Traite d’êtres humains : 6 ans ferme pour “Moulinex” et la mère d’Adam Benchekroun
À Tanger, “Moulinex” et la mère d’Adam écopent de 6 ans ferme pour traite d’êtres humains et autres infractions liées aux réseaux sociaux.
Le verdict est tombé dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2026 dans l’affaire impliquant le créateur de contenu connu sous le pseudonyme “Moulinex”, de son vrai prénom Younes, et Ibtissam, mère du TikTokeur Adam Benchekroun. Les deux accusés étaient poursuivis devant la chambre criminelle de première instance près la cour d’appel de Tanger dans un dossier à forte charge pénale, mêlant notamment traite d’êtres humains, exploitation sexuelle de mineur et infractions liées aux contenus diffusés en ligne.
Ouvert le 20 janvier 2026, le procès a conduit, au bout de près de trois mois, à la condamnation de chacun des deux accusés à six ans de prison ferme. Les demandes de mise en liberté provisoire avaient été rejetées à plusieurs reprises, notamment une première fois le 17 février dernier, dans un dossier jugé sensible par la juridiction.
Six ans de prison ferme et interdiction des réseaux sociaux
Dans sa décision, la juridiction tangéroise a rejeté l’ensemble des exceptions de procédure soulevées par la défense.
Sur le fond, Younes (Moulinex) et Ibtissam (mère du TikTokeur Adam) ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés et condamnés chacun à six ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende d'un million de dirhams.
De plus, ladite juridiction a prononcé une interdiction d’exercer toute activité sur les réseaux sociaux pendant une durée de dix ans, assortie de la fermeture de leurs comptes. Une mesure particulièrement significative dans un dossier où les plateformes numériques occupent une place centrale.
Des faits aux qualifications multiples
Au-delà de la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle — qualification parmi les plus graves du dossier — les poursuites visaient un ensemble d’infractions.
S’agissant de “Moulinex”, les accusations portent notamment sur :
- Traite des êtres humains à travers l’exploitation sexuelle, notamment la prostitution d’autrui au moyen de contenus pornographiques et via les réseaux sociaux, à l’encontre d’un mineur de moins de 18 ans, dans un cadre transnational ;
- Publication, diffusion et détention de contenus pornographiques impliquant un mineur de moins de 18 ans ;
- Exploitation d’un mineur de moins de 18 ans dans des contenus pornographiques à des fins sexuelles ;
- Atteinte publique à la pudeur par des actes, des propos et des gestes obscènes ;
- Diffusion et propagation d’allégations et de faits dans le but de porter atteinte à la vie privée de personnes, à l’encontre d’un mineur ;
- Actes licencieux ;
- Injures et diffamation publiques.
Concernant Ibtissam, la mère d’Adam Benchekroun, reconnu comme victime dans cette affaire, les charges retenues sont :
- Traite des êtres humains à travers l’exploitation sexuelle, notamment l’exploitation de la prostitution d’autrui et l’exploitation au moyen de contenus pornographiques, y compris via les moyens de communication et de communication numérique, commise par un ascendant et dans un cadre transnational ;
- Participation à la production, à la diffusion, à la vente et à la détention de contenus pornographiques mettant en scène des activités sexuelles ;
- Fait, pour l’un des parents, de causer un préjudice grave à ses enfants en leur donnant un mauvais exemple de comportement et en manquant à son devoir de surveillance morale ;
- Diffusion d’allégations et de faits mensongers dans le but de porter atteinte à la vie privée des personnes et de les diffamer ;
- Atteinte publique à la pudeur par nudité volontaire et par des gestes et actes obscènes ;
- Diffamation publique, injures publiques et violences.
Adam Benchekroun reconnu comme partie civile
Bien que placé en détention en novembre dernier, au même moment que les deux accusés, Adam Benchekroun n’est pas accusé dans ce dossier, le sien étant présenté devant le tribunal correctionnel. Par conséquent, les faits qui lui sont reprochés sont plutôt de l’ordre délictuel.
Mais dans le cas d'espèce, Adam Benchekroun est considéré comme victime. La cour a déclaré recevable sa constitution en tant que partie civile et a condamné “Moulinex” à lui verser une indemnisation de 100.000 DH au titre du préjudice subi.
En revanche, d’autres constitutions de parties civiles ont été rejetées, soit pour irrecevabilité, soit au fond.
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