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DIPLOMATIE

Visite d’État du Roi en France : Paris et Rabat scellent une alliance historique

L’officialisation d’un futur "traité d’exception" entre Paris et Rabat et de la visite d’État du Roi Mohammed VI en France marque l’aboutissement d’une longue mue diplomatique. De l’amitié personnelle sous Chirac aux crises surmontées sous Macron, récit d’une relation devenue un axe stratégique incontournable entre l’Europe et l’Afrique.

Visite d’État du Roi en France : Paris et Rabat scellent une alliance historique
N.K.
Le 21 mai 2026 à 16h00 | Modifié 21 mai 2026 à 16h07

C’est un Jean-Noël Barrot volontariste qui s’est exprimé aux côtés de Nasser Bourita lors de la 2e Conférence ministérielle sur le maintien de la paix. Le ministre français des Affaires étrangères a scellé ce que beaucoup appellent désormais "le grand virage". En officialisant la préparation d'un traité bilatéral d'exception, le premier du genre avec un pays non européen, et la visite d'État du Roi Mohammed VI en France, Paris et Rabat actent une convergence sans précédent.

De Chirac à Sarkozy : le temps de la proximité héritée

Cette nouvelle ère s'inscrit dans une histoire riche entamée en juillet 1999. Dès son accession au trône, le Roi Mohammed VI avait choisi la France pour sa première visite d’État en mars 2000. Accueilli par Jacques Chirac, le Souverain posait alors les bases d’une relation privilégiée, portée par une amitié personnelle entre les deux chefs d’État. Cette période « dorée » fut marquée par le discours historique du président français devant le Parlement marocain le 11 octobre 2003.

Premier locataire de l'Élysée à s’exprimer devant les deux Chambres réunies, Jacques Chirac y avait affiché un soutien appuyé au Maroc quelques mois après les attentats de Casablanca du 16 mai 2003, saluant le Royaume comme un modèle de stabilité, de modernisation et de réforme dans le monde arabe.

Le chef de l’État français avait notamment rendu hommage aux réformes engagées par le Roi Mohammed VI, en particulier à la réforme de la Moudawana, tout en réaffirmant la proximité stratégique entre Paris et Rabat ainsi que le soutien traditionnel de la France sur le dossier du Sahara.

Ce discours, marqué par un ton particulièrement chaleureux, avait consacré l’apogée des relations bilatérales durant l’ère Jacques Chirac, toujours demeuré populaire au Maroc.

L’arrivée de Nicolas Sarkozy en mai 2007 a pérennisé cet élan. En plaçant le Maroc au cœur de son projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) et en lançant les grands chantiers d’infrastructures, « l’omniprésident » a ancré la relation dans une dimension économique et industrielle forte, notamment avec l’aboutissement du projet de l’usine Renault de Tanger, devenue un pilier de l’industrialisation marocaine.

Les années de turbulences et la mue marocaine

Mais le partenariat maroco-français n’a pourtant pas toujours été un long fleuve tranquille. Sous François Hollande, quelques mois après une visite d'État en avril 2013, une juge tente de convoquer le directeur général de la Surveillance du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi, pour des allégations de « torture » spécieuses formulées par l’opposant marocain Zakaria Moumni. Des années plus tard, la plainte déposée par ce dernier sera finalement classée sans suite, mais entre-temps la coopération judiciaire fut suspendue entre Rabat et Paris à partir de février 2014.

Parallèlement, le choix fait par le Maroc de diversifier davantage ses partenariats (Afrique subsaharienne, pays des BRICS) l’éloignait encore plus de l'ancienne puissance coloniale. Vers la fin de son mandat, l'algérophile François Hollande, admirateur revendiqué de la lutte du Front de libération national (FLN) pendant la guerre d'indépendance, était devenu un grand ami du Royaume et même du Roi Mohammed VI personnellement. Mais c'était pour aussitôt céder son fauteuil à un successeur ayant lui aussi des sympathies notoires pour l'Algérie : Emmanuel Macron.

Certes, c'est sous l'actuel président français que la LGV Al Boraq a été inaugurée, en novembre 2018. Cependant, le « grand froid » de 2021-2023 (crise des visas, affaire Pegasus et ambiguïtés françaises sur le Sahara) a bel et bien failli rompre le dialogue.

2024-2026 : le Sahara, clé de voûte de la nouvelle alliance

Le véritable tournant a eu lieu en juillet 2024. En reconnaissant la souveraineté marocaine sur son Sahara, la France a levé le dernier obstacle à une réconciliation totale. La visite d'État d'Emmanuel Macron à Rabat en octobre 2024 a servi de rampe de lancement.

Aujourd'hui, la France passe de la parole aux actes. "La France compte rattraper le temps perdu depuis 2020 dans les provinces du Sud", confie une source du Quai d’Orsay à Médias24. Concrètement, Paris renforce sa présence au Sahara :

Institutionnel : ouverture d’un centre de visas à Laâyoune et création d’une Alliance française.

Économique : investissements massifs via l’Agence française de développement (AFD) pour soutenir les efforts régionaux de développement.

Diplomatique : engagement à aller "plus loin, plus haut et plus fort" sur le terrain, sans attendre les lenteurs onusiennes.

Vers un traité pour l'histoire

Le point d'orgue de cette séquence sera la visite d'État du Roi Mohammed VI en France, qualifiée de « jalon historique ». Elle sera l'occasion de signer ce fameux traité d'exception, qui formalisera un cadre de coopération globale.

En 27 ans de règne, le Roi Mohammed VI a réussi à transformer la relation maroco-française. D'un lien affectif et traditionnel hérité de l'histoire, il a bâti un partenariat pragmatique, fondé sur les intérêts stratégiques mutuels.

En 2026, le Maroc ne se présente plus seulement comme un allié de la France, mais comme son partenaire pivot pour dialoguer avec l'Afrique, tandis que la France s'affirme comme le soutien indéfectible de l'intégrité territoriale du Royaume.

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N.K.
Le 21 mai 2026 à 16h00

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