img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Football

Équipe nationale. Les défis qui attendent Mohamed Ouahbi

Nommé dans l’urgence à la tête des Lions de l’Atlas, Mohamed Ouahbi hérite d’une équipe talentueuse mais fragile. Entre rajeunissement de l’effectif, adaptation tactique et gestion de la pression médiatique, le nouveau sélectionneur devra rapidement poser ses marques pour préparer la Coupe du monde 2026.

Mohamed Ouahbi face aux défis de l’équipe nationale du Maroc
Chady Chaabi
Le 9 mars 2026 à 15h56 | Modifié 10 mars 2026 à 10h32

Finalement, on ne saura jamais si Walid Regragui était en capacité de réitérer l’exploit du Mondial 2022 ou du moins de s’en approcher. En revanche, personne n’ignore ce qui attend Mohamed Ouahbi, son successeur.

Désigné sélectionneur national, le jeudi 5 mars au Complexe Mohammed VI de Salé, le champion du monde avec les U20 en septembre 2025 n’a pas tardé à mettre un pied dans la cour des grands.

Mais cette opportunité s’accompagne d’une forte pression et d’importantes responsabilités. En particulier celle d’améliorer les performances des Lions de l’Atlas sur les plans physique et tactique.

Ce ne sera pas une mince affaire pour le technicien marocain, car les axes de progression sont légion :

  • rajeunir le Onze de départ ;
  • disposer d’un groupe homogène qualitativement ; 
  • améliorer les capacités d’adaptation de l’équipe en cours de match ;
  • assainir l’environnement de l’équipe nationale.

Mais avant de parler tactique ou communication, tout part du groupe convoqué. À commencer par les matchs préparatoires de la Coupe du monde 2026, prévus contre l’Équateur, le vendredi 27 mars à Madrid, et le Paraguay, le mardi 31 mars à Lens.

Rajeunissement de l’effectif et du Onze de départ

Quoi qu'il décide, Mohamed Ouahbi fera toujours des déçus. Raison pour laquelle il gagnerait à sélectionner ses joueurs en son âme et conscience, sans céder à la pression populaire ou de toute autre nature.

Cela dit, le rajeunissement de l’effectif, et surtout du Onze de départ, devra être une de ses priorités.

Rappelons que lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, le groupe marocain avait la 12e moyenne d’âge sur 24 équipes (27,6 ans), une statistique proche de celle du Onze de départ lors des quatre matchs de la phase finale (27,5 ans).

Cette donnée a sans doute eu un impact sur la condition physique générale du groupe. Les joueurs paraissaient émoussés au fur et à mesure que la CAN avançait. 

D’autant que le banc, qui comptait plusieurs jeunes joueurs de très haut niveau, à l’image de Chems Eddine Talbi, Ilias Akhomach, Anas Salah-Eddine ou encore Abdelhamid Ait Boudlal, n’a quasiment pas été sollicité.

Ce qui nous amène au deuxième défi de Mohamed Ouahbi. À savoir, créer un groupe qualitativement homogène, composé de joueurs en pleine possession de leurs moyens.

En assurant que "ce sera le meilleur et celui qui est le plus en forme qui jouera", le nouveau sélectionneur a mis le doigt sur un des problèmes de l’équipe nationale depuis le Mondial 2022. 

Et notamment cette tendance à faire confiance à des joueurs en méforme ou de retour de blessure en raison de leur statut en équipe nationale.

Le retour de la méritocratie ?

C’est ainsi que Romain Saïss avait précipité la défaite de l’équipe nationale en demi-finale du Mondial 2022 face à la France, jouant malgré sa blessure le temps d’encaisser l’ouverture du score avant de sortir. 

Noussair Mazraoui, lui, avait été lancé en huitièmes de finale de la CAN 2023, alors qu’il n’avait pas foulé une pelouse depuis plus d’un mois. 

Sofyan Amrabat était présent dans le groupe de la CAN 2024, malgré une blessure à la cheville. Sans surprise, après les deux premières rencontres, il n’est plus revenu sur le terrain. 

Pareil pour Romain Saïss, qui s’était claqué à la cuisse dès sa première accélération de la compétition. Sans oublier Achraf Hakimi qui était à des années-lumière de son niveau habituel.

Bref, vous l’aurez compris, à l’époque de Walid Regragui, certaines décisions semblaient guidées par le passé des joueurs plutôt que par leur état présent.

Maintenant, Mohamed Ouahbi devra composer un groupe où chaque international sera sélectionné pour sa forme et sa capacité à répondre présent sur le terrain. Les jeunes talents devront être pleinement intégrés afin de chercher un souffle nouveau et de la créativité là où l’expérience seule ne suffisait plus.

Le nouveau sélectionneur devra également s’assurer que la préparation physique suit le rythme des exigences internationales. Les Lions de l’Atlas devront pouvoir tenir un rythme élevé pendant 90 minutes, surtout sur la durée des compétitions majeures, sans que la fatigue ne vienne entamer leur efficacité.

Plus important encore, l’équipe nationale devra améliorer sa capacité d’adaptation aux adversaires. 

Une meilleure lecture tactique du match

Jusqu’à présent, quasiment à chaque fois que le Maroc concédait l’ouverture du score contre une grosse équipe, il ne parvenait jamais à renverser la situation. 

Ce fut le cas en demi-finale contre la France lors du Mondial 2022, puis contre la Croatie lors de la petite finale. Quelques mois plus tard, c’est l’Afrique du Sud qui avait eu le scalp de l’équipe nationale, d’abord lors d’un match amical puis en huitième de finale de la CAN 2023. 

Et bien que la finale de la CAN 2025 ait été particulière à plus d’un titre, le Maroc n’a pas réussi à revenir au score, tandis que le staff technique restait sans solution face aux nombreux changements tactiques opérés par les Sénégalais, dont un passage à cinq derrière qui a déstabilisé les Lions de l’Atlas.

Enfin, la communication est un chantier d’une grande importance. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Mohamed Ouahbi a mal lancé son mandat sur ce plan. 

Toujours tendues et rarement légères, les conférences de presse de Walid Regragui sentaient le soufre ces deux dernières années. Si les questions sur la qualité de jeu de son équipe pouvaient l’agacer, le désormais ex-sélectionneur nourrissait la défiance de certains médias à son égard, en raison de ses contradictions et de son manque de pédagogie.

Mohamed Ouahbi, lui, a lancé son mandat par des phrases creuses, sans réellement répondre à la question cruciale concernant la durée de son contrat, malgré plusieurs relances. 

Ce début hésitant ne fait qu’ajouter une couche de pression sur le nouveau sélectionneur, déjà confronté à la gestion du groupe, à l’aspect tactique et à la préparation physique.

Les matchs amicaux face à l’Équateur et au Paraguay constitueront donc un premier test concret pour Mohamed Ouahbi. 

Au-delà des résultats, il s’agira surtout d’observer comment le technicien marocain parvient à faire cohabiter jeunesse et expérience, à poser les bases d’une équipe capable de briller à la Coupe du Monde 2026.

Sans oublier de rétablir une communication crédible avec les médias et l’opinion publique.

Équipe nationale. Mohamed Ouahbi, un pari risqué ?

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Chady Chaabi
Le 9 mars 2026 à 15h56

à lire aussi

Sebta et Melilia : un rapport militaire espagnol alerte sur la montée en puissance du Nord marocain
INTERNATIONAL

Article : Sebta et Melilia : un rapport militaire espagnol alerte sur la montée en puissance du Nord marocain

Dans son "Cahier de stratégie" n° 234, le ministère espagnol de la Défense analyse les effets de Tanger Med, de Nador West Med et des nouvelles infrastructures marocaines sur l’équilibre stratégique du détroit. Derrière les considérations portuaires, le document révèle surtout les inquiétudes de Madrid autour du devenir de Sebta et Melilia dans un environnement régional en pleine recomposition.

Engrais : pourquoi le nouveau plan européen ne menace pas le Maroc
AGRICULTURE

Article : Engrais : pourquoi le nouveau plan européen ne menace pas le Maroc

Pour réduire sa dépendance aux importations et sécuriser sa souveraineté alimentaire, la Commission européenne a adopté, le 19 mai 2026, un plan d'action sur les engrais misant sur les fertilisants biosourcés et bas carbone à la place des engrais chimiques. Voici ce qu’il faut savoir sur cette mise à jour et sur ses implications pour notre pays.

Condamnation à 3 ans de prison pour un Émirati ayant incité au mariage de mineures au Maroc
Quoi de neuf

Article : Condamnation à 3 ans de prison pour un Émirati ayant incité au mariage de mineures au Maroc

L’homme ayant diffusé sur les réseaux sociaux des contenus incitant au mariage de mineures au Maroc a été condamné à trois ans de prison et à une amende de cinq millions de dirhams.

Stationnement à Casablanca. Les détails du grand coup de balai que prépare la ville
SOCIETE

Article : Stationnement à Casablanca. Les détails du grand coup de balai que prépare la ville

Le stationnement continue de souffrir d’une gestion jugée anarchique à Casablanca. Pour améliorer ce service, la commune avance progressivement vers une délégation du secteur à un opérateur spécialisé. Ce que l'on sait.

UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir
EDUCATION

Article : UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir

Formation médicale immersive, hôpital de haute technologie, recherche biomédicale et incubateur de start-up santé… À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) déploie un écosystème hospitalo-universitaire intégré, articulé autour des soins, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai
Quoi de neuf

Article : Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai

La DGSN a prolongé ses Journées portes ouvertes à Rabat jusqu’aux 23 et 24 mai 2026, en raison de l’engouement du public, afin de permettre aux visiteurs de découvrir ses missions, équipements et actions dans le cadre de sa stratégie de proximité avec les citoyens.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité