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ECONOMIE

Un taux de croissance de 4,6% en 2025, le plus haut depuis 2017

Si l'on excepte le rebond post-Covid, l'économie marocaine vient de réaliser en 2025 la meilleure performance de croissance depuis 2017 et ce, malgré la sécheresse.

Un taux de croissance de 4,6% en 2025, le plus haut depuis 2017
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Le 31 mars 2026 à 12h48 | Modifié 31 mars 2026 à 16h26

Au 1er trimestre 2025, la croissance économique a augmenté de 4,8%, un taux bien en avance sur les prévisions. Au deuxième trimestre 2025, la croissance a bondi à 5,5%. On se demandait alors si la moyenne annuelle n'allait pas dépasser les 5%.

Finalement, la croissance a ralenti au troisième trimestre (4%) et au quatrième trimestre (4,1%). Ce dernier chiffre vient d'être publié par le HCP.

Au total, le taux de croissance du PIB pour l'ensemble de l'année 2025 ressort donc à 4,6 % comme première estimation officielle. Le gouvernement avait d'ailleurs établi la même estimation en janvier. Maintenant le HCP l'a officialisée dans l'attente des chiffres annuels qu'il publiera ultérieurement. Bank Al Maghrib avait également prévu 4,6% en 2025.

Ainsi, le taux de croissance a suivi une courbe ascendante depuis 2022:

2022: 1,8%.

2023:  3,7%.

2024: 3,8%.

2025: 4,6%.

Il est également probable que la hausse se poursuivra en 2026.

Médias24

-oOo-

Voici les explications du HCP:

L’arrêté des comptes nationaux du quatrième trimestre 2025 fait ressortir une décélération de la croissance économique nationale, qui s’est établie à 4,1% contre 4,2% à la même période de l’année 2024. Les activités non agricoles ont enregistré un ralentissement, avec une croissance de 4% au lieu de 4,8%, tandis que celles du secteur agricole ont connu une hausse de 4,7%, après une baisse de 4,8%.

Cette croissance a été tirée par la demande intérieure, dans un contexte marqué par une maîtrise de l’inflation et une aggravation des besoins de financement de l’économie nationale.

Ralentissement de la croissance économique

Le secteur secondaire a enregistré un léger ralentissement de sa croissance, avec une progression de 3,5% en volume, corrigée des variations saisonnières (cvs), au lieu de 3,7% au même trimestre de l’année 2024. Cette évolution s’explique par le repli des activités minières (-3,4% après +1,2%) et la décélération des activités du bâtiment et travaux publics (+4,9% après +6,9%) ainsi que celles de l’électricité et de l’eau (+2,7% après +7%). En revanche, les industries de transformation ont affiché une amélioration, leur croissance passant de 2,4% à 4,1%.

Le secteur tertiaire, de son côté, a enregistré une décélération de sa croissance, passant de 5,4% durant le même trimestre de l’année 2024 à 4,4% au cours de ce trimestre. Cette évolution a été marquée par le ralentissement des activités :

  • des services financiers et assurances, à 6,6% au lieu de 8,3%;
  • des services de l’éducation, de la santé et des activités d’action sociale, à 6,5% au lieu de 7,3%; de l’hébergement et la restauration, à 4,8% au lieu de 13,2%;
  • du transport et entreposage, à 4,3% au lieu de 7,9%;
  • de la recherche et développement et des services rendus aux entreprises, à 3,3% au lieu de 4,8%;
  • du commerce et réparation de véhicules, à 3,1% au lieu de 4,4%.

De ce fait, la valeur ajoutée du secteur non agricole a connu un ralentissement de son taux de croissance, passant de 4,8% au quatrième trimestre de l’année 2024 à 4% durant ce trimestre.

Par ailleurs, le secteur primaire a enregistré une amélioration notable de sa croissance, avec une hausse de 3,9% au quatrième trimestre 2025 au lieu d’une baisse de 4,7% à la même période de 2024. Cette évolution s’explique par le redressement de l’activité agricole (+4,7% après -4,8%), atténué toutefois par l’accentuation de la baisse de l’activité de la pêche (-13,6% après -1,9%).

Dans ce contexte, et compte tenu de l’accroissement des impôts sur les produits nets des subventions à 4,4% au lieu de 8,5%, le produit intérieur brut en volume, corrigé des variations saisonnières, a affiché un accroissement de 4,1% au lieu de 4,2% durant le quatrième trimestre de l’année précédente.

En effectuant une moyenne arithmétique à partir des PIB trimestriels en volume, on obtient l'estimation suivante: +4,6% sur l'année 2025.

Ralentissement remarquable du niveau général des prix

Aux prix courants, le PIB a connu, au quatrième trimestre 2025, une hausse de 6,8%, au lieu de 9,1% une année auparavant, dégageant ainsi un ralentissement du niveau général des prix à 2,7% au lieu de 4,9% le même trimestre de l’année précédente.

