Barrages, cumuls de pluies, lâchers d’eau... la situation hydrique en chiffres
Depuis décembre 2025, 4,2 milliards de m³ d’eau ont été déversés de différents barrages du Maroc. Les réserves actuelles représentent entre un et trois ans d’approvisionnement en eau potable. Le point sur la situation hydrique actuelle au Maroc.
Face à une situation météorologique exceptionnelle, marquée par des pluies et des chutes de neige records, le Maroc a reçu depuis septembre plus de 12 milliards de m³ d’apports en eau, dont 6 milliards en seulement deux semaines. Le taux de remplissage des barrages atteint désormais 69,4%, avec 31 ouvrages dépassant les 80%.
Intervenant lors du point de presse tenu à l’issue du Conseil de gouvernement du jeudi 11 février, le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, a fait le point sur la situation hydrique à la suite des dernières intempéries.
Entre le 1er septembre 2025 et le 11 février 2026, les précipitations ont atteint une moyenne de 150 mm, soit une hausse de 35% par rapport à la moyenne annuelle enregistrée depuis les années 1990. Comparées à l’année 2025, le cumul a été multiplié par trois.
Selon les données communiquées par le ministre, les chutes de neige ont également atteint des niveaux records, couvrant une superficie de 55.495 km² sur la même période, recouverte par une couche comprise entre un et deux mètres d’épaisseur.
4,2 milliards de m³ d’eau déversés
Depuis le 1er septembre, les apports en eau ont atteint 12,17 milliards de m³, dont 11,7 milliards en moins de deux mois, dépassant le cumul enregistré sur les deux dernières années réunies. En seulement deux mois, la moyenne des sept dernières années a été doublée, a affirmé Nizar Baraka.
Entre le 28 janvier et le 11 février 2026, plus de 6 milliards de m³ ont été enregistrés en l’espace de deux semaines.
Ces volumes représentent une moyenne d'un à trois ans d’approvisionnement en eau potable à ce stade, a noté le ministre.
Au 11 février, le taux national de remplissage des barrages atteint 69,4%, avec un volume global de 11,6 milliards de m³.
Huit bassins sur dix dépassent les 45% de remplissage, avec des niveaux particulièrement élevés dans le Loukkos (93%), le Sebbou (91%), le Bouregreg (92%), la Moulouya (57%), le Tensift (82%), Souss-Massa (45%), Guir-Ziz-Ghriss (59%) et Drâa-Oued Noun (33%).
Au total, 31 barrages dépassent aujourd’hui les 80% de leur capacité, tandis que onze autres ont franchi le seuil des 100%, nécessitant des lâchers contrôlés.
Face à cette situation, près de 4,2 milliards de m³ d’eau ont été déversés depuis décembre, dont 2 milliards du Sebbou, 1,4 milliard du Loukkos et 660 millions du Bouregreg.
Le barrage d’Oued El Makhazine illustre particulièrement la complexité de la situation. D’une capacité de 672 millions de m³, il a reçu plus de 1,46 milliard de m³, générant un excédent difficile à évacuer. "Une gestion rigoureuse a été mise en place afin de protéger l’infrastructure, de maîtriser les lâchers et de préserver les populations riveraines", a expliqué le ministre.
En une seule journée, 135 millions de m³ ont été enregistrés, soit l’équivalent du volume devant être transporté sur une année dans le cadre du projet d'interconnexion entre les barrages de Dar Khrofa et Oued El Makhazine.
Le 28 janvier dernier, le débit d’Oued Makhazine a atteint un pic de 3.200 m³ par seconde. Un débit pouvant atteindre 6.200 m³ par seconde était attendu, avant de se stabiliser autour de 1.200 m³ par seconde pendant 24 heures. Il est aujourd’hui ramené à 810 m³ par seconde. Cette pression importante sur le barrage a pu être maîtrisée grâce aux lâchers anticipatifs, au suivi horaire et aux simulations hydrauliques, a noté le ministre.
Un taux de saturation des sols de 98%
Autre chiffre révélateur de la situation hydrique : entre Chefchaouen et Larache, l’eau peut actuellement atteindre la zone en neuf heures seulement, le taux de saturation des sols ayant atteint 98%.
Faisant le point sur le barrage Al Wahda, le ministre a fait état d'un apport de 3,84 milliards de m³ pour une capacité de 3,5 milliards. La semaine dernière, il a reçu 1,4 milliard de m³, ce qui a nécessité des lâchers progressifs atteignant 2.200 m³ par seconde, avant une stabilisation autour de 1.300 m³ par seconde à ce jour. Une réduction progressive à 800 m³ par seconde est prévue dès vendredi, avant arrêt complet des lâchers. L’objectif reste de maintenir un niveau de sécurité optimal, autour de 99%.
A partir de ce vendredi, de nouvelles perturbations sont attendues selon les prévisions de la Direction générale de la météorologie, notamment dans le bassin du Loukkos, avec des précipitations comprises entre 40 et 60 mm. Une accalmie est toutefois prévue dès dimanche, ce qui devrait permettre d’établir un bilan plus précis et de mettre en place les mesures nécessaires, a conclu le ministre.
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