à son audience d'hommes d'affaires.

"Le Maroc n'appartient pas à d'autres, il nous appartient en tant qu'opérateurs économique et en tant que gouvernement. Nous devons travailler la main dans la main pour faire en sorte que les choses avancent". 

Passer un coup de gueule contre le négativisme ambiant, n'a pas fait oublier au ministre d'apporter des éclairages sur l'avancement du plan d'accélération industielle. 46 écosystèmes sont actuellement opérationnels. Le ministère a accompagné 960 unités de PME entre 2016 et 2018 "avec des résultats probants", assure-t-il. 

Pour ce dernier, les secteurs comme le textile qui allaient mal se redressent aujourd'hui. "Legler, dont l'histoire de la faillite est connue, va reprendre bientôt avec un investisseur dans l'amont textile et il va approvisionner le marché", révèle le ministre. L'électronique, le pharmaceutique, l'automobile,... avancent bien. "Il y a d'autres secteurs qui n'avancent pas pour plein de raisons. Je n'ai peut-être pas fait assez, les fédérations ne font pas leur boulot", ajoute le ministre. "La fédération du cuir ne travaille pas comme la fédération du textile", lâche-t-il. 

Sur le sujet de l'encouragement de l'investissement, le ministre assure que depuis 2015, 129 mesures ont été intégré dans les différentes lois de Finances dont 41 mesures qui concernent l'investissement et la compétitivité et qui n'ont pas fait baisser les recettes fiscales.

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