Maroc-France : “Paris va rattraper le temps perdu au Sahara” (source autorisée)
Réunis à Rabat lors de la 2e conférence ministérielle sur le maintien de la paix dans l’espace francophone, le Maroc et la France ont affiché une convergence stratégique sans précédent. À l’issue de cette rencontre, le ministre français des Affaires étrangères a annoncé le renforcement de la présence française au Sahara, tandis qu’une source autorisée du Quai d’Orsay est allé plus loin en évoquant "un véritable rattrapage" français dans les provinces du Sud.
L’essentiel
- Jean-Noël Barrot a réaffirmé la volonté de Paris de renouveler le partenariat maroco-français à travers plusieurs initiatives inédites.
- La France a confirmé sa volonté de renforcer nettement sa présence au Sahara marocain.
- Une source diplomatique autorisée nous annonce que Paris veut rattraper le temps perdu depuis 2020.
- La conférence ministérielle sur le maintien de la paix a mis en lumière le rapprochement stratégique entre Rabat et Paris.
- La France prépare un agenda bilatéral dense comprenant la visite d’État du Roi Mohammed VI à Paris et un traité inédit entre la France et un pays non européen.
- Le Quai d’Orsay confirme que la France va combler le retard d’investissement dans les provinces du Sud.
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Les détails
Dix ans après une première édition organisée à Paris, le lancement de la 2e conférence ministérielle sur le maintien de la paix dans les pays francophones, ce mercredi 20 mai 2026 à Rabat, a mis en avant une vision commune de la coopération afro-française. Mais au-delà des questions liées aux opérations de maintien de la paix, c’est certainement l’évolution du rapprochement stratégique maroco-français qui a le plus marqué cette séquence politique.
Lors de la déclaration de presse qui a suivi l'ouverture des travaux de la conférence, le ministre français des Affaires étrangères a en effet confirmé la volonté de Paris de renforcer sa présence politique, économique, culturelle et institutionnelle au Sahara.
Des déclarations confortées par une source du Quai d’Orsay en charge du Maghreb, qui a déclaré à Médias24 que "la France comptait rattraper le temps perdu depuis 2020" dans les provinces du Sud.
Jean-Noël Barrot souligne le rôle stratégique du Maroc
Prenant la parole après son homologue Nasser Bourita, Jean-Noël Barrot est d’abord revenu sur la portée diplomatique de cette conférence ministérielle coorganisée et coprésidée par les deux pays.
Saluant cette réunion diplomatique qui intervient quelques jours après le sommet Africa Forward, le chef de la diplomatie française a déclaré que Rabat et Paris œuvraient désormais à faire dialoguer l’Europe et l’Afrique pour promouvoir un multilatéralisme efficace.
En outre, le ministre a souligné la volonté française de renouveler son partenariat africain en s’appuyant sur le Maroc comme acteur pivot, en raison de sa position de premier partenaire économique de la France en Afrique et surtout de hub logistique, énergétique et financier majeur et incontournable entre l’Europe et le continent.
Une relance globale du partenariat maroco-français
Avant d’évoquer la question du Sahara, Jean-Noël Barrot a dévoilé un agenda dense pour l’année 2026 avec la tenue prochaine à Rabat du 15e séminaire intergouvernemental maroco-français ainsi que la visite d’État du Roi Mohammed VI en France qui a été qualifiée de "jalon historique pour les relations bilatérales".
Tout en insistant sur le fait que le partenariat de 2026 ne ressemble plus à celui de 2016, et encore moins à celui de 2006, la principale révélation du ministre a concerné la préparation d’un traité bilatéral d’exception visant à formaliser un cadre futur de coopération globale avec le Maroc qui sera le premier du genre avec un pays non européen.
La France n’attendra pas l’ONU pour renforcer sa présence dans les provinces du Sud
Après avoir loué le rôle central du Maroc en Afrique, Jean-Noël Barrot est revenu sur le dossier du Sahara en rappelant que le président Emmanuel Macron avait adressé en juillet 2024 un courrier officiel au Roi Mohammed VI affirmant que le plan d’autonomie proposé par le Maroc constituait pour la France "la seule base d’une solution politique, juste, durable et négociée pour résoudre ce conflit qui s’éternise depuis cinquante ans".
En attendant que la dynamique enclenchée au sein du Conseil de sécurité de l’ONU autour de cette approche débouche rapidement sur une issue définitive, le ministre a laissé entendre que Paris n’entendait pas rester les bras croisés, et que la France comptait désormais agir concrètement sur le terrain en renforçant sa présence sur place.
"Nous allons aller beaucoup plus loin, plus haut et plus fort au Sahara"
"Nous n’attendons pas pour soutenir les importants efforts entrepris par le Maroc pour développer ces régions et agir au bénéfice des populations qui y résident", a déclaré Jean-Noël Barrot, en rappelant plusieurs mesures destinées à renforcer la présence française dans les provinces du Sud : ouverture d’un centre de dépôt des demandes de visa à Laâyoune, création d’une école et d’une Alliance française…
Il a également indiqué que la France allait y accroître sa présence économique en rappelant les investissements privés croissants des entreprises françaises avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD).
Et de conclure son intervention devant la presse marocaine et étrangère en déclarant sur un ton volontariste : "Nous allons aller beaucoup plus loin, plus haut et plus fort ensemble au Sahara".
Le Quai d’Orsay évoque un rattrapage français depuis 2020
Lors d’un échange téléphonique avec une source autorisée du Quai d’Orsay à Paris, cette nouvelle orientation française nous a été confirmée par une déclaration accordée à Médias24.
Plus explicite que le ministre français des Affaires étrangères, notre interlocuteur a révélé que" la France allait rattraper le temps perdu depuis 2020" au cours de la dernière année du quinquennat du président Emmanuel Macron.
"Paris va en effet fortement renforcer sa présence dans les provinces du Sud avec des investissements privés croissants, mais aussi sur le plan de la représentation officielle et institutionnelle dans toute la région", a conclu notre source, en soulignant une volonté française de repositionnement progressif sur ce dossier existentiel pour Rabat.
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