Pour contrer la spéculation, l'Intérieur se dirige vers une restructuration majeure des marchés de gros
La réforme des marchés de gros s’impose désormais comme l’un des chantiers prioritaires de l’État. Face à la montée des critiques entourant le phénomène des intermédiaires qui alimentent la spéculation et la flambée des prix, un nouveau cadre législatif est en préparation pour restructurer en profondeur les circuits de distribution.
L’essentiel
- Le ministère de l’Intérieur prépare une réforme des circuits de distribution et des marchés de gros.
- Les régions remplaceront les communes dans la gestion des zones d’activités économiques.
- Le gouvernement veut lutter contre la spéculation et le manque de transparence dans les marchés.
- Le projet vise à réduire l’écart entre les prix à la production et ceux payés par les consommateurs.
- La réforme prévoit de limiter à un seul le nombre d’intermédiaires entre vendeur et acheteur.
- Chaque acteur de la chaîne de distribution devra être formellement identifié afin d’améliorer la traçabilité et stabiliser les prix.
-oOo-
Les détails
Lors d’une séance tenue ce mercredi 20 mai 2026 devant la Commission de l’intérieur, des collectivités territoriales et des infrastructures à la Chambre des conseillers, le ministre Abdelouafi Laftit a affirmé qu'un projet de loi destiné à restructurer les circuits de distribution était en cours de finalisation par son département.
L'un des changements majeurs de cette réforme repose sur l'évolution de la gouvernance territoriale des infrastructures commerciales.
Contacté par Médias24, le conseiller parlementaire Mohamed Benfkih, membre du groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI), a précisé que les conseils régionaux assumeront désormais la responsabilité de créer et de gérer les zones d’activités économiques.
Le transfert de cette compétence, qui relevait auparavant des communes, doit permettre une approche plus stratégique de la distribution. Mohamed Benfkih a toutefois nuancé cette avancée en soulignant que le succès de ce nouveau modèle dépendra de la capacité des régions à mobiliser les financements nécessaires et à sécuriser l'assiette foncière indispensable à ces projets.
Le diagnostic établi par les autorités révèle que le modèle actuel des marchés urbains est devenu obsolète et favorise l'émergence de pratiques spéculatives autrefois inconnues dans la société marocaine.
Le ministre a reconnu que l'organisation actuelle manque de transparence et permet à des acteurs non identifiés de perturber la chaîne de valeur. Cette situation génère des dysfonctionnements profonds que le gouvernement souhaite corriger à travers un texte législatif s'inspirant des standards internationaux et des expériences locales les plus probantes.
L'enjeu principal de cette régulation est de réduire l'écart vertigineux entre les prix de production et les prix à la consommation. Mohamed Benfkih a attiré l'attention sur l'injustice économique subie par les agriculteurs et les consommateurs en raison de la multiplication des intervenants.
Il a expliqué qu'un produit peut passer entre les mains de cinq intermédiaires différents, ce qui entraîne une multiplication démesurée du prix final, alors que le producteur initial ne perçoit qu'une somme dérisoire.
Pour le conseiller parlementaire, cette chaîne excessivement longue est la cause directe de la cherté de la vie et nécessite des règles contraignantes pour protéger le panier de la ménagère.
Le projet de loi en cours de finalisation par le ministère de l'Intérieur prévoit donc de simplifier drastiquement ces circuits en identifiant formellement chaque acteur de la transaction. L'objectif affiché est d'imposer un modèle où un seul intermédiaire au maximum serait autorisé entre le vendeur et l'acheteur.
En encadrant ainsi les flux financiers et logistiques, l'administration espère stabiliser les prix sur le marché national et offrir un cadre de travail plus sain aux professionnels de l'agriculture et du commerce.
à lire aussi
Article : La CGEM échange avec le Parti de l’Istiqlal sur les priorités économiques
La CGEM a accueilli une délégation du Parti de l’Istiqlal, conduite par son secrétaire général Nizar Baraka. Les deux parties ont échangé sur leurs priorités économiques et partagé leurs points de vue sur plusieurs sujets liés aux entreprises, à l’investissement et à l’emploi.
Article : DGI : les principales échéances fiscales à respecter avant le 31 juillet
La Direction générale des impôts rappelle que plusieurs déclarations et paiements doivent être effectués au plus tard le 31 juillet 2026. Ils concernent notamment la TVA, les délais de paiement, les retenues à la source et les auto-entrepreneurs.
Article : Les voyageurs à l’épreuve de l’EES, le nouveau système de contrôle aux frontières européennes
Présenté par l’Union européenne comme un outil de modernisation et de sécurisation des contrôles, le système européen d’entrée/sortie (EES) suscite également des interrogations sur son impact à court terme, notamment en raison des délais supplémentaires qu’il pourrait entraîner pour certains voyageurs.
Article : Casablanca renforce la gestion technique de trois trémies stratégiques
Après avoir engagé des travaux de sécurisation sur les tunnels des Almohades et de Dakar, Casa aménagement prévoit désormais d'assurer, pendant un an, l'exploitation technique et la gestion opérationnelle de trois trémies majeures de la métropole, afin de garantir leur fonctionnement continu.
Article : Le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle remis aux autorités maliennes sur instructions royales
Édifié sur une superficie de 5.200 m² à Bamako, le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle, remis aux autorités maliennes sur instructions royales, accueillera près de 1.000 stagiaires par an dans 21 filières, dont 12 dédiées aux métiers du BTP et 9 aux secteurs du tourisme, de l'hôtellerie et de la restauration.
Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en hausse de 0,43%
La Bourse de Casablanca a terminé la dernière séance de la semaine sur une note positive. Le MASI s'est apprécié de 0,43%, réduisant légèrement ses pertes depuis le début de l'année, dans un marché ayant généré près de 165 MDH de transactions, exclusivement sur le marché central.