Iran : Trump prêt à arrêter la guerre sans attendre la réouverture d’Ormuz, selon le WSJ
Cette inflexion intervient alors que Washington estime qu’une opération visant à rouvrir ce passage stratégique prolongerait le conflit au-delà du calendrier de quatre à six semaines fixé par la Maison Blanche, selon le quotidien américain.
Donald Trump est prêt à mettre fin à la campagne militaire américaine contre l’Iran même si le détroit d’Ormuz reste en grande partie fermé, a rapporté lundi 30 mars 2026 au soir le Wall Street Journal, citant des responsables de l’administration américaine.
Selon le quotidien, le président américain et ses proches ont estimé ces derniers jours qu’une opération destinée à rouvrir par la force ce passage stratégique risquerait de prolonger le conflit au-delà du calendrier de quatre à six semaines que s’est fixé la Maison Blanche.
L’exécutif américain privilégierait désormais l’atteinte de ses objectifs militaires immédiats - affaiblir la marine iranienne et réduire ses stocks de missiles - avant une désescalade des hostilités, tout en accentuant la pression diplomatique sur Téhéran pour rétablir la liberté de circulation dans le détroit, selon le journal.
Si cette voie échouait, Washington souhaiterait que ses alliés européens et du Golfe prennent le relais pour conduire d’éventuelles négociations ou opérations visant à rouvrir Ormuz, ajoute le WSJ.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé lundi que les États-Unis travaillaient à un retour à des opérations normales dans le détroit, sans toutefois l’inclure parmi les objectifs centraux de la campagne militaire en cours, selon le quotidien.
Le secrétaire d’Etat Marco Rubio a pour sa part déclaré à Al Jazeera, cité par le Wall Street Journal, que la campagne actuelle devait s’achever "dans quelques semaines", avant que ne se pose ensuite la question du détroit d’Ormuz.
"Ce sera alors à l’Iran de décider, ou à une coalition de pays du monde entier et de la région, avec la participation des États-Unis, de faire en sorte qu’il soit ouvert, d’une manière ou d’une autre", a-t-il déclaré, selon le journal.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% de l’offre mondiale de pétrole, demeure au cœur des inquiétudes des marchés. Le WSJ souligne que le baril de référence américain a clôturé lundi au-dessus de 100 dollars pour la première fois depuis 2022, tandis que certains analystes financiers évoquent un possible envol vers 200 dollars en cas de perturbation prolongée.
Toujours selon le quotidien, l’administration Trump considère que la fermeture du détroit affecte davantage l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie que les États-Unis eux-mêmes, et presse depuis plusieurs semaines ses partenaires de préparer des solutions diplomatiques ou sécuritaires.
Le journal rapporte toutefois que l’exécutif américain continue d’étudier d’autres options militaires, même si celles-ci ne constituent pas, à ce stade, une priorité immédiate pour Donald Trump.