Textile. Un projet de co-traitance destiné au marché américain est désormais en maturation
Grâce aux tensions commerciales entre les États-Unis et les pays asiatiques, un projet marocain de co-traitance orienté vers le marché américain est désormais en maturation, ouvrant une perspective stratégique de montée en gamme pour le secteur textile.
Le salon du textile "Maroc in Mode 2025" a été, selon ses organisateurs, exceptionnel. L’événement a réuni des visiteurs et des investisseurs venus de plus de 22 pays et a donné lieu à un avant-projet de co-traitance.
Un projet de co-traitance qui prend forme
Contacté par Médias24, Anas El Ansari, président de l’AMITH, indique qu’un projet potentiel de co-traitance permettant au Maroc de livrer des produits finis aux États-Unis est en voie de concrétisation. "Un projet de co-traitance est en voie de concrétisation, avec des partenaires européens et américains", promet-il.
Le salon s’est tenu dans une conjoncture elle aussi exceptionnelle. Le monde est en pleine guerre commerciale entre les États-Unis et les principaux producteurs mondiaux de textile, à savoir la Chine, l’Inde, le Bangladesh, etc.
La présence des Américains, notamment d’une délégation officielle équivalente à l’AMITH, montrait clairement que leur venue allait bien au-delà d’une visite protocolaire et relevait d’une véritable démarche de prospection.
Selon notre source, le schéma envisagé repose sur une montée en gamme progressive. Le Maroc, en partenariat de co-traitance avec l’Europe, livrerait des produits finis au marché américain tout en réalisant localement la majeure partie de la valeur ajoutée.
"Le schéma du projet prévoit que le Maroc produirait et livrerait des articles finis au marché américain sachant qu’une partie des tissus serait importée d’Europe, la valeur ajoutée principale serait réalisée localement, puis le produit final serait exporté vers les États-Unis", explique El Ansari.
Selon lui, le salon a pu, pour la première fois, réunir autour de la même table des investisseurs chinois, américains et européens.
"Le salon franchit un cap. Il devient réellement international. Pour la première fois, nous avons pu réunir autour de la même table des investisseurs venus d’Asie, d’Europe et des États-Unis", souligne Anas El Ansari.
Un contexte mondial qui ouvre une fenêtre d’opportunités
Les importateurs américains cherchent activement des fournisseurs hors Asie, dans la continuité de la doctrine tarifaire défendue par l’administration Trump.
Il s’agit d’un intérêt mutuel avec un pays comme le Maroc qui, en raison indirecte des droits de douane élevés imposés par les États-Unis aux pays asiatiques, voit ses parts de marché se contracter dans son principal débouché, l’Europe. Sous la pression tarifaire américaine, les exportateurs asiatiques redirigent en effet une partie de leurs flux vers le marché européen, accentuant la concurrence et réduisant l’espace commercial disponible pour le Maroc.
Toutefois, il convient de rappeler que le secteur n’a pas les moyens, à court terme, d’intégrer l’ensemble de la chaîne textile.
Mais un tel accord, s’il venait à se concrétiser, serait un vrai tournant pour le secteur. Il permettrait au textile marocain de créer davantage de valeur ajoutée, de générer des emplois et de développer une production de produits finis plutôt que de rester cantonné à la sous-traitance.
À découvrir
à lire aussi

Article : Sebta et Melilia : un rapport militaire espagnol alerte sur la montée en puissance du Nord marocain
Dans son "Cahier de stratégie" n° 234, le ministère espagnol de la Défense analyse les effets de Tanger Med, de Nador West Med et des nouvelles infrastructures marocaines sur l’équilibre stratégique du détroit. Derrière les considérations portuaires, le document révèle surtout les inquiétudes de Madrid autour du devenir de Sebta et Melilia dans un environnement régional en pleine recomposition.

Article : Engrais : pourquoi le nouveau plan européen ne menace pas le Maroc
Pour réduire sa dépendance aux importations et sécuriser sa souveraineté alimentaire, la Commission européenne a adopté, le 19 mai 2026, un plan d'action sur les engrais misant sur les fertilisants biosourcés et bas carbone à la place des engrais chimiques. Voici ce qu’il faut savoir sur cette mise à jour et sur ses implications pour notre pays.

Article : Condamnation à 3 ans de prison pour un Émirati ayant incité au mariage de mineures au Maroc
L’homme ayant diffusé sur les réseaux sociaux des contenus incitant au mariage de mineures au Maroc a été condamné à trois ans de prison et à une amende de cinq millions de dirhams.

Article : Stationnement à Casablanca. Les détails du grand coup de balai que prépare la ville
Le stationnement continue de souffrir d’une gestion jugée anarchique à Casablanca. Pour améliorer ce service, la commune avance progressivement vers une délégation du secteur à un opérateur spécialisé. Ce que l'on sait.

Article : UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir
Formation médicale immersive, hôpital de haute technologie, recherche biomédicale et incubateur de start-up santé… À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) déploie un écosystème hospitalo-universitaire intégré, articulé autour des soins, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Article : Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai
La DGSN a prolongé ses Journées portes ouvertes à Rabat jusqu’aux 23 et 24 mai 2026, en raison de l’engouement du public, afin de permettre aux visiteurs de découvrir ses missions, équipements et actions dans le cadre de sa stratégie de proximité avec les citoyens.
