Finale CAN 2025 : voici notre analyse exclusive de la décision en appel
Au cœur d’une controverse médiatique et désormais d’un recours devant le TAS, la décision de la CAF devrait s'appuyer sur une lecture stricte des règlements en vigueur. Médias24 en reconstitue, en exclusivité, les grandes lignes.
Le 17 mars 2026, le jury d'appel de la CAF révélait son verdict par communiqué : victoire du Maroc sur tapis vert (3-0), annulation de la décision disciplinaire initiale et reconnaissance d’une violation des règlements par le Sénégal. Une sentence rendue sans motivations détaillées.
Depuis, le dossier a pris une autre dimension. La Fédération sénégalaise de football (FSF) a saisi, le 25 mars, le Tribunal arbitral du sport (TAS), contestant une décision qui a suscité une forte polarisation dans les médias et sur les réseaux, où le débat déborde du cadre juridique pour glisser vers des registres plus émotionnels et partisans.
Mais un élément central manque jusqu’ici : les motivations officielles et complètes de la décision.
Médias24 a pu, à partir du prononcé de la CAF annonçant la décision d’appel couplé aux indiscrétions non officielles de la procédure et d’une fine lecture juridique, reconstituer ce que seront vraisemblablement les motivations.
Une observation préliminaire s’en dégage : le jury d’appel a probablement ancré son raisonnement juridique sur une question décisive – que vaut une sortie de terrain en plein match –, en validant la lecture portée par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et son équipe juridique. En effet, l’argument sénégalais, c’est que le match a repris et que cette reprise a en quelque sorte effacé la sortie du terrain. La sentence d’appel signifie que cet argument a été écarté.
Une séquence décisive en fin de match
Les faits sont connus, mais leur qualification juridique ne l’était pas. Le 18 janvier 2026, lors de la finale disputée à Rabat, un penalty est accordé au Maroc après intervention de la VAR. La décision provoque une contestation.
Les joueurs sénégalais quittent alors le terrain sur instruction de leur encadrement, interrompant la rencontre avant de revenir quelques minutes plus tard. Le match reprendra et ira à son terme. C’est cette séquence qui structure toute la décision.
Si, comme nous le pensons, le jury d’appel s’en tient au texte, il lui suffira de rappeler que l’article 82 du règlement de la CAN vise le cas où une équipe "refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre".
Avec une interprétation stricte, en se fondant sur l’acte matériel de quitter la surface de jeu, sans considération pour sa durée ou son intention, la commission dispose, dans les textes, d’un fondement légal robuste pour débouter le Sénégal.
Dans cette logique, le débat ne porte ni sur la durée de l’interruption ni sur l’issue du match. Le raisonnement est direct : "Le retour ultérieur sur le terrain ne peut effacer rétroactivement l’infraction déjà consommée". Autrement dit, l’infraction est constituée au moment même où l’équipe quitte le terrain. Que le match se poursuive ou pas.
Une lecture stricte qui écarte toute notion de "retrait temporaire"
C’est sur ce point que la décision d’appel rompt avec la première analyse. Le jury disciplinaire avait conditionné l’application de l’article 82 à l’existence d’un abandon définitif du match, introduisant une notion de retrait durable. Une lecture écartée sans ambiguïté.
La disposition ne comporte aucune exigence de caractère définitif, constate-t-on à la lecture des textes. L’infraction s’est en effet cristallisée au moment où l’équipe a quitté le terrain avant la fin du match sans autorisation. Autrement dit, le texte vise le fait de quitter le terrain – et non un retrait prolongé ou irréversible.
L’argument tiré de la reprise du match est ainsi rejeté. La défense sénégalaise soutenait que la décision de l’arbitre de faire reprendre le jeu neutralisait toute sanction ultérieure. La réponse tient en opérant une distinction importante : il ne s’agit pas de rejuger a posteriori l’opportunité de la décision arbitrale, mais d’examiner les conséquences juridiques du comportement litigieux.
Le point en débat est ainsi non pas une contestation prohibée d’une pure question de fait relevant du terrain, mais la conséquence juridique découlant de ce comportement.
En clair, l’arbitre garde la main sur le match en temps réel, mais cela n’exclut pas un contrôle disciplinaire a posteriori.
Le Maroc a continué le match, mais n'a pas renoncé à ses droits
Dans le même sens et dans la même logique, l’argument selon lequel le Maroc aurait accepté le résultat en poursuivant la rencontre devient caduc. Le fait que le Maroc ait disputé la rencontre jusqu’au coup de sifflet final ne constitue pas une renonciation à se prévaloir des règles applicables.
C’est par ce cheminement, selon notre analyse, que la CAF a retenu une interprétation stricte des textes, en faisant primer le fait matériel – la sortie du terrain – sur le déroulement ultérieur du match. C’est probablement cette lecture que le TAS devra examiner.
EXCLUSIF. Finale CAN 2025. Pourquoi la CAF a sanctionné le Sénégal
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