Le HCP prévoit 5% de croissance en 2026
Le haut-commissariat au Plan (HCP) voit l’économie marocaine accélérer en 2026, malgré un contexte mondial moins porteur. Dans son budget économique prévisionnel 2026, l’institution anticipe une croissance de 5%, une inflation contenue à 1,3%, mais aussi un commerce extérieur toujours sous pression. Les points saillants.
Les projections économiques présentées par le HCP dans le budget prévisionnel pour cette année reposent sur plusieurs hypothèses :
- une campagne agricole 2025-2026 supérieure à la moyenne, soutenue par les conditions climatiques favorables ;
- la prise en compte des nouvelles dispositions de la loi de finances 2026 ;
- un redressement de la demande adressée au Maroc, en lien avec l’amélioration graduelle de la croissance économique chez les principaux partenaires commerciaux ;
- le maintien de la tendance baissière des cours à l’international, en particulier pour certaines matières premières, contribuant à l’atténuation des pressions inflationnistes.
Projection : 5% de croissance en 2026 grâce à l’agriculture
Le scénario du HCP repose d’abord sur une campagne agricole 2025-2026 “supérieure à la moyenne”, grâce aux précipitations abondantes et bien réparties, enregistrées à partir de fin novembre 2025 et qui se poursuivent. Ces conditions climatiques favorables devraient contribuer à reconstituer les réserves des barrages et à alimenter les nappes phréatiques.
Ceci aura pour conséquence une amélioration de la valeur ajoutée agricole qui bondirait de 10,4% en 2026 (après +4,5% en 2025). Le redressement de l’élevage est également mis en avant, dans le sillage de la décision de s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha en 2025 et du programme de reconstitution du cheptel.
Hors agriculture, la dynamique reste solide, mais un cran en dessous : +4,3% en 2026 (après +4,5% en 2025).
Industrie, BTP, services : la machine tourne, sans emballement
En ce qui concerne le secteur secondaire, il devrait évoluer de près de 4,2% en 2026 (après +4,8% en 2025). Le BTP ralentirait à +4,1% après une année 2025 encore très soutenue, avec la montée en puissance des projets d’infrastructures, puis la “finalisation progressive” de grands chantiers.
Le HCP projette une stabilisation autour de 4% pour les activités manufacturières; l’extractif repartirait à +6,5% en 2026, notamment avec la montée en capacité liée au complexe de Mzinda (phosphate).
Pour ce qui est des activités tertiaires, elles devraient confirmer leur résilience avec une croissance de 4,3% en 2026 après 4,5% en 2025, contribuant positivement à la croissance du PIB à hauteur de 2,3 points en 2026 après 2,4 points en 2025. Le tourisme reste un moteur (hébergement-restauration encore dynamique), et le transport/logistique est attendu en amélioration.
La demande intérieure reste toujours le moteur n °1
Le HCP confirme que la demande intérieure se maintient dans son rôle de moteur central de l’économie nationale :
- Consommation des ménages : +4,1% en 2026 (après +4,4% en 2025), portée par les revalorisations salariales, les revenus agricoles et la poursuite des aides sociales directes, dans un contexte de prix plus sages.
- Investissement brut : après un pic à +16,3% en 2025, il resterait élevé à +8,7% en 2026, tiré par les grands projets, la Charte de l’investissement et l’effort des EEP, pour contribuer de 4,9 points à la croissance du PIB en 2025 et de 2,8 points en 2026.
- Le taux d’investissement brut est attendu à 32,2% du PIB en 2026, contre 32% en 2025.
Creusement du déficit commercial sur fond de forte hausse des importations
Pour le HCP, les perspectives du commerce extérieur de l’économie nationale pour 2025 et 2026 s’annoncent contrastées, dans ce contexte marqué par des incertitudes géopolitiques persistantes et par une croissance modérée en Europe.
En volume, le HCP prévoit :
- Importations : +8,4% en 2026 (après +13,2% en 2025)
- Exportations : +7,1% en 2026 (après +6,2% en 2025)
- Conséquence : le déficit commercial resterait très élevé, à 21,1% du PIB en 2026 (21,3% en 2025). Le déficit courant s’allégerait légèrement à 1,9% du PIB (après 2,4%).
Dans sa note, le HCP met le focus sur des signaux sectoriels à surveiller.
Sur le secteur automobile, le document insiste sur la transition accélérée en Europe vers l’hybride/électrique, qui pèse sur certains segments, avec un recul marqué des exportations de voitures de tourisme en 2025. Pour le secteur des Phosphates et dérivés, la trajectoire reste favorable en 2026, sur fond de demande mondiale solide et de contraintes sur l’offre de certains concurrents.
Inflation et finances publiques
Après l’épisode inflationniste des dernières années, le HCP table sur une inflation de 1,3% en 2026, après 1,9% en 2025.
Sur les finances publiques, le cap est à la consolidation, sans couper dans l’investissement :
- Déficit budgétaire : 3,2% du PIB en 2026 (après 3,6% en 2025).
- Dépenses de compensation : attendues en baisse à 0,8% du PIB (contre 1,1%) grâce à la détente des prix mondiaux
- Dépenses d’investissement : en hausse à 6,3% du PIB, avec les infrastructures, la sécurité hydrique et les chantiers liés à la Coupe du monde 2030.
- Dette du Trésor : 66,1% du PIB en 2026 (67,4% en 2025).
- Dette publique globale : 77,5% du PIB en 2026 (78,9% en 2025).
À retenir :
- Croissance 2026 : 5%, dopée par l’agriculture (+10,4%) et une demande intérieure encore solide.
- Inflation : 1,3% attendue en 2026.
- Commerce extérieur : déficit commercial toujours massif (21,1% du PIB), importations portées par l’investissement.
- Finances publiques : déficit budgétaire à 3,2%, dette publique globale à 77,5%.
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