Football. Achraf Hakimi en quête de rythme
Moins tranchant depuis son retour d’une blessure à la cheville gauche, Achraf Hakimi traverse une période plus délicate. Entre difficultés à retrouver le rythme et apport statistique en recul, le latéral du Paris Saint-Germain peine encore à retrouver l’influence qui faisait sa force la saison passée.
Alors comme ça, on peut devenir le défenseur qui a réalisé le plus de passes décisives de l’histoire du Paris Saint-Germain sans être dans la forme de sa vie ? C’est pourtant la situation actuelle d’Achraf Hakimi.
De retour d’une blessure à la cheville gauche contractée début novembre, le latéral droit marocain n’a pourtant pas encore retrouvé toute son influence sur le jeu du champion d’Europe.
Après plusieurs semaines d’absence, puis une Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 disputée et perdue en finale avec les Lions de l’Atlas contre le Sénégal (0-1), le droitier de 27 ans enchaîne désormais les rencontres pour tenter de retrouver ses sensations sous les couleurs du PSG.
Le moment est d’ailleurs charnière pour le club de la capitale. Ce mercredi 11 mars (20h), les hommes de Luis Enrique accueillent au Parc des Princes Chelsea, en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions.
Une affiche qui donnera le ton de la fin de saison des tenants du titre, qui n’ont plus que la LDC et le championnat, après avoir été éliminés en Coupe de France.
Les Parisiens auront donc besoin d’un grand Hakimi, capable de peser offensivement comme il en avait l’habitude ces dernières saisons. Sauf que pour l’instant, les prestations du ballon d’or africain 2025 sont en dents de scie.

Des statistiques en léger recul
Les chiffres illustrent d’ailleurs cette période plus compliquée où le capitaine de l’équipe nationale est loin de ses standards habituels.
Lors de la saison 2024-2025, Hakimi imprimait sa patte sur l’animation offensive de son équipe (0,18 but et 0,22 passe décisive par 90 minutes). Sur l’exercice 2025-2026, ces statistiques ont légèrement diminué (0,13 but et 0,19 passe décisive par 90 minutes).
Cela est certainement dû à une présence moins importante dans la zone de vérité. Le nombre de ballons touchés dans la surface adverse est passé de 3,1 à 2,8, tandis que la précision de ses tirs a chuté de 42,7 % à 33,9 %.
Des indicateurs qui confirment l’impression visuelle d’un joueur un peu moins tranchant dans les derniers mètres.
Achraf Hakimi est aussi nettement moins provocateur balle au pied. Son volume de dribbles est passé de 2,5 à 1,7 dribbles tentés par 90 minutes, même si son taux de réussite progresse légèrement.
Dans le même temps, ses passes dans les 30 mètres adverses sont en baisse (6,9 contre 6,1), signe d’une influence offensive un peu moins marquée dans le camp adverse.
Une activité défensive moins importante
La déclinaison des statistiques du joueur de 27 ans est encore plus visible dans certaines catégories statistiques défensives.
Son nombre de duels disputés est passé de 15 à 11,4 par match, tandis que les duels défensifs ont reculé de 6,1 à 4,2. Ses interceptions ont également chuté de 3,4 à 1,1, tout comme ses récupérations de balle, passées de 8 à 5,6.
Ces chiffres ne signifient pas nécessairement un effondrement technique ou physique. Achraf Hakimi n’a pas perdu son talent du jour au lendemain, à cause d’une torsion à la cheville ou à une désillusion en finale de la CAN.
Il s’agit plutôt d’un volume d’activité global moins élevé, logique pour un joueur qui sort d’une longue période d’arrêt. Certains indicateurs de performances restent d’ailleurs stables, voire légèrement en progrès.
Le taux de réussite dans les duels défensifs est passé de 61,2 % à 65 %, tandis que son pourcentage de centres réussis a progressé.
Mais l’impression générale indique que le Marocain est plus prudent dans ses projections et prend globalement moins de risques.
Cette période plus délicate n’a pourtant rien d’illogique. "Blessé début novembre, Hakimi avait choisi d’éviter l’opération pour privilégier un long travail de réathlétisation afin d’être prêt pour la CAN 2025", explique à Médias24 un membre du staff médical de l’équipe nationale.
Son désormais ancien sélectionneur, Walid Regragui, expliquait d’ailleurs récemment que son joueur s’était "sacrifié pendant quatre à cinq semaines pour le pays" afin de pouvoir disputer la compétition.

Une période de transition
Entre la blessure, l’enchaînement des matches et la déception de la finale perdue, Hakimi est donc revenu à Paris avec une fatigue physique mais aussi émotionnelle. Un paramètre qui peut logiquement peser sur ses performances dans les semaines qui suivent.
Du côté du club parisien, l’inquiétude reste mesurée. L’entraîneur du PSG, Luis Enrique, rappelait dans une conférence de presse que son joueur se trouvait dans une "condition normale" et qu’il avait simplement besoin d’enchaîner les rencontres pour retrouver son meilleur niveau.
Pour le technicien espagnol, Hakimi reste l’un des éléments majeurs de son système, notamment grâce à sa capacité à répéter les courses à haute intensité et à apporter constamment le surnombre sur le flanc droit mais aussi à l’intérieur du jeu et dans le demi-espace.
Les prochaines semaines permettront donc d’évaluer sa véritable montée en puissance. Les échéances européennes pourraient notamment servir de révélateur.
Enfin, cette période intervient également dans un contexte personnel particulier pour le joueur. Depuis plusieurs mois, Hakimi fait face à des ennuis judiciaires dont il se serait bien passé.
Une situation forcément délicate qui a certainement un impact psychologique sur les performances d’un sportif de haut niveau. À la lumière de ces éléments, il paraît évident que la période actuelle traversée par Achraf Hakimi est transitoire.
Reste désormais à savoir si le latéral marocain retrouvera rapidement l’explosivité et l’influence qui faisaient de lui, ces dernières saisons, l’un des joueurs les plus déterminants du Paris Saint-Germain. Le rendez-vous européen face à Chelsea pourrait déjà apporter un premier élément de réponse.
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