img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
EDITOS

CAN : une décision historique, mais un goût d'inachevé

La CAF a tranché : le Maroc est champion d’Afrique. Une décision juridiquement fondée, qui consacre le respect des règles, mais qui laisse un goût d’inachevé. Parce que deux mois après, le sacre ne se célèbre plus de la même manière, et la finale, marquée par les incidents, a en partie éclipsé la fête que le football africain méritait.

CAN : une décision historique, mais un goût d'inachevé
Par
Le 18 mars 2026 à 15h39 | Modifié 18 mars 2026 à 18h09

La décision rendue mardi soir par le jury disciplinaire d’appel de la CAF, consacrant le Maroc champion d’Afrique, restera comme l’un des tournants les plus marquants de l’histoire du football continental, sauf si le TAS en décide autrement.

Valeur d'aujourd'hui, rares sont les cas où un titre majeur se joue, non plus sur le terrain, mais dans l’interprétation rigoureuse des règles qui encadrent ce sport. Et ce n'est que justice.

D’abord, il convient de rappeler l’essentiel : le Maroc et le Sénégal sont deux nations sœurs, liées par des siècles d’histoire, de culture et de respect mutuel. Cette fraternité ne saurait être altérée par un contentieux sportif, aussi exceptionnel soit-il. C’est précisément parce que ce lien est profond que s'imposent aujourd’hui retenue, lucidité et hauteur de vue. Il faut rester dans le rationnel.

Sur le plan strictement juridique, la décision de la CAF s’inscrit dans le cadre de ses règlements. Le jury disciplinaire a appliqué les textes, rien que les textes. Des textes qui auraient dû prévaloir pendant le match et, ensuite, lors de l'examen de l'affaire en premier ressort.

En sanctionnant un retrait du terrain dont le caractère volontaire est démontré par les vidéos et les déclarations du Sénégal, la Cour d'appel a fait prévaloir la loi du football. Elle a ainsi donné au Maroc un titre que l’issue chaotique de la finale lui avait, en apparence, refusé.

Si cette décision consacre le droit et la justice, si elle consacre un champion, elle ne répare qu’imparfaitement le préjudice subi.

Au-delà du verdict, c’est bien la fête du football africain qui a été gâchée. Les incidents volontairement orchestrés, les tensions créées de toute pièce bien avant le match et la rupture du jeu ont privé le public, les joueurs et tout un continent d’un moment d’unité et de célébration.

Une fête confisquée

Le Maroc, en particulier, a été privé de sa fête. Un titre se vit dans l’instant : il se célèbre dans la ferveur du coup de sifflet final, dans l’émotion partagée entre joueurs et supporters, dans l’élan d’un peuple rassemblé. Ces émotions heureuses et partagées, le Maroc en a été privé. Deux mois plus tard, cette émotion ne peut être recréée. Le sacre est officiel, mais il est privé de son souffle. Il y a là une forme d’injustice, celle d’un titre reconnu sans avoir été pleinement vécu.

Au-delà même du résultat, c’est aussi l'événement qui a été impacté. Cette CAN a été marquée par des efforts d’organisation inédits, des infrastructures de classe mondiale et une montée en puissance du football africain sur la scène internationale. La finale devait en être l’apothéose. Elle s’est transformée en rupture. Par la tournure qu’elle a prise, elle a partiellement éclipsé ce qui aurait dû rester au premier plan : la réussite d’un tournoi et l’image d'un pays et d’un continent capables d’organiser de grandes compétitions dans les meilleures conditions.

Et si le monde entier s’intéresse tant à cette CAN et a les yeux rivés sur cette finale et cette coupe, c'est grâce au Maroc.

Aucune autre Coupe d'Afrique des nations n'a bénéficié d'une telle visibilité, d'une audience aussi vaste et d'une aura comparable.

Ce n'est pas en raison de la réussite de l'organisation de la compétition par le Maroc qu'il devait la gagner. Il aurait dû remporter cette coupe, car son équipe nationale s'est battue sur le terrain. Elle s'est défendue et n'a pas démérité. Et parce que l'adversaire a fait preuve de  mauvaise foi et de comportements antisportifs.

C'est pour cela qu'il est essentiel qu’une décision soit prise. Le football, comme tout ordre institutionnel, repose sur des règles. Et ces règles n’ont de valeur que si elles sont appliquées avec constance. En ce sens, la sanction prononcée par la CAF crée une forme de jurisprudence. Elle envoie un message clair : aucun contexte, aucune pression, aucune émotion ne saurait justifier de s’affranchir des lois du jeu.

