Neo Motors et l'ambition d'une mobilité électrique à l'export
Assemblée au Maroc, la nouvelle Dial-E de Neo Motors se positionne comme une solution de micro-mobilité accessible, avec un taux d'intégration locale qui devrait atteindre, à terme, 55% selon le producteur. L'entreprise, qui s'inspire du succès chinois, vise le marché national ainsi que l'Europe, avec des objectifs de vente ambitieux.
Invité dans le studio de Médias24, Nassim Belkhayat, fondateur de Neo Motors, revient sur la genèse et évoque les perspectives de la nouvelle Dial-E.
L'entreprise, qui avait déjà lancé un véhicule thermique avec "un taux d'intégration locale de plus de 65%", engage une nouvelle aventure avec ce nouveau modèle 100% électrique.
Du thermique à l'électrique : une stratégie de niche
"En tant que constructeur, nous avons compris qu'il serait très compliqué de trouver notre place parmi les géants européens et l'avalanche de véhicules chinois", explique Nassim Belkhayat. Face à ce constat, Neo Motors a décidé il y a deux ans de "pivoter" pour devenir "le géant de la micro-mobilité". S'inspirant du succès de la Citroën Ami en Europe, l'entreprise a identifié un marché porteur pour des petits véhicules urbains.
La nouvelle voiture électrique partage un écosystème similaire à son aînée thermique, notamment un châssis tubulaire, un "set de verre", des faisceaux et des sièges, tous fabriqués localement. La principale nouveauté est la batterie, qui représente 35% de la valeur du véhicule.
"Cette batterie, aujourd'hui, on la fabrique chez Neo", précise Nassim Belkhayat. L'entreprise a investi dans une ligne de "packing" de batteries et maîtrise la technologie du BMS (Battery Management System), lui permettant de "coder sa propre batterie".
Actuