Iran-polisario : l’alerte d’un ex-émissaire américain sur une menace aux portes de l’Europe
Dans une analyse percutante, Jason D. Greenblatt, ancien émissaire de la Maison-Blanche, lève un nouveau voile sur la stratégie d'infiltration de Téhéran en Afrique du Nord. En s'appuyant sur les milices du polisario, l'Iran cherche à répliquer le modèle du Hezbollah au Maghreb, menaçant non seulement l'intégrité territoriale du Royaume, mais aussi la sécurité de ses alliés occidentaux.
L’ancien émissaire américain pour le Moyen-Orient, Jason D. Greenblatt, met en garde contre un renforcement de l’influence iranienne en Afrique du Nord, estimant que Téhéran s’appuie désormais sur le polisario comme un "proxy" pour étendre ses capacités d’action aux portes de l’Europe.
Une mise en garde sur l’influence iranienne
Dans une analyse publiée le 17 mars sur le site d’information international Semafor, M. Greenblatt, architecte des accords d’Abraham, affirme que la stratégie iranienne consiste à soutenir des mouvements séparatistes afin de les transformer en acteurs armés capables de déstabiliser des régions entières.
Selon lui, ce schéma, déjà observé au Liban avec le Hezbollah ou au Yémen avec les Houthis, pourrait se reproduire en Afrique du Nord. "Le monde a déjà vu où mène cette stratégie au Liban et au Yémen", souligne-t-il, estimant que le polisario est en passe de devenir un instrument de déstabilisation régionale au service de Téhéran.
L’Iran chercherait ainsi, selon cette analyse, à transformer un différend territorial en un foyer de "terrorisme transcontinental", notamment à travers la fourniture de drones, de formations militaires et de soutien logistique, parfois via le Hezbollah.
Un texte déposé au Congrès américain
Cette mise en garde intervient quelques jours après l’introduction, le 13 mars, au Congrès américain, d’un projet de loi porté par les sénateurs républicains Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott.
Intitulé Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026, ce texte demande au secrétaire d’État d’examiner une éventuelle désignation du Polisario comme organisation terroriste, dans le cas où des liens avec des groupes iraniens déjà inscrits sur les listes américaines seraient établis.
Le Sahara dans un contexte géopolitique plus large
Pour M. Greenblatt, ces évolutions s’inscrivent dans un contexte géopolitique marqué par la reconnaissance, en 2020, par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, ainsi que par l’adhésion du Royaume aux accords d’Abraham, qui ont renforcé son positionnement comme acteur de stabilité et de coopération sécuritaire.
L’ancien responsable américain estime que ce rôle accru fait du Maroc une cible pour Téhéran, qui chercherait à affaiblir l’un des partenaires les plus fiables de Washington et à compromettre les efforts de normalisation régionale.
Un appel à la vigilance internationale
Selon lui, l’absence de désignation formelle du Polisario comme organisation terroriste par certaines instances internationales "ne diminue en rien sa dangerosité". Le mouvement, affirme-t-il, ne se limiterait plus à des revendications politiques, mais agirait désormais comme une milice sous influence étrangère, susceptible de menacer la sécurité du Maroc ainsi que celle de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée.
"Miner le Maroc, c’est miner les intérêts américains", insiste M. Greenblatt, appelant à une prise de conscience internationale face à ce qu’il décrit comme une nouvelle forme de guerre hybride menée par l’Iran contre les alliés occidentaux.
Il met également en garde contre les conséquences d’un éventuel attentisme de la communauté internationale, rappelant que des situations similaires au Liban et au Yémen ont conduit à des formes durables de déstabilisation. Pour lui, la défense de l’intégrité territoriale du Maroc s’inscrit dans un enjeu plus large de stabilité régionale et internationale.
Dans ce contexte, conclut-il, ignorer les liens présumés entre le polisario et l’Iran constituerait une "erreur stratégique majeure" aux conséquences potentiellement étendues.
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