Croissance tirée par la demande intérieure, malgré son ralentissement

La demande intérieure a enregistré un ralentissement de son taux d’accroissement passant de 6,6% au quatrième trimestre 2024 à 6,2% au quatrième trimestre 2025, contribuant pour 6,8 points à la croissance au lieu de 7,2 points.

Les dépenses de consommation finale des ménages ont affiché une hausse de 4,4% au lieu de 3,7% le même trimestre de l’année précédente, contribuant pour 2,6 points à la croissance contre 2,2 points.

De son côté, la consommation finale des administrations publiques a enregistré une progression de 7,9% au lieu de 6,3% la même période de l’année précédente, contribuant à la croissance de 1,4 point au lieu de 1,1 point.

Par ailleurs, l’investissement brut (formation brute de capital fixe ; variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeur) a connu un ralentissement de son taux d’accroissement passant de 12,3% au quatrième trimestre 2024 à 8,5%, contribuant pour 2,7 points à la croissance au lieu de 3,8 points.

Contribution négative des échanges extérieurs

Au niveau des échanges extérieurs, les importations de biens et services en volume ont affiché un ralentissement de leur taux d’accroissement, passant de 14% durant la même période de l’année 2024 à 10% au cours de ce trimestre, avec une contribution négative à la croissance de 5,2 points au lieu d’une contribution négative de 7,2 points. Les exportations, de leur côté, ont enregistré un ralentissement de leur taux d’accroissement, passant de 9,8% à 6,1%, avec une contribution à la croissance de 2,6 points au lieu de 4,1 points le même trimestre de l’année dernière.

Dans ce cadre, les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé, au quatrième trimestre 2025, une contribution négative à la croissance de 2,6 points au lieu d’une contribution négative de 3,1 points une année passée.

Financement de l’économie nationale

Avec la hausse de 6,8% du PIB à prix courants au lieu de 9,1% au même trimestre de l’année passée et la baisse de 9,3% des revenus nets reçus du reste du monde au lieu d’une hausse de 20%, le revenu national brut disponible n’a progressé que de 5,7% au lieu de 9,8% enregistré au même trimestre de l’année 2024.

Compte tenu du ralentissement de la consommation finale nationale en valeur, dont la croissance est passée de 6,6 % à 5,2 %, le taux d’épargne nationale s’est stabilisé à 30,8 % du PIB.

L’investissement brut (FBCF, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeur) a représenté 33,4% du PIB au lieu de 32,5% durant le même trimestre de l’année précédente. Ce qui dégage un besoin de financement de 2,6% du PIB au lieu de 1,7%.

Voici les tableaux présentant les résultats des comptes nationaux du quatrième trimestre 2025.

Tableau 1-Valeurs ajoutées (cvs) aux prix de l'année précédente chainés base 2014

(en millions DH)
4ème trimestre 2024 4ème trimestre 2025 glissement
annuel en %
secteur agricole 25 780 26 991 4,7
secteur non agricole 269 555 280 426 4,0
Pêche 1 146 990 -13,6
Industrie d’extraction 5 998 5 794 -3,4
Industries de transformation 49 898 51 940 4,1
Distribution d’électricité et de gaz- Distribution d’eau, réseau d’assainissement, traitement des déchets 8 162 8 383 2,7
Construction 16 629 17 451 4,9
Commerce de gros et de détail; réparation de véhicules automobiles et de motocycles 32 376 33 380 3,1
Transports et entreposage 9 253 9 651 4,3
Activités d’hébergement et de restauration 13 762 14 422 4,8
Information et communication 10 198 10 423 2,2
Activités financières et assurances 18 001 19 189 6,6
Activités immobilières 20 519 20 722 1,0
Recherches et développement et services rendus aux entreprises 16 677 17 228 3,3
Administration publique et défense; sécurité sociale obligatoire 35 145 37 464 6,6
Education, santé humaine et activités d’action sociale 26 843 28 588 6,5
Autres services 4 052 4 199 3,6
Impôts sur les produits nets des subventions 35 589 37 171 4,4
Produit intérieur brut en volume 330 181 343 863 4,1
PIB hors agriculture 305 094 317 554 4,1
Produit intérieur brut en valeur 415 368 443 762 6,8

Tableau 2-Principaux emplois du PIB en volume (aux prix de l'année précédente chaînés base 2014)

                  (en millions DH)
4ème trimestre 2024 4ème trimestre 2025 glissement
annuel en %
Dépenses de consommation finale
    - des ménages     192 340     200 802 4,4
    - des Administrations publiques     69 248     74 718 7,9
    - des ISBL     3 518     3 715 5,6
Formation brute de capital     114 531     124 245 8,5
Exportations de biens et services     136 266     144 528 6,1
Importations de biens et services     187 108     205 790 10,0

Tableau 3- Revenu national brut disponible et épargne nationale brute (aux prix courants)

                  (en millions DH)
4ème trimestre 2024 4ème trimestre 2025 glissement
annuel en %
Revenu national brut disponible 447889 473254 5,7
Epargne nationale brute 127857 136724 6,9
Formation brute de capital 134925 148293 9,9

N.B. Tous les comptes nationaux trimestriels sont corrigés des variations saisonnières.

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