Étude. Réduire les classes à 23 élèves améliorerait nettement les résultats scolaires au Maroc
Une étude basée sur les données PISA 2022 conclut qu’une classe d’environ 23 élèves offrirait le meilleur équilibre entre performance pédagogique et coût pour le système éducatif marocain. Réduire les effectifs actuels, proches de 36 élèves en moyenne dans le public, pourrait générer des gains significatifs d’apprentissage.
Une récente étude scientifique apporte un éclairage nouveau sur l’un des débats les plus sensibles de la politique éducative marocaine : la taille des classes. Intitulée "Optimal class size and learning outcomes in Morocco: A normative-causal approach using PISA 2022 data" et signée par Youness Lagdiri et Naoual Ouazzani Touhami (Université Hassan II de Casablanca), la recherche conclut qu’une classe d’environ 23 à 24 élèves constituerait le meilleur compromis entre qualité pédagogique et soutenabilité budgétaire.
Des classes encore très chargées dans le public
L’analyse, fondée sur les microdonnées PISA 2022 portant sur près de 6 000 élèves dans 150 établissements publics, met en évidence une réalité structurelle : la taille moyenne des classes au collège public marocain atteint 36,5 élèves, bien au-delà des standards observés dans les pays de l’OCDE, généralement situés entre 20 et 25 élèves.
Dans ce contexte, les performances scolaires demeurent faibles à l’échelle internationale, avec des scores nettement inférieurs à la moyenne OCDE en mathématiques, sciences et lecture.
En combinant modélisation économique et validation causale, l'étude identifie un optimum global autour de 23,4 élèves par classe. Cette zone, comprise entre 23 et 26 élèves, correspond à un niveau de performance maximal : les effets sur les apprentissages y sont positifs, robustes statistiquement et cohérents entre disciplines.
À l’inverse, lorsque la taille dépasse 30 élèves, les résultats scolaires se dégradent nettement, confirmant l’impact négatif des classes surchargées sur la qualité des apprentissages.
Réduire progressivement les effectifs de 36,5 à environ 23 élèves impliquerait une hausse d’environ 49 % du coût par élève, en raison notamment du recrutement d’enseignants supplémentaires et des besoins en infrastructures.
Cependant, l’étude estime que cette réforme générerait un gain moyen de plus de 25 points PISA, correspondant à un retour sur investissement éducatif qualifié de "bon", supérieur à celui de nombreuses politiques éducatives mises en œuvre dans les pays en développement.
Une réforme ambitieuse mais progressive
Les auteurs soulignent qu’atteindre immédiatement l’optimum serait difficile au regard des contraintes budgétaires et opérationnelles. Une cible intermédiaire autour de 28 à 30 élèves par classe apparaît ainsi plus réaliste à court terme, tout en évitant le seuil critique de dégradation des performances.
Au-delà du cas marocain, l’étude propose un cadre méthodologique inédit combinant optimisation économique et validation causale, destiné à éclairer les décisions publiques dans les systèmes éducatifs contraints en ressources, notamment dans la région MENA.
Ses conclusions relancent, de manière chiffrée, la question centrale de la réforme éducative : investir davantage pour réduire la taille des classes peut-il améliorer durablement les apprentissages ? Pour les auteurs, la réponse est clairement positive, à condition d’inscrire cette transformation dans une stratégie progressive et soutenable.
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