Mondial 2026 : transitions et fragilités, les clés du groupe du Maroc
Fortunes diverses pour les concurrents du Maroc dans le groupe C du Mondial 2026. S’ils n’ont pas tous livré des performances abouties, le Brésil, l’Écosse et Haïti ont affiché une volonté commune de miser sur le jeu de transition plutôt que sur une possession excessive. Décryptage.
L’adversité qui attend le Maroc lors du premier tour de la Coupe du monde 2026 est placée sous le signe de la transition. Un modèle de jeu qui fait de plus en plus d’émules à mesure que le football évolue.
Il est vrai qu’en club, le jeu de position prôné et amélioré au fil du temps par Josep Guardiola au FC Barcelone, au Bayern Munich, puis à Manchester City, représente sans doute le meilleur moyen de gagner un championnat ou une Ligue des champions.
Mais dans le football de sélection, le manque de temps oblige les sélectionneurs à revoir leurs aspirations tactiques à la baisse afin de privilégier un modèle de jeu basé sur la transition.
Excepté l’Espagne, où la confiscation du ballon est culturellement ancrée dans les principes de jeu dès le plus jeune âge, quasiment toutes les nations misent sur le jeu de transition.
Le Brésil, l’Écosse et Haïti ne dérogent pas à cette tendance. À tel point que c’est le pays caribéen qui a affiché la moyenne de possession la plus élevée lors de la dernière trêve internationale.
Certes, sur les six rencontres de préparation disputées par les trois équipes, seule la Seleção a décroché une victoire, non sans peine, face à la Croatie (3-1).
Un succès glané quelques jours après avoir été battue dans les grandes largeurs par une équipe de France (1-2) réduite à dix pendant plus d’une demi-heure.
L’Écosse a été battue successivement par le Japon et la Côte d’Ivoire, tandis que les Haïtiens n’ont pu faire mieux qu’un nul contre l’Islande après s’être inclinés face à la Tunisie.
Ce qui, en l’état, n’est pas de nature à faire trembler les Lions de l’Atlas. Néanmoins, si l’on met de côté les résultats, les coéquipiers d’Achraf Hakimi ont tout de même du souci à se faire dans les phases de transition attaque-défense.
Autrement dit, le moment où le ballon est perdu et qu’il faut s’organiser pour couper la progression adverse. Or, c’est sur ces séquences que l’équipe nationale a montré le plus de fébrilité défensive.
Le Brésil, un géant en quête de repères
Le Brésil du technicien italien Carlo Ancelotti est loin de faire l’unanimité de l’autre côté de l’Atlantique. Au-delà de l’absence de Neymar, c’est le fond de jeu qui interroge les supporters brésiliens.
En minimisant les pertes de balle, la France a réduit la Seleção à pas grand-chose. Seules les transitions ont alors éclairé le jeu brésilien.
Dès la récupération du ballon, quelle que soit la zone du terrain, Ancelotti demande à ses joueurs de se projeter rapidement avec des courses à haute intensité. Leur salut est justement passé par là pour prendre le dessus sur la Croatie, en profitant notamment de plusieurs pertes de balle de Luka Modrić.
Dans une position d’avant-centre qui ne correspond pas forcément à ses qualités, Vinícius Júnior est loin de faire l’unanimité. D’autant qu’il a tendance à jouer seul, en oubliant ses coéquipiers mieux placés.

C’est une manière pour le Madrilène d’affirmer son emprise sur l’attaque du Brésil dans une séquence internationale où Endrick, doublement décisif contre les Croates, a été plus à son avantage que son aîné.
Bref, on ne fera croire à personne que ce Brésil-là est l’une des plus grandes sélections de son histoire. Car il a davantage surnagé sur des situations de contre que brillé par la qualité de son jeu collectif, encore trop pauvre et peu structuré, autant d’éléments suggérant que Carlo Ancelotti a encore du pain sur la planche.
Surtout que la défense n’a pas toujours été à la hauteur, par manque de compacité et en raison des forfaits, dont celui du joueur d’Arsenal, Gabriel Magalhães.
Le Gunner devrait tout de même être de l’aventure aux États-Unis pour former la charnière centrale avec Marquinhos (PSG).
Mais, aussi complémentaire et solide soit-elle, cette paire sera toujours mal protégée par la lenteur de Casemiro dans un rôle de numéro six qui manque de dynamisme et de fraîcheur.
L’Écosse, un équilibre précaire sans le ballon
L’Écosse s’est qualifiée pour une Coupe du monde pour la première fois depuis 1998. Ironie de l’histoire, elle retrouvera le Maroc dans le groupe C. Pas forcément un très bon souvenir pour la Tartan Army, surclassée à l’époque par la bande à Salah-Eddine Bassir (3-0).
Aujourd’hui, à défaut d’être une machine de guerre avec le ballon, l’Écosse se caractérise par une organisation où la volonté de protéger son but prime sur ses velléités offensives.
Avec le ballon, le sélectionneur Steve Clarke a instauré une identité de jeu basée sur une défense à trois et des pistons offensifs.

Le côté gauche en est l’épicentre. En repositionnant Kieran Tierney en défenseur axial gauche, Clarke accorde énormément de liberté à Andrew Robertson. C’est d’ailleurs de ce côté-là que les Écossais ont été les plus dangereux lors de cette trêve internationale.
Les chevauchées de Robertson ont mis à mal les défenses japonaise et ivoirienne, mais sans grande réussite. L’absence d’un avant-centre de référence en est la principale cause.
En revanche, le projet de jeu de Steve Clarke est particulièrement vulnérable à la perte du ballon. La Côte d’Ivoire et le Japon n’ont pas hésité à exploiter cette faiblesse récurrente. Les deux buts encaissés l’ont d’ailleurs été sur des phases de transition mal gérées.
Haïti, du cœur, mais trop de limites
L’extension de la Coupe du monde à 48 équipes, ainsi que la qualification automatique des pays organisateurs, ont favorisé la qualification des Haïtiens. Autrement, cette première participation aurait été plus difficile à envisager. Mais Haïti ne compte pas pour autant faire de la figuration.
Bien que cette trêve internationale n’ait pas été un franc succès, la sélection caribéenne a montré des signes encourageants, notamment avec un match nul face à l’Islande (1-1).
Un résultat qui fait suite à une courte défaite contre la Tunisie (0-1). Le plan de jeu de Sébastien Migné repose sur une prise de risques mesurée, notamment dans le pressing et l’utilisation du ballon.

Mais dans les faits, ils se sont montrés dangereux surtout lorsqu’ils ont su exploiter la vitesse de leurs attaquants. Parmi eux, Wilson Isidor. Formé à Rennes, le joueur de Sunderland est le principal atout offensif de la sélection.
Par sa technique, son sens du but et ses déplacements, il parvient à dynamiser une attaque globalement limitée. En revanche, il ne pourra pas compenser le déficit de vitesse de ses défenseurs.
Une faiblesse particulièrement visible lorsque le premier rideau de pressing est éliminé. La Tunisie en a profité pour faire la différence, notamment sur une action où le bloc haïtien s’est retrouvé coupé en deux.
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