361 blocs miniers ouverts : le pari de la résurrection pour Tafilalet-Figuig
Avec l’ouverture à l’exploration de 361 blocs répartis entre Bouarfa, le Tafilalet et Alnif, le ministère de la Transition énergétique relance un district minier historique aux ressources encore largement inexploitées. Portée par les avancées technologiques et la proximité de projets structurants comme Boumadine et Imiter, cette initiative pourrait redessiner la carte minière du Sud-Est et repositionner Tafilalet-Figuig comme pôle stratégique des métaux de base au Maroc.
L’appel à concurrence récemment lancé par le ministère de la Transition énergétique, portant sur 361 blocs d’exploration dans la région minière de Tafilalet-Figuig, ne cible pas des zones vierges. Il s'agit au contraire d'un territoire qui a historiquement constitué l’un des berceaux de l’activité minière marocaine.
Les récentes évolutions technologiques en matière d’exploration permettent d’accroître l’efficacité et la précision de la détection, et offrent l'opportunité de redécouvrir des gisements autrefois jugés peu rentables, en raison de cours des métaux très faibles et de risques jugés trop élevés.
À la lumière de ces avancées, la présence d’indices de minéralisation augmente les chances de découvertes plus importantes, particulièrement au sein d'un district minier bien établi.
Dans le périmètre de Tafilalet-Figuig, si les activités artisanales parviennent à exploiter les ressources de surface, les gisements souterrains profonds demeurent encore largement inexploités.
Sur le plan géographique, les permis objets de l’appel à compétition se répartissent sur trois zones stratégiques : le Haut Atlas oriental (secteur de Figuig), la plaine du Tafilalet (secteur d’Errachidia) et le Tafilalet-Maïder (secteur d’Alnif-Rissani).
L’appel à l’investissement pourrait redonner un nouvel élan à Bouarfa
Le secteur de Bouarfa représente le plus grand ensemble de cet appel à concurrence, totalisant 56 périmètres de 144 km² et 12 blocs de 16 km².

Ce district minier historique, célèbre pour son ancienne mine de manganèse d’Aïn Beida (active jusqu'en 1967), disposait autrefois d'une infrastructure ferroviaire dédiée à l'exportation. À son apogée, la région faisait vivre tout un écosystème minier. Au-delà du manganèse, la région a connu une exploitation soutenue de plomb et de zinc.

L'analyse géographique met en évidence une continuité de minéralisations (plomb, zinc, cuivre) vers l'ouest, notamment au Jbel Boudhhar (Beni Tajjit), qui abrite trois anciens sites plombifères.


Actuellement, la dynamique extractive est maintenue par la mine de barytine de Zelmou. Toutefois, la base de données ministérielle souligne un potentiel de relance majeur avec la présence confirmée de 10 substances minérales, incluant le fer, l’antimoine et les métaux de base (Cu-Pb-Zn), faisant de ce district une zone à fort potentiel pour les investisseurs.

Boumadine, le projet qui pourrait changer d’échelle pour le Tafilalet
La deuxième zone ouverte à la concurrence couvre la plaine du Tafilalet, entre Errachidia et Goulmima. Ce périmètre se compose de 40 blocs d’exploration de 144 km² et de 47 blocs de 16 km². La région abrite de nombreux gîtes de plomb et de zinc sous forme filonienne.

Sa valeur stratégique réside dans son voisinage géologique : elle se situe à seulement 50 km de la mine d’Imiter (premier producteur d’argent du Maroc) et à 30 km au nord du projet minier de Boumadine (Aya Gold & Silver). Ce dernier prévoit la production de concentrés de plomb et de zinc à forte teneur en argent et en or. Même si l’exploitation ne vise pas directement l’or ou l’argent, la présence de ces métaux renforce l’attractivité économique de la zone.
La troisième zone, située dans les environs d’Alnif, affiche un potentiel majoritairement cuprifère, avec des occurrences plus rares de plomb-zinc. Ce secteur jouxte la mine d’Oumejrane, actuellement développée par le groupe minier Ayrad.

La région minière de Tafilalet et Figuig compte environ 1.545 artisans miniers répartis sur 298 sites d'exploitation. La CADETAF commercialise pour le compte de ses artisans environ 5.000 tonnes de plomb et 20.000 tonnes de zinc. Cependant, ce volume de production important ne se reflète pas dans les bénéfices des artisans miniers, faute d’unités de transformation locale capables de créer davantage de valeur.
Dans sa dernière évaluation du secteur minier, l'institut Fraser a classé le Maroc à la 15ᵉ position de son indice d'attractivité des investissements parmi 84 pays. Le Royaume a ainsi gagné trois places par rapport à l'année précédente. Sa meilleure performance reste toutefois la 8ᵉ place, obtenue en 2021.
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