Syrie-Maroc : Assaad el-Chibani attendu à Rabat pour une visite à forte portée diplomatique
Prévu jeudi 14 mai, le déplacement du chef de la diplomatie syrienne doit donner lieu à un entretien avec Nasser Bourita, un an après la décision marocaine de rouvrir son ambassade à Damas. Il intervient aussi dans un contexte nouveau, marqué par la fermeture du bureau du polisario par les autorités syriennes post-Assad.
Le ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad el-Chibani, est attendu jeudi 14 mai 2026 à Rabat, a appris Médias24.
Il doit s'agir de sa première visite officielle au Maroc, seize mois après sa nomination dans le sillage de la chute du régime du président Bachar el-Assad en décembre 2024. À cette occasion, le chef de la diplomatie syrienne doit notamment s’entretenir avec son homologue marocain, Nasser Bourita.
Une relation relancée après la chute de Bachar al-Assad
Assaad el-Chibani et Nasser Bourita avaient déjà eu des entretiens le 17 mai 2025 à Bagdad, en marge des travaux du 34e sommet arabe tenu dans la capitale irakienne. Le même jour, le Roi Mohammed VI avait, dans un discours lu justement par Nasser Bourita, officialisé la décision du Maroc de rouvrir son ambassade à Damas, fermée depuis juillet 2012.
Soutien inconditionnel du peuple syrien pendant la guerre civile (mars 2011-décembre 2024), membre emblématique de la Conférence internationale des amis de la Syrie dont il avait organisé la quatrième réunion à Marrakech en décembre 2012, le Royaume avait vu sa représentation diplomatique attaquée par des manifestants pro-régime en novembre 2011. Dans la semaine qui avait précédé la réunion de la Conférence internationale des amis de la Syrie à Marrakech, le consul honoraire du Maroc à Alep avait été assassiné, probablement par des sbires de Bachar al-Assad.
"S’agissant de la Syrie sœur, le Royaume du Maroc réaffirme sa position historique immuable, celle que nous avons exprimée auparavant dans la lettre adressée à notre frère, son excellence le président Ahmed Acharaa : nous l’assurons de notre soutien au peuple syrien frère dans sa quête de liberté, de sécurité et de stabilité, ainsi que notre attachement à la préservation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la Syrie", avait rappelé le Roi Mohammed VI dans son discours au 34e sommet arabe.
Il avait formé le souhait que la réouverture de l'ambassade marocaine "permettra d’ouvrir de plus larges perspectives dans les relations historiques entre nos deux pays et nos deux peuples".
Le lourd passif syrien sur le dossier du Sahara
Pour sa part, le pouvoir syrien actuel, dirigé depuis janvier 2025 par Ahmed al-Charaa en tant que président de la République arabe syrienne, avait fait fermer, quelques jours après la réouverture de l'ambassade, le bureau du polisario à Damas. Il faut dire qu'exception faite de l'Algérie, la Syrie de Bachar al-Assad et, avant lui, de son père Hafez al-Assad (mars 1971-juin 2000) a été le pays arabe à soutenir le plus activement le mouvement séparatiste.
Ce que ce dernier lui a d'ailleurs bien "rendu". En avril 2025, une large enquête du quotidien américain The Washington Post avait, ainsi, confirmé l'implication de la bande de Brahim Ghali dans la guerre civile syrienne aux côtés du régime de Bachar al-Assad. Une des principales raisons mises en avant, au niveau des États-Unis, pour justifier l'initiative du député Joe Wilson et celle des sénateurs Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott pour classer le polisario en tant qu'organisation terroriste.
Dès avril 1980, Hafez al-Assad avait reconnu la pseudo "république arabe démocratique sahraouie" (rasd). Une décision sur laquelle était brièvement revenu Bachar al-Assad au début des années 2000.
En visite en octobre 2001 à Damas, le premier ministre Abderrahmane Youssoufi lui avait touché un mot à ce propos, s'appuyant sur les solidarités panarabes et socialistes entre son parti de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et celui du Baas, dont le président syrien était issu. Mais au moment de la guerre civile, le polisario avait de nouveau pignon sur rue en Syrie.
Dans le contexte de la chute de Bachar al-Assad, de nombreuses voix syriennes, à l'instar du Front de salut national syrien, ont appelé Ahmed al-Charaa à reconnaître formellement la souveraineté du Maroc sur son Sahara.
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