Football. L’énième renaissance de Soufiane Boufal
Alors qu’il semblait prédestiné à une fin de carrière sans grande ambition, l’international marocain a pris tout le monde à contre-pied en signant au Havre, dans le championnat français. Grâce à des performances remarquées, il tire vers le haut le club doyen pour s’extirper du bas du classement.
Tel un phénix, Soufiane Boufal renaît de ses cendres, pour le plus grand bonheur des supporters du Havre.
Et, qui sait, pour celui des Lions de l’Atlas en prévision de la Coupe du monde 2026.
À chaque fois que l’on croit sa carrière derrière lui, Boufal surprend. Après ses prestations XXL au Mondial 2022, où il avait grandement contribué à porter les Lions de l’Atlas jusqu’en demi-finale, il est transféré au club qatari d’Al Rayyan.
Son passage fut vite oublié. Les soucis physiques et l’irrégularité avaient impacté son expérience. Quelques mois plus tard, libre, il rejoint le club belge de l’Union Saint-Gilloise.
Le joueurs de 32 ans y retrouve le goût du succès, remportant le championnat avec le club en 2023-204, et offrant au club belge son premier titre en 90 ans.
Mais là encore, la belle histoire ne dure pas. Un changement à la tête de l’équipe technique – arrivé aux commandes du Belge David Hubert le 13 octobre 2025 – et quelques prestations mitigées le renvoient sur le banc, avant que son contrat ne soit rompu le 5 janvier 2026, moins de six mois avant son terme.
Et alors que beaucoup pensaient que le haut niveau était de l’histoire ancienne pour l’international marocain, il saisit contre toute attente l’opportunité de revenir en Ligue 1, au Havre.

Un choix qu’il ne regrette certainement pas. Et encore moins le club normand, où évolue son compatriote Yacine Kechta. Notamment au regard de son impact sur la fluidité de son équipe et sur les déséquilibres qu’il crée dans les 30 derniers mètres.
D’ailleurs, ce virtuose, comme le football n’en compte quasiment plus, s’est rendu quasiment indispensable au microcosme havrais en l’espace d’un mois. L’ailier a autant séduit les supporters que ses coéquipiers, à qui il redonne des… ailes.
"Avec Boufal, il se passe quelque chose qu’on voit dans très peu de stades"
"On ne peut pas gagner sans un joueur de ce niveau-là, avec la capacité de garder le ballon sous pression, de créer un frisson chez l’adversaire et d’emballer les choses sur sa tentative de lob", apprécie Didier Digard, l’entraîneur du Havre, dans les colonnes du journal L’Équipe.
"Il amène les supporters, parce qu’il se passe quelque chose qu’on voit dans très peu de stades", poursuit-il. Certes, ses statistiques ne sont pas monstrueuses jusque-là, comptant deux passes décisives, dont une sublime, en cinq rencontres (trois titularisations).
Mais si ce technicien court après un but depuis le 11 janvier 2024 (alors qu’il jouait au Qatar), ses chiffres ne disent évidemment pas tout de l’influence qu’il a sur ses coéquipiers.

"Il amène aussi de la confiance qu’il va transmettre aux joueurs, en leur disant 'les gars, donnez-moi le ballon, je suis capable, et regardez ce qu’on peut faire'. Ça porte l’équipe”, insiste Didier Digard, tombé sous le charme de l’état d’esprit irréprochable du Marocain.
"Le joueur, tout le monde le connaissait", assure Digard. "Mais c’est l’état d’esprit avec lequel il est arrivé qui me plaît énormément et fait énormément de bien à l’équipe. Je suis persuadé qu’on va voir encore mieux d’ici la fin de saison".
Un état d’esprit conquérant et rassembleur qui déteint sur ses coéquipiers. Ce n’est pas un hasard s’ils le cherchent quasiment à chaque fois lorsqu’il faut sortir de l’ornière ou aller de l’avant (68 ballons touchés en moyenne par match). Et il le leur rend assez bien.
Au-delà de son attitude sans le ballon, c’est sa justesse et sa finesse technique qui lui valent des louanges appuyées de la part des supporters, dont certains rêvent de ses arabesques lorsqu'ils sont dans les bras de Morphée.
Boufal a-t-il une chance d’être présent à la Coupe du monde 2026 ?
Soufiane Boufal en a fait suffisamment en tout cas pour revenir dans le débat en vue de la Coupe du monde 2026.
La dernière convocation de l’international (46 sélections et 8 buts) remonte à plus de deux ans, lors de la phase de groupes de la CAN 2024, qu’il avait quittée blessé et éliminé en huitièmes de finale.
Depuis, plus de son ni d’image. Soufiane Boufal a totalement disparu des radars de l’équipe nationale. Il est vrai que le niveau de jeu très élevé affiché par Abdessamad Ezzalzouli y a grandement contribué.
Mais si l’on excepte le Sévillan, qui peut prétendre à une place dans le groupe marocain pour le Mondial 2026 ? Il est vrai que Chems Eddine Talbi possède un profil technique très intéressant, à même d’apporter un plus à l’équipe nationale.
Mais qui d’autre à part lui ? Personne ne saute aux yeux. Ce qui laisse clairement une place pour Soufiane Boufal, surtout s’il poursuit sur sa lancée. Car en termes de talent pur, peu de joueurs peuvent prétendre à s’asseoir à sa table.
Encore faut-il qu’il confirme sur la durée. Mais Boufal a prouvé qu’à chaque fois que l’on croit son meilleur temps derrière lui, il revient pour rappeler à tous pourquoi il reste ce joueur frisson, capable de faire basculer un match et d’électriser un stade entier.
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