Transport rural : le CESE alerte sur les défis et plaide pour un plan intégré et durable
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle à l’élaboration d’un plan intégré et durable du transport en milieu rural, afin d’en faire un levier de développement territorial et d’accès équitable aux services essentiels. Son nouvel avis souligne les disparités persistantes et les contraintes structurelles qui continuent de freiner la mobilité des populations rurales.
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a tenu, mercredi 25 mars 2026, une rencontre consacrée à la présentation des principales conclusions de son avis intitulé "Vers un transport rural inclusif, durable et résilient au service des populations et des territoires".
Élaboré dans le cadre d’une auto-saisine, ce document met en évidence l’importance stratégique des enjeux liés à la mobilité en milieu rural, dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la régionalisation avancée et le renforcement de la gouvernance territoriale. Le monde rural couvre plus de 90 % du territoire national et abrite près de 13,7 millions d’habitants, soit 37,2 % de la population totale.
Dans son allocution, le président du CESE, Abdelkader Amara, a souligné que des transports sûrs et durables constituent un levier déterminant pour le développement des zones rurales et l’accès des populations aux services essentiels, notamment l’éducation, la santé, l’emploi ou encore le logement. Il a rappelé que les programmes de désenclavement ont permis d’améliorer le taux d’accessibilité à une route praticable toute l’année, passé de 54 % en 2005 à 81 % en 2022. Toutefois, des disparités persistent, en particulier dans les zones montagneuses ou à habitat dispersé, où subsistent des situations d’isolement liées notamment à la dégradation des routes non classées et au manque d’entretien durable.
Pour sa part, le rapporteur du thème, Abdelhai Bessa, a mis en avant les contraintes structurelles qui continuent d’affecter le transport rural. Celles-ci concernent notamment l’absence d’un cadre normatif spécifique, le vieillissement du parc de transport mixte, la faible couverture des taxis et des bus dans certaines zones, les limites du transport scolaire et sanitaire, ainsi que le caractère informel et précaire de certaines activités, conjugué à une insuffisance des mesures de sécurité routière.
À la lumière de ce diagnostic, le CESE plaide pour l’élaboration d’un plan intégré et durable du transport rural, appelé à constituer un axe structurant de la future Charte nationale pour la mobilité durable à l’horizon 2035. Ce plan devrait tenir compte des spécificités territoriales et des différents modes de déplacement propres au monde rural.
Parmi les principales recommandations formulées figurent la modernisation du réseau routier rural, le classement progressif des routes non classées, le renforcement de la sécurité des usagers, la mise en place de mécanismes de financement pérennes pour l’entretien des infrastructures, ainsi que l’intégration de solutions technologiques innovantes et durables. Le Conseil appelle également à une digitalisation accrue des services de mobilité et à la promotion d’une offre de transport adaptée aux réalités géographiques et socio-économiques des territoires ruraux.
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