Élections à la CDT : Khalid Alami Houir veut donner l’exemple avec un seul mandat
ENTRETIEN. Élu récemment à la tête de la Confédération démocratique du travail (CDT), le nouveau secrétaire général du deuxième plus important syndicat du Maroc dresse pour Médias24 les priorités de sa feuille de route pour les quatre prochaines années. Il dit ainsi s’engager formellement à ne pas se représenter éternellement comme de nombreux responsables politiques et syndicaux.
Après avoir succédé le 30 novembre dernier au secrétaire général sortant Abdelkader Zair à la tête de la CDT, Khalid Alami Houir nous confie être conscient de la lourde tâche qui l’attend dans un environnement où l’abstentionnisme politique et syndical s’est largement banalisé.
"Concrétiser les promesses non tenues par les partenaires du dialogue social"
Pas découragé pour autant, le leader compte d’abord réaliser les promesses des documents tripartites signés en 2022 et 2024 par le gouvernement, le patronat et les syndicats qui n’auraient, selon lui, jamais été tenues.
"Si, en premier lieu, il est essentiel que nos partenaires honorent leurs engagements, notre seconde priorité consistera à développer la liberté syndicale toujours piétinée dans le secteur privé", résume notre interlocuteur en citant de nombreux manquements au Code du travail et aux conventions internationales.
Souhaitant relancer le dialogue avec les partenaires, le syndicaliste mise sur la négociation pour obtenir des accords sociaux et instaurer à terme un climat social responsable qui permettra d’améliorer la vie des travailleurs.
"Notre priorité est d’élever le pouvoir d’achat"
Sur la baisse du taux d’inflation ramené à moins de 2%, dont se targue le gouvernement, le secrétaire général insiste sur l'urgence de régler les dégâts sociaux causés par son cumul sur plusieurs années en procédant à de larges augmentations salariales et pas une simple indexation sur l'évolution des prix qui ont flambé depuis février 2022.
Tout en dénonçant "les lois de finance ultra-libérales" d’un gouvernement qui ne prend pas en considération les propositions syndicales, Khalid Alami Houir estime que le plus important consiste à à faire profiter tous les citoyens des cycles de croissance économique.
Revenir aux mouvements de protestation le cas échéant
Face à l’évolution négative du pouvoir d’achat national et au niveau croissant d’endettement des Marocains, "totalement ignoré par l’exécutif", le syndicaliste n’exclut pas de revenir à des mouvements de sit-in, des marches pacifiques, des manifestations de protestation, voire de recourir à des grèves sectorielles.
"Partisans de concertation et de compromis, nous ne pouvons que nous élever contre le passage en force de la réforme des retraites ou de la loi organique sur le droit de grève sans aucune concertation préalable avec les premiers concernés", résume le leader en regrettant que la majorité législative s’oppose à la culture du dialogue social.
Tout en se disant disposé à négocier, notre source n’hésite pas à préciser qu’en l’absence de volonté manifeste de parvenir à un accord responsable et juste, "le gouvernement trouvera les syndicats sur sa route".
"Je ne briguerai pas de deuxième mandat à la tête de la CDT"
À la question de savoir si son engagement à ne remplir qu’un seul mandat lui permettra d’obtenir de véritables avancées sociales, le syndicaliste estime que quatre ans devraient suffire, mais qu’en réalité le plus important est de donner une image d’exemplarité aux organisations syndicales, politiques… en permettant de répondre aux attentes des nombreux jeunes désireux de prendre le relais.
Prenant en compte les messages de la Gen Z au sujet du nécessaire renouvellement générationnel, Khalid Alami Houir affirme d'un air déterminé qu’il ne remplira qu’un seul mandat de leader à la CDT
"Même si je compte rester à la disposition de mes camarades après la fin de ma mission de responsable, j’ai d’autres ambitions dans la vie que de passer vingt ans à la tête de mon syndicat", conclut sur un ton badin et sans nommer personne le nouveau secrétaire général en ajoutant que sa décision de ne pas se représenter est ferme et définitive.
Une déclaration qui tranche avec les engagements jamais respectés de nombreux dinosaures du monde politique et syndical qui se reconnaîtront assurément…
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