Images satellites : la céréaliculture portée par un hiver pluvieux, un printemps qui s’annonce encourageant
Porté par une pluviométrie hivernale hors norme ayant arrosé l’ensemble du pays, le printemps 2026 s’ouvre sous des auspices exceptionnels pour la céréaliculture marocaine. De la Chaouia aux plaines du Haouz, les indicateurs de végétation surpassent les sommets historiques, confirmant une rupture nette avec les épisodes de sécheresse passés.
Le début du printemps s’annonce très verdoyant, porté par un hiver exceptionnel que le pays a connu, marqué par des épisodes pluvieux intenses aux quatre coins du pays, y compris dans les régions désertiques de Laâyoune et Dakhla, et plus récemment dans les régions du Sud-Est, qui ont connu un nouvel épisode pluvieux.
Le renouveau est spectaculaire dans les régions du Nord et du Centre, où les plantes atteignent parfois plus d'un mètre de haut. Entre Casablanca et Marrakech, on observe une métamorphose saisissante pour cet axe routier, habituellement aride au-delà de l'oued Oum Errabia.


Vue du ciel, la couleur verte domine et atteint des régions au pied de l'Atlas qui n'avaient pas été touchées par ce renouveau depuis sept ans.
Outre le vert, la couleur bleue marque aussi son retour avec la réapparition des plans d'eau de surface et le remplissage des barrages, qui retrouvent leur volume habituel (retenue totale de 73,3 % ce lundi 30 mars 2026).
Voici une comparaison des images satellitaires de la plaine atlantique en fausse coloration. Notez en cercle l'évolution des barrages :


La Chaouia renoue avec l'abondance pluviométrique
Dans la Chaouia, principal grenier céréalier du Maroc, les cultures approchent actuellement de l'apogée de la montaison. Cette phase précède l’épiaison, ultime étape avant la maturation finale. Cette année, les perspectives de rendement sont favorables grâce à une pluviométrie généreuse.
En effet, avec un cumul de 222,63 mm depuis le début de l’année, la région enregistre un excédent de 60 mm par rapport à 2025 et de 91 mm par rapport à la moyenne des vingt-cinq dernières années.

Parallèlement, les relevés satellitaires du couvert végétal affichent des taux records, dépassant les maximums observés sur la période 2001-2024. Cette situation marque un contraste frappant avec l'année dernière, où la végétation était restée déficitaire durant l’hiver avant de se redresser légèrement au-dessus de la moyenne historique grâce à des pluies tardives salvatrices.

Sur le plan hydrique, le barrage Al Massira poursuit sa remontée spectaculaire. En ce lundi 30 mars 2026, ses réserves totalisent 908 millions de mètres cubes. Le barrage s’approche ainsi du seuil symbolique du milliard de mètres cubes, un niveau inédit depuis 2017, soit neuf années de stress hydrique enfin rompues.
Marrakech et El Kelaâ des Sraghna : des indicateurs de végétation historiques
Le même constat est observé dans la région de Marrakech. C'est le cas, par exemple, de Tahanaout, situé au sud de Marrakech, où le couvert végétal a repris sur l'ensemble des parcelles agricoles, contrastant avec la situation des terres l'année dernière.


À l’image de la Chaouia, la région de Marrakech, malgré son climat aride, affiche des taux d'évolution végétale supérieurs à la moyenne de la période 2001-2024 dès la troisième semaine de mars, alors que l'année dernière, le couvert végétal se situait largement en dessous de cette même moyenne, s'approchant des valeurs minimales.

Aux abords de Marrakech, la province de Kelaa des Sraghna enregistre la même tendance d'évolution du couvert végétal, dont la progression dépasse le maximum atteint au printemps 2009.
Depuis le début de l'année, les environs de Marrakech ont reçu un cumul pluviométrique de 141,5 mm, contre 61 mm durant la même période de l'année dernière, soit un doublement des volumes de précipitations, représentant une évolution supérieure à la moyenne 2001-2024 qui ne dépasse pas 79 mm sur la même période.

La province du Haouz a quant à elle enregistré un cumul de 113 mm, soit un excédent de 62 mm par rapport à 2025. La région de Kelaa des Sraghna affiche une évolution similaire, avec un cumul de 169 mm, contre une normale qui ne dépasse pas 92,88 mm.

À Essaouira, un excédent pluviométrique de 102 mm qui redessine le territoire
Sur la façade atlantique, le paysage de la province d'Essaouira a subi une métamorphose spectaculaire. Depuis le début de l'année, les précipitations ont atteint un cumul de 168,5 mm, marquant un excédent significatif de 102 mm par rapport aux 65 mm enregistrés l'an dernier.

Cet apport hydrique massif a radicalement revitalisé la biomasse de la région, comme en témoignent ces images satellitaires prises au sud d'Essaouira, au niveau du village Smimou.


Le couvert végétal actuel surpasse désormais les plafonds historiques de la période 2001-2024, dépassant même le pic de végétation exceptionnel de l'année 2013.

Cette saison marque une rupture nette avec la série de cycles négatifs observée depuis 2022 alors que l'an dernier, les indices végétatifs se situaient largement en dessous des moyennes interannuelles.

L'évolution positive que connaissent actuellement les ressources hydriques du pays ne doit pas pour autant ouvrir la voie à une surexploitation massive. Car si les signes sont encourageants cette année, l'accentuation du réchauffement climatique, aux effets imprévisibles, pourrait ramener des sécheresses plus aiguës, d'autant que les émissions de gaz à effet de serre excèdent désormais les capacités naturelles de séquestration du carbone.
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