Aïd al-Adha. Dans les marchés à ovins de Casablanca, la moitié de l’offre déjà écoulée
Ce mercredi 20 mai 2026, à quelques jours de l'Aïd, les prix des moutons oscillent entre 3.000 DH et plus de 8.000 DH pour certains Sardi. Aux écuries des anciens abattoirs de Casablanca, vendeurs et éleveurs évoquent une demande soutenue malgré des budgets sous pression.
À une semaine de l'Aïd al-Adha, les prix restent relativement élevés, malgré une offre jugée suffisante par les vendeurs. Aux écuries des anciens abattoirs de Casablanca, plusieurs éleveurs et commerçants interrogés décrivent une affluence en hausse progressive de jour en jour. Selon eux, près de 50 % de leur offre de moutons a déjà été écoulée.
Le Sardi demeure, comme chaque année, la race la plus prisée par les ménages marocains. Réputé pour sa qualité de viande, sa taille et son aspect esthétique, ce mouton continue d’occuper le haut du marché. Selon un vendeur contacté sur place, un mouton Sardi "dents de lait" (âgé de moins de 12 mois) est actuellement proposé à partir de 3.200 DH pour un poids estimé à 40 kg, soit environ 77 à 80 DH le kilogramme.
Les sujets plus âgés, dits "Tni", affichent des tarifs nettement plus élevés. Ces moutons, qui entament leur deuxième année, sont généralement plus imposants et davantage valorisés par certains acheteurs. À titre d’exemple, un mouton Sardi "Tni" pesant 115 kg a récemment été vendu à 8.700 DH dans le souk casablancais.
"Le Sardi reste le plus demandé. Beaucoup de familles viennent directement chercher cette race, même aux prix actuels", explique un vendeur rencontré au marché. Une préférence qui s’explique notamment par la réputation installée de cette race, souvent associée au sacrifice de l’Aïd.
Autre catégorie très présente cette année : le Bergui, également appelé Timahdite, originaire du Moyen Atlas et des régions avoisinantes. Cette race est réputée pour sa bonne conformation, sa facilité d’engraissement et son rendement en carcasse.
Selon les éleveurs et vendeurs contactés, l’écart de prix entre le Bergui et le Sardi s’est considérablement réduit cette année. "Aujourd’hui, la différence tourne autour de 5 à 7 DH par kg seulement", affirme un commerçant.
Le Bergui se négocie actuellement entre 70 et 75 DH le kg. Les premiers prix démarrent autour de 3.000 DH, tandis que les spécimens les plus imposants peuvent atteindre 6.000 DH.
Dans les souks, plusieurs vendeurs attribuent cette hausse généralisée des prix au coût de l’alimentation animale, au transport et aux dépenses d’élevage, dans un contexte marqué ces dernières années par la sécheresse. Malgré cela, les professionnels assurent que l’offre reste présente à quelques jours de l’Aïd.
Selon une base de données actualisée de la Direction régionale de l’Agriculture de Casablanca-Settat, le cheptel régional est estimé à près de 3 millions de têtes d’ovins, 173.000 caprins et 533.000 bovins.
L’offre prévisionnelle pour l'Aïd al-Adha atteint 1,1 million de têtes d’ovins et 45.000 caprins destinés au sacrifice, avec une forte présence de la race Sardi, qui représente près de 60 % du cheptel régional, notamment à Settat et Berrechid.
Les autorités assurent par ailleurs que la situation sanitaire est "maîtrisée et rassurante", grâce aux contrôles menés par l’ONSSA et les vétérinaires des secteurs public et privé. Pour faciliter la commercialisation, quatre souks mobiles de l’ANOC ont également été mis en place dans la région, notamment à Benslimane, El Jadida, Ouled Azzouz et Casablanca-Anfa.
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