Un palais à Marrakech, l’ultime refuge d’Epstein à 27,7 millions de dollars
Alors que l’étau judiciaire se resserrait sur lui à New York, Jeffrey Epstein jouait ses dernières cartes au Maroc. Une enquête de Reuters, basée sur des documents du Département de la Justice (DOJ) américain, révèle que le financier a tenté frénétiquement d’acquérir un célèbre palais de Marrakech, à peine quelques jours avant son arrestation en juillet 2019.
Il s'appelle "Bin Ennakhil", soit, littéralement, "Au milieu des palmiers". Situé dans l'un des quartiers les plus prisés de Marrakech, ce domaine de 4,6 hectares devait être le nouveau sanctuaire de Jeffrey Epstein.
Mais derrière les murs ocre et les 2.000 palmiers du domaine – qui lui donnent son nom – se cache une opération financière trouble de 27,7 millions de dollars, menée par le courtier américain Charles Schwab, et incluant des virements effectués sans provision.
Un palais de mille et une nuits pour un prédateur en fuite ?
Les détails de la propriété, exhumés des dossiers du DOJ, donnent le vertige. Bin Ennakhil est un véritable monument à la démesure :
- Superficie : plus de six terrains de football (plus grand que le Washington Square Park de New York).
- Architecture : 60 fontaines en marbre, des murs drapés d'or, un spa hammam complet, une piscine extérieure et un jacuzzi.
- Végétation : des centaines d'oliviers et une forêt de palmiers.
Pour Epstein, Marrakech n'était pas un choix de dernière minute. Marc Leon, l'agent immobilier local en charge de la transaction, a confié à Reuters que le financier tentait d'acquérir ce palais depuis 2011. Les négociations sur le prix et les termes s’étaient étirées sur près d'une décennie, avant de s'accélérer brutalement au printemps 2019.
L’offensive financière de juin 2019
Le 26 juin 2019, la société d’Epstein, Southern Trust, ordonne un premier virement de 12,7 millions de dollars vers le compte suisse (chez Julius Baer) de l'agent immobilier Marc Leon. Le lendemain, la transaction est brusquement annulée, Epstein jugeant les conditions de vente "non convenables".
Mais l'urgence semble reprendre le dessus. Le 4 juillet 2019, soit quarante-huit heures avant son arrestation à l'aéroport de Teterboro (New Jersey), Epstein signe personnellement une nouvelle demande de virement de 14,95 millions de dollars. Schwab exécute l'ordre, bien que le compte soit alors techniquement à découvert, le premier virement n'ayant pas encore été recrédité.
Marrakech, un "risque de fuite" pour les autorités
Pourquoi une telle précipitation pour un palais au Maroc ? Dans un rapport d'activité suspecte (SAR) rédigé après l'arrestation, Schwab a admis ses inquiétudes auprès du Trésor américain. La banque craignait qu'Epstein ne cherche à s'établir dans un pays sans traité d'extradition simple, ou qu'il ne représente un "risque de fuite" majeur avant son audience de libération sous caution.
Marc Leon, l'agent de Marrakech, défend aujourd'hui son rôle. "Epstein avait purgé sa peine [pour sa condamnation de 2008]. Rien ne s'opposait à ce qu'il tente d'acheter une propriété au Maroc. Nous ne pouvions pas savoir qu'il continuait ses crimes terribles".
Le dénouement : des signatures dans l'ombre
Même après l'incarcération d'Epstein le 6 juillet, ses associés à Marrakech et aux États-Unis ne semblaient pas avoir abandonné le projet immédiatement. Le 9 juillet, Richard Kahn, le comptable d'Epstein, demandait finalement l'annulation du virement de 14,95 millions. Étrangement, des associés non identifiés posent alors à Schwab la question de savoir si les futurs transferts nécessiteraient toujours deux signatures, suggérant que d'autres fonds devaient encore transiter vers le Maroc.
Epstein ne verra jamais "Bin Ennakhil". En août 2019, il se donne la mort en prison. Avec ses murs dorés et ses jardins d'oliviers, le palais des "mille et une nuits" de Marrakech a, depuis, trouvé un autre acquéreur, fermant ainsi le dernier chapitre marocain de l'un des plus grands scandales financiers et criminels du siècle.
à lire aussi

Article : UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir
Formation médicale immersive, hôpital de haute technologie, recherche biomédicale et incubateur de startups santé… À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) déploie un écosystème hospitalo-universitaire intégré, articulé autour des soins, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Article : Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai
La DGSN a prolongé ses Journées portes ouvertes à Rabat jusqu’aux 23 et 24 mai 2026, en raison de l’engouement du public, afin de permettre aux visiteurs de découvrir ses missions, équipements et actions dans le cadre de sa stratégie de proximité avec les citoyens.

Article : Maroc-France : “Paris va rattraper le temps perdu au Sahara” (source autorisée)
Réunis à Rabat lors de la 2e conférence ministérielle sur le maintien de la paix dans l’espace francophone, le Maroc et la France ont affiché une convergence stratégique sans précédent. À l’issue de cette rencontre, le ministre français des Affaires étrangères a annoncé le renforcement de la présence française au Sahara, tandis qu’une source autorisée du Quai d’Orsay est allé plus loin en évoquant "un véritable rattrapage" français dans les provinces du Sud.

Article : Disty Technologies. “Même sans augmentation de capital, nous sommes en mesure de doubler notre chiffre d'affaires” (Younes El Himdy)
Disty Technologies a réuni analystes et investisseurs ce mercredi 20 mai à la Bourse de Casablanca pour revenir sur les quatre années écoulées depuis son IPO. L’occasion pour son fondateur Younes El Himdy de mettre en avant l’évolution du groupe, son positionnement dans la distribution IT au Maroc et sa confiance pour la suite.

Article : À Rabat, le Maroc et la France plaident pour une réforme des opérations de paix
Réunie le mercredi 20 mai 2026, la deuxième Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone a mis en avant la nécessité de mandats plus réalistes, de moyens mieux adaptés aux nouvelles menaces et d’une plus forte coordination entre pays francophones. Nasser Bourita y a rappelé l’expérience marocaine, forte de plus de 100.000 Casques bleus mobilisés depuis 1960, tandis que Jean-Noël Barrot et Antonio Guterres ont insisté sur l’urgence d’un modèle plus agile, face aux conflits armés, aux drones et à la désinformation.

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 20 mai
La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 20 mai 2026 en baisse, dans un marché marqué par le recul de plusieurs grandes capitalisations, notamment bancaires et industrielles. Le MASI est resté sous pression, malgré quelques rebonds isolés sur certaines valeurs.