Le “titan des phosphates de Khouribga” enrichit la carte mondiale des dinosaures
Avec la découverte de Phosphatotitan khouribgaensis dans les gisements phosphatiers de Khouribga, le Maroc consolide davantage son patrimoine paléontologique. Dans un échange avec Médias24, Nour-Eddine Jalil, paléontologue, professeur et chercheur, explique cette découverte et ce qu’elle révèle sur l’histoire et l’évolution des titanosaures marocains.
La récente mise au jour de Phosphatotitan khouribgaensis vient enrichir l’inventaire des dinosaures identifiés dans les bassins phosphatés du Maroc. Ce nouveau spécimen, mis au jour à Khouribga, confirme le rôle central du Royaume dans la recherche paléontologique mondiale et relance l’intérêt scientifique autour des titanosaures africains.
Dans un échange avec Médias24, Noureddine Jalil, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) à Paris, explique que cette trouvaille n’est pas isolée. Dès le début des années 2000, les gisements phosphatiers avaient déjà livré des fossiles de titanosaures. En 2004, à Sidi Daoui, près de Khouribga, un pied droit fossilisé avait été découvert et est aujourd’hui conservé dans les collections du groupe OCP.
Cette identification s’inscrit dans une continuité scientifique. Le nouveau dinosaure découvert dans les formations phosphatées marocaines, Phosphatotitan khouribgaensis — le "titan des phosphates de Khouribga" — appartient à cette lignée de sauropodes.
Le chercheur explique que le matériel fossile actuellement connu de cette espèce correspond à des os du bassin associés à des vertèbres du dos, du bassin et de la queue. Bien que fragmentaires, ces fossiles présentent des traits anatomiques essentiels pour les paléontologues, car ils permettent de retracer l’histoire évolutive de l’animal et de déterminer sa position au sein des dinosaures.
L’étude de la forme du bassin ainsi que des vertèbres du dos et de la queue permet ainsi de classer Phosphatotitan parmi les sauropodes, plus précisément dans la lignée des titanosaures.
Une découverte inscrite dans une continuité scientifique
À ce jour, les titanosaures marocains ne sont connus que dans les sites phosphatés. Les autres espèces emblématiques mises au jour dans différentes régions du Royaume n’en font pas partie.
C’est notamment le cas d'Atlasaurus imelakei, découvert dans la région de Wawmda, dans la province d’Azilal, et dont le squelette peut être observé au ministère de la Transition énergétique et du développement durable ainsi qu’au musée d’Azilal. Il ne s’agit pas d’un titanosaure.
De même, Rebbachisaurus garasbae, découvert dans les années 1940 dans la région des Kem Kem, n’appartient pas non plus à cette lignée, pas plus que le dinosaure récemment signalé dans la région d’El Mers.
Selon le professeur Noureddine Jalil, pour comprendre l'importance de la récente identification de Phosphatotitan khouribgaensis, il est primordial de rappeler brièvement comment les dinosaures sont classés. Sur la base de la forme des os du bassin, ils sont répartis en deux grands ensembles.
- Le premier est celui des ornithischiens, ou dinosaures à bassin d’oiseau. Il regroupe notamment les formes cuirassées comme les ankylosaures, les dinosaures à cornes, appelés cératopsiens, ainsi que les hadrosaures, souvent surnommés "dinosaures à bec de canard" en raison de la forme de leur museau.
- Le second ensemble est celui des saurischiens, ou dinosaures à bassin de reptile. On y retrouve les dinosaures carnivores, comme Tyrannosaurus ou Spinosaurus — dont des fossiles ont été retrouvés au Maroc —, mais aussi les dinosaures herbivores appelés sauropodes. Ces derniers se distinguent par leur déplacement sur quatre pattes, leur long cou et, pour certains, des dimensions impressionnantes.
Les titanosaures des phosphates marocains présentent en revanche des affinités étroites avec certains titanosaures d’Amérique du Sud. Ensemble, ils forment une branche appelée les Argentinosauridés.
Même s’ils étaient déjà de grande taille, les spécimens marocains restent modestes comparés à leurs cousins sud-américains, qui figurent parmi les plus grands animaux terrestres ayant existé. Avec un poids estimé entre 3,5 et 4 tonnes pour une longueur comprise entre 10 et 14 mètres, ils peuvent être considérés comme de petites formes face à certaines espèces sud-américaines atteignant entre 57 et 69 tonnes pour 30 à 40 mètres de long.
En paléontologie, ce sont les indices anatomiques qui permettent de reconstituer les relations de parenté entre espèces fossiles. Les chercheurs s’appuient sur les traits dérivés, partagés entre plusieurs espèces et hérités d’un ancêtre commun, pour établir des arbres phylogénétiques et retracer progressivement l’histoire évolutive des organismes disparus, éclaire le paléontologue et responsable scientifique des collections des amniotes non mammaliens du MNHN.
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