img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Elections 2026

La réforme électorale face aux défis du numérique : sanctions, interdictions et nouvelles règles

Réseaux sociaux, IA, deepfakes : la réforme électorale rebat les règles pour électeurs et candidats, avec des sanctions bien plus strictes.

Réforme électorale : une réforme qui encadre l’ère numérique
Photo de Brett Jordan sur Unsplash
Par
Le 26 novembre 2025 à 18h35 | Modifié 26 novembre 2025 à 18h42

La réforme électorale en cours de discussion au Parlement introduit, si elle était adoptée en l’état, une série d’ajustements majeurs qui redessinent le paysage politique à l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Parmi les lois en discussion, les modifications apportées à la loi 27.11 relative à la Chambre des représentants montrent à quel point la frontière entre campagne physique et campagne numérique s’estompe.

Pour les citoyens comme pour les candidats, les règles du jeu changent.

Jour du scrutin : fin de la campagne

Pour les électeurs, le premier changement touche directement leur quotidien numérique. Ce qui pouvait paraître anodin, comme partager un tract, republier une vidéo de campagne, relayer une déclaration de candidat, devient strictement interdit le jour du scrutin.

Publier ou faire circuler tout contenu électoral, quel qu’en soit le format, sur n’importe quelle plateforme, exposera l’auteur à des peines pouvant aller jusqu’à six mois de prison. Le législateur considère que la moindre diffusion numérique peut influencer le vote à un moment critique. Les citoyens doivent donc adopter une nouvelle discipline le jour du vote ; à savoir le silence total en ligne sur la campagne.

Ils sont également concernés par la lutte contre les fausses informations. La réforme introduit un arsenal spécifique contre les montages, deepfakes, enregistrements fabriqués ou documents falsifiés. Le simple fait de relayer une vidéo manipulée, une photo truquée ou une fausse rumeur visant un candidat, même sans l’avoir produite, peut entraîner des poursuites. Le partage, devenu réflexe sur les réseaux, risque d’être un acte pénalement engageant.

Pas de sponsoring de publications politiques

Pour les candidats, l’impact est encore plus déterminant. La réforme s’attaque d’abord à l’usage de la publicité politique sponsorisée sur les plateformes internationales.

Le fait de financer ou faire financer des annonces électorales diffusées sur des plateformes ou sites internationaux devient passible d’une amende lourde (de 50.000 à 100.000 DH).

Les candidats doivent aussi intégrer que le jour du scrutin n’est plus seulement un moment où les affiches physiques sont interdites. Puisque eux aussi sont concernés par l’article 39 du projet de loi 27.11, selon lequel aucune publication électorale ne peut être diffusée ce jour-là, sur les réseaux sociaux.

Sur le terrain du maintien de l’ordre électoral, les sanctions se durcissent également. Les actes d’intimidation ou de perturbation des opérations de vote ne se limitent plus aux attroupements ou pressions physiques. La réforme prévoit désormais leur version numérique. Une simple vidéo diffusée en ligne pour semer la peur ou le doute peut être considérée comme une tentative d’entraver le scrutin.

Les candidats sont en outre directement exposés à des sanctions liées à la manipulation numérique : la création, la diffusion ou la commande de deepfakes, de fausses rumeurs ou de documents falsifiés visant leurs adversaires devient un délit lourdement puni.

Dans l’ensemble, la réforme place les réseaux sociaux, les plateformes numériques et les outils d’intelligence artificielle au même niveau que les lieux physiques du vote. Ce qui se disait hier à la sortie d’un bureau de vote se dit aujourd’hui sur une story Instagram ou en direct sur TikTok, mais la loi considère désormais ces espaces comme partie intégrante du périmètre électoral.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 26 novembre 2025 à 18h35

à lire aussi

Incertitude sur la date de Aïd Al Mawlid au Maroc
SOCIETE

Article : Incertitude sur la date de Aïd Al Mawlid au Maroc

Les calculs astronomiques privilégient un début de Rabie Al Awal le vendredi 14 août et une célébration de Aïd Al Mawlid le mardi 25 août, correspondant au 12 Rabie Al Awal 1448, mais l’observation du croissant lunaire, prévue le jeudi 13 août, restera déterminante.

Taekwondo : le Maroc sacré champion du monde féminin par équipes
Quoi de neuf

Article : Taekwondo : le Maroc sacré champion du monde féminin par équipes

Meriame Khoulal, Fatima-Zahra Ennams, Nada Laaraj et Amina Dehhaoui ont décroché l’or à Chuncheon, en République de Corée, après avoir éliminé le Kazakhstan et la Thaïlande, puis battu la Russie en finale.

CMT suspendue en Bourse après le dépôt d’une offre publique
Actus

Article : CMT suspendue en Bourse après le dépôt d’une offre publique

La décision, prise à compter du 17 juillet 2026 à la demande de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, vise à préserver l’égalité d’accès à l’information entre les investisseurs.

CSPJ : les associations de magistrats se mettent en retrait
Quoi de neuf

Article : CSPJ : les associations de magistrats se mettent en retrait

À l’approche du scrutin du 17 octobre 2026 pour renouveler les représentants du troisième mandat (2027-2031), une charte impose la neutralité : aucun candidat présenté ou soutenu, aucun accompagnement dans les tribunaux et un signalement régulier des éventuelles irrégularités.

Japon : le mégaprojet ferroviaire à 500 km/h s’enlise
Quoi de neuf

Article : Japon : le mégaprojet ferroviaire à 500 km/h s’enlise

Promise pour 2027, l’ouverture du premier tronçon Tokyo-Nagoya n’a plus de date officielle et sa facture est passée de 7.000 à 11.000 milliards de yens. L’arrivée jusqu’à Osaka, qui devait ramener le trajet à 67 minutes, devient elle aussi incertaine.

Rahhou veut miser sur l'IA pour renforcer la transparence des marchés
ECONOMIE

Article : Rahhou veut miser sur l'IA pour renforcer la transparence des marchés

Monographies sectorielles actualisées chaque année et nouvelles règles sur les échanges d'informations. Le Conseil de la concurrence entend mettre les mêmes données à la disposition des opérateurs en place et des nouveaux entrants.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité