Malgré la guerre au Moyen-Orient, S&P maintient la note “BBB-” du Maroc
L’agence anticipe une croissance moyenne de 4,4 % sur les prochaines années, portée par le rebond agricole et un tourisme record, tout en pointant une forte exposition aux importations d’énergie.
L’agence de notation S&P Global Ratings a confirmé vendredi 27 mars 2026 la note souveraine du Maroc à “BBB- / A-3” avec perspective stable, estimant que le Royaume dispose de marges de manœuvre suffisantes pour absorber les chocs externes, malgré un environnement international marqué par de fortes incertitudes.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui exposent l’économie marocaine à plusieurs canaux de transmission, notamment via la hausse des prix de l’énergie, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et le ralentissement potentiel de ses principaux partenaires commerciaux, en particulier européens.
L’agence souligne toutefois la résilience de l’économie marocaine, soutenue par des réformes structurelles engagées ces dernières années, une diversification progressive de l’activité et une amélioration des finances publiques. Elle anticipe une croissance moyenne du produit intérieur brut (PIB) réel de 4,4 % sur la période 2026-2029, après une performance supérieure aux attentes en 2025.
Cette dynamique devrait être portée à court terme par le rebond du secteur agricole, favorisé par une nette amélioration des réserves hydriques, ainsi que par la poursuite de la croissance du tourisme, qui a atteint près de 20 millions de visiteurs en 2025, générant des recettes équivalentes à environ 8 % du PIB.
Les investissements dans les infrastructures, notamment en vue de la Coupe du monde de football 2030, ainsi que dans les secteurs industriel, énergétique et logistique, devraient également soutenir l’activité.
Malgré ces perspectives, S&P Global Ratings met en garde contre plusieurs facteurs de vulnérabilité. Le Maroc reste fortement dépendant des importations d’hydrocarbures, qui représentent plus de 90 % de ses besoins énergétiques, l’exposant directement aux tensions inflationnistes liées aux prix du pétrole et du gaz.
Les perturbations potentielles des routes commerciales, notamment autour du détroit d’Ormuz, pourraient également affecter l’approvisionnement en soufre, un intrant essentiel pour la production d’engrais. Ce risque est d’autant plus stratégique que les phosphates et dérivés représentent plus de 20 % des exportations marocaines.
Sur le plan externe, l’agence prévoit un déficit courant modéré, autour de 2,4 % du PIB en moyenne, soutenu par les performances à l’export (tourisme, industrie, phosphates) et les transferts des Marocains résidant à l’étranger.
Les réserves en devises, proches de 50 milliards de dollars, soit environ six mois d’importations, constituent un amortisseur important, renforcé par une ligne de crédit flexible du Fonds monétaire international (FMI) de 4,5 milliards de dollars obtenue en 2025.
Sur le plan budgétaire, S&P Global Ratings anticipe une réduction progressive du déficit vers 3 % du PIB, portée par les réformes fiscales et l’élargissement de l’assiette.
Cependant, cette trajectoire pourrait être ralentie par les dépenses liées aux investissements publics, aux politiques sociales et aux mesures de soutien face à l’inflation, notamment dans les secteurs sensibles comme le transport.
La dette publique reste contenue et bénéficie d’un profil favorable, avec une maturité moyenne d’environ huit ans et une exposition limitée aux risques de change.
L’agence souligne enfin que plusieurs fragilités structurelles demeurent, notamment un taux de chômage encore élevé (autour de 13 %), des disparités territoriales importantes et un secteur informel significatif.
Le gouvernement a engagé des réformes visant à ramener le chômage à 9 % d’ici 2030, en misant sur l’éducation, la formation, le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) et l’extension de la protection sociale, déjà élargie à 25 millions de bénéficiaires.
La perspective stable reflète, selon l’agence, un équilibre entre les progrès réalisés en matière de réformes et les incertitudes liées au contexte international.
Une dégradation de la note pourrait intervenir en cas de détérioration significative des finances publiques ou de la position extérieure, tandis qu’une amélioration dépendrait d’une accélération de la croissance et de nouvelles avancées vers un régime de change plus flexible.
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