Ce scénario n’est pas totalement inédit pour le football marocain. On se souvient de la finale de Ligue des champions africaine ayant opposé le Wydad de Casablanca à l’Espérance de Tunis, où un titre célébré sur le terrain avait été ensuite retiré par décision des instances. Le WAC avait été célébré et désigné comme vainqueur. Mais le titre lui a été retiré par la suite. Cet événement qui a impacté un club marocain permet aussi de comprendre la réaction des supporters sénégalais.

Au Sénégal, justement, les réactions sont pour beaucoup empreintes d’émotion – ce qui est humain. Perdre un titre de cette manière est une épreuve difficile. Toutefois, à ce stade, les arguments avancés dans l’espace public semblent davantage relever de l’affect que d’une contestation juridique structurée. Le débat, pour être utile, devra désormais se déplacer sur le terrain du droit, notamment devant le Tribunal arbitral du sport si un recours est engagé par le Sénégal.

Légalité et légitimité

En définitive, le Maroc a remporté ce titre par la voie de la légalité. Reste désormais à en construire la légitimité dans les esprits, dans les différentes opinions publiques.

Tout le monde, vainqueur et vaincu, doit faire preuve de respect et de mesure. Car au-delà d’un trophée, c’est aussi l’image du football africain qui se joue. Sur les réseaux sociaux, les attaques diffamatoires et ignobles, parfois coordonnées, contre le Maroc, se multiplient depuis l'annonce du verdict.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 18 mars 2026 à 15h39

à lire aussi

Delta Holding : un début d’année 2026 marqué par une légère progression de l’activité
Résultats trimestriels

Article : Delta Holding : un début d’année 2026 marqué par une légère progression de l’activité

Delta Holding a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 599 MDH à fin mars 2026, en progression de 3% sur un an. Les investissements sont restés stables à 16 MDH, alors que l’endettement financier brut a légèrement reculé de 2% à 166 MDH. Le groupe continue également d’afficher une trésorerie nette positive de 371 MDH.

Météo de ce mercredi 20 mai
Les prévisions quotidiennes

Article : Météo de ce mercredi 20 mai

Voici les prévisions météorologiques pour le mercredi 20 mai 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM) : - Hausse des températures avec […]

Réforme de la profession d’avocat : la Chambre des représentants adopte le projet de loi 66.23
DROIT

Article : Réforme de la profession d’avocat : la Chambre des représentants adopte le projet de loi 66.23

La Chambre des représentants a adopté le projet de loi n°66.23 relatif à la profession d’avocat, introduisant un nouveau système d’accès basé sur le concours et la formation renforcée, tout en consolidant l’immunité de la défense et la représentativité des femmes. Présenté par Abdellatif Ouahbi comme une étape clé de la réforme judiciaire, le texte est soutenu par la majorité, tandis que l’opposition met en garde contre un encadrement jugé excessif de la profession.

Ovins. À quelques jours de Aïd al-Adha, les opérations de contrôle vont-elles vraiment maîtriser le marché ?
AGRICULTURE

Article : Ovins. À quelques jours de Aïd al-Adha, les opérations de contrôle vont-elles vraiment maîtriser le marché ?

Au lendemain des mesures provisoires annoncées par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch à l’approche de l'Aïd, les autorités ont intensifié les opérations de contrôle dans les souks de Casablanca. Vérification de l’état sanitaire des moutons, identification des vendeurs et interdiction des ventes hors marchés autorisés figurent parmi les principales mesures appliquées.

Mercredi 20 mai 2026 : le dirham se déprécie face au dollar
Marché de change

Article : Mercredi 20 mai 2026 : le dirham se déprécie face au dollar

Ce mercredi 20 mai 2026, vers 8 h 30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait […]

Équipe nationale. Mohamed Ouahbi confirme son engagement jusqu’en 2030
Mondial2026

Article : Équipe nationale. Mohamed Ouahbi confirme son engagement jusqu’en 2030

Dans un entretien accordé à beIN Sports, le sélectionneur national a finalement accepté d’évoquer la durée de son contrat avec la Fédération royale marocaine de football, indiquant qu’il courait jusqu’en 2030. Un poste dont il est fier et qu’il estime s’inscrire dans la logique de son évolution de carrière, notamment après son titre de champion du monde avec les U20.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité