Médecins résidents : comment se prépare la transition vers un engagement réduit à 3 ans dans le public
Résidanat réduit progressivement à trois ans dès 2032 et accès à l’internat avancé à la quatrième année… telles sont les principales nouveautés du statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire en formation.
Le gouvernement enclenche une refonte du statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire en formation, à travers le décret n° 2.26.342 publié au Bulletin officiel du 4 mai 2026. Présenté ce jeudi 15 mai lors d’une conférence de presse conjointe par le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine Midaoui, ce texte remplace un cadre réglementaire datant de 1993 et redéfinit les statuts des étudiants observateurs, externes, internes et résidents.
La réforme vise à moderniser les parcours de formation, à renforcer l’attractivité du secteur public et à adapter les ressources humaines médicales aux besoins du système national de santé. Selon les ministres, il s’agit de passer d’une logique de contrainte à une logique de fidélisation volontaire et progressive.
La principale évolution concerne la durée d’engagement obligatoire des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes dans le secteur public après leur spécialisation. Le régime actuel de huit années est progressivement réduit pour atteindre un régime définitif de trois ans à partir de 2032.
Toutefois, l’entrée en vigueur de ce régime définitif n’est pas immédiate. Le décret prévoit une période transitoire avec des durées d’engagement variables selon les promotions de résidents. Ainsi, les résidents issus des promotions 2024, 2025 et 2026 devront servir six années après leur nomination. Cette durée passe à cinq ans pour les promotions 2027 et 2028, puis à quatre ans pour les promotions 2029, 2030 et 2031. Le régime permanent de trois ans entrera en vigueur à partir de 2032.
Le texte précise également que le résidanat débute après l’obtention du diplôme de doctorat en médecine, pharmacie ou médecine dentaire, ou après la réussite au concours d’accès à la spécialité.
Autre changement majeur : l’accès à l’internat est désormais avancé à la fin de la quatrième année d’études, contre la cinquième auparavant. Cette mesure vise à accélérer les parcours de spécialisation et à augmenter plus rapidement le nombre de médecins spécialistes formés.
Le décret encadre également plus précisément les différents statuts de formation hospitalière. Il définit les missions et obligations des étudiants observateurs, externes, internes et résidents au sein des structures hospitalières et des futurs groupements sanitaires territoriaux (GST).
Les externes devront notamment participer aux soins, aux gardes et au suivi médical, tandis que les internes et résidents seront intégrés aux équipes de soins avec des responsabilités élargies en matière de prise en charge, de recherche et d’encadrement pédagogique.
Le texte introduit également une revalorisation du statut des résidents. Dès leur première année de résidanat, les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes résidents seront nommés au premier échelon du premier grade de leur cadre respectif, avec l’indice 509. Cette disposition vise à améliorer leur stabilité administrative, sociale et matérielle.
Le gouvernement affirme que cette réforme permettra d’améliorer l’attractivité du secteur public et de renforcer la couverture médicale nationale. Selon les projections du ministère, l’augmentation des capacités de formation entre 2020 et 2025 devrait permettre d’intégrer 6.641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public d’ici 2032, à un rythme de formation atteignant 2.000 lauréats par an à l’horizon 2030, contre environ 1.300 actuellement.
Le décret prévoit enfin le maintien des acquis pour les promotions déjà engagées dans leur cursus avant l’année universitaire 2024-2025.
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