Malgré une conjoncture difficile, Lekjaa prévoit une croissance de 5,3% et un déficit ramené à 3%
Fouzi Lekjaa table sur un taux de croissance d’environ 5,3%, porté en partie par le rebond agricole. Cette dynamique devrait permettre, selon lui, de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB et de stabiliser l’endettement du Trésor autour de 66%.
Croissance, déficit budgétaire, endettement du Trésor, campagne agricole, inflation, etc. Fouzi Lekjaa a dressé, le 12 mai 2026, devant la Chambre des conseillers, un tableau favorable des perspectives de l’économie marocaine en 2026.
Une croissance robuste malgré une conjoncture difficile
D’abord, la croissance. C’est l’agrégat central, celui qui résume l’activité de l’économie. "L’économie marocaine devrait enregistrer un taux de croissance d’environ 5,3% en 2026, en dépit de la conjoncture et des contraintes", souligne Lekjaa.
Si ce chiffre se confirme, l’économie marocaine enregistrerait son meilleur rythme de croissance, hors rebond post-Covid, depuis 2008, année où la croissance avait atteint 6%.
À première vue, ce niveau peut sembler contre-intuitif. Le contexte international reste tendu, les incertitudes géopolitiques persistent, notamment au Moyen-Orient, et l’environnement extérieur demeure peu favorable. Mais en regardant de plus près l’historique de la croissance au Maroc, et surtout ses principaux moteurs, un taux supérieur à 5% n’apparaît pas irréaliste.
En effet, cette année, deux déterminants majeurs de la croissance marocaine se conjuguent. Il s’agit de la valeur ajoutée agricole et de l’investissement public, deux moteurs qui devraient soutenir l'activité en 2026.
La campagne agricole s’annonce favorable et devrait contribuer de manière significative à la croissance. Son poids dans la valeur ajoutée globale se situe généralement autour de 9% à 10%. Sur ce point, Lekjaa indique que les 90 millions de quintaux attendus au titre de la campagne céréalière devraient contribuer significativement à la croissance prévue.
"Cette année s’est accompagnée d’importantes précipitations et d’une amélioration de la situation hydrologique du pays après six années consécutives de sécheresse, ce qui laisse entrevoir de bonnes perspectives pour la campagne agricole 2025-2026. La production céréalière est attendue autour de 90 millions de quintaux, ouvrant ainsi la voie à une réévaluation des perspectives de croissance. Selon les prévisions macroéconomiques, chaque supplément de 20 millions de quintaux de céréales est susceptible de générer entre 0,2 et 0,3 point de croissance".
En suivant cette logique, une récolte de 90 millions de quintaux en 2026 représenterait une hausse de 46 millions de quintaux par rapport aux 44 millions estimés pour 2025. Ainsi, le gain directement tiré de la campagne céréalière serait d’environ 0,7 point de croissance*.
Par ailleurs, il convient aussi de souligner que, depuis plusieurs années, les prévisions du ministère de l’Économie et des Finances concernant la croissance économique restent généralement très proches des résultats définitifs publiés ensuite par le HCP.
La trajectoire du déficit et de la dette
Lorsque la croissance accélère, les ratios budgétaires deviennent plus faciles à stabiliser. Dans cette même logique, Lekjaa anticipe une poursuite de l’amélioration des ratios de déficit et d’endettement du Trésor. Le déficit devrait être ramené à 3% du PIB en 2026, tandis que l’endettement du Trésor devrait se stabiliser autour de 66% du PIB.
"Cette situation financière maîtrisée, rendue possible par les marges créées grâce à la dynamique des ressources et au contrôle des dépenses, nous permettra de réduire le déficit budgétaire à 3% du PIB à fin 2026, soit une amélioration d’environ 0,5 point par rapport à 2025. En conséquence, le niveau d’endettement du Trésor, rapporté au PIB, poursuivra sa trajectoire baissière pour se stabiliser autour de 66% en 2026", indique le ministre.
Avec une hypothèse de croissance réelle de 5,3% et une inflation que Lekjaa prévoit en légère hausse en 2026, la croissance nominale devrait être suffisamment importante pour contribuer à faire baisser ces ratios. Il faut toutefois préciser que la composante nominale de la croissance dépend du niveau général des prix, qui ne se confond pas avec l’inflation mesurée par l’IPC.
Pour Lekjaa, cette tendance baissière des ratios budgétaires tient aussi, au-delà de l’effet de la croissance, à l’amélioration des recettes ordinaires observée ces dernières années.
"Cette situation prolonge l’amélioration importante des ressources ordinaires observée durant les cinq dernières années. Celles-ci sont passées de 256,2 MMDH en 2021 à 424,2 MMDH en 2025, soit une hausse de 168 MMDH. Cela reflète une croissance annuelle moyenne de 13,5%, portée notamment par la progression notable des recettes fiscales, dont le rythme annuel moyen a atteint 12,4%", précise-t-il.
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* Si chaque 20 millions de quintaux génère 0,3 pt de croissance, alors un supplément de 46 millions de quintaux devrait apporter environ 0,69 point de croissance : (46 / 20) x 0,3 = 0,69 pt.
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