Drame de Fès : l'urgence sociale après le choc
Alors que le bilan de l'effondrement tragique à Fès s'alourdit à 23 morts, la gestion de l'après-drame soulève de lourdes interrogations. Entre évacuations d'urgence, familles séparées, problèmes d'hébergement et un passé de promesses non tenues, le quartier Al Massira est au bord de l'implosion.
La tragédie du quartier Al Massira à Fès (zone de Bensouda) ne s'arrête pas au décompte macabre. Si une 23ème victime a succombé à ses blessures ce jeudi 12 décembre, portant le bilan provisoire à 23 morts, c'est désormais le sort des vivants qui préoccupe l'opinion publique. Les observateurs sur le terrain décrivent une situation de crise humanitaire et sociale.
Sur place, une commission technique est à pied d'œuvre. Des étais en bois et en fer ont été installés pour stabiliser les bâtiments adjacents aux deux immeubles effondrés. Face au danger imminent, les autorités ont ordonné l'évacuation de plusieurs familles du quartier "Hay El Moustaqbal".
Selon Bilal BenDaoud acteur associatif et élu local contacté par Médias24, les habitants évacués se sont vu promettre une prise en charge de leur loyer pour une durée de six mois. Cependant, cette offre se heurte au refus catégorique des habitants.
Les citoyens concernés refusent en effet de partir en location. En cette soirée du vendredi 12 décembre, ils étaient toujours à l’extérieur, exposés au froid, et il régnait un grand sentiment de colère", rapporte l'acteur associatif. Les sinistrés rejettent les mesures temporaires et exigent la mise à disposition immédiate de bâtiments pour un relogement stable, refusant de quitter les lieux du drame sans garanties concrètes.
Dans un témoignage poignant, un résident, s'exprimant au nom de la communauté, dénonce l'opacité et l'incertitude qui entourent cette mesure d'urgence. "Nous sommes menacés par l'effondrement de nos propres maisons, et on nous propose 6 mois de loyer en attendant une solution. Mais quelle solution ?", s'insurge-t-il.
L'absence de documents officiels attestant de cette prise en charge et détaillant les engagements de l'État après cette période inquiète profondément les familles. "Demain, le propriétaire peut nous mettre à la porte une fois les six mois écoulés. Et à ce moment-là, vers qui nous tourner ? Le Pacha ? Le Caïd ? Où les trouverons-nous ?", s'interroge-t-il avec amertume.
"Nous resterons ici, devant nos maisons"
Le manque de clarté sur le sort réservé à leurs habitations actuelles alimente la méfiance. Les résidents exigent de savoir si leurs maisons seront démolies et reconstruites, ou simplement "rafistolées". "S'il s'agit juste de repeindre, nous pouvons le faire nous-mêmes !", lance le témoin.
Un passé de promesses non tenues
Au-delà de l'accident, Bilal Bendaoud pointe du doigt la responsabilité politique. Il évoque un "crime contre l'humanité" commis à l'encontre des habitants des anciens bidonvilles, relogés dans des conditions précaires après des promesses non tenues. "On leur a promis qu'on ne les décevrait pas, et aujourd'hui ils se retrouvent avec des baraques à payer", s'indigne l'élu, dénonçant la gestion d'anciens responsables qui ont "mangé et bu" avant de partir, laissant derrière eux une situation explosive gérée aujourd'hui par des auxiliaires d'autorité "Mqaddems" dépassés.
Notre interlocuteur, qui affirme avoir subi des intimidations par le passé pour avoir dénoncé les carences du quartier (absence d'équipements, transports défaillants), voit aujourd'hui ses craintes se réaliser. Il réclame que la justice ne s'arrête pas aux lampistes mais remonte jusqu'aux véritables décideurs de l'époque.
Une rencontre entre les autorités et les habitants est prévue dans les prochaines heures, pour Bilal Bendaoud et les habitants d'Al Massira, la confiance est rompue, et la peur de voir leurs maisons s'effondrer sur eux est devenue une réalité quotidienne.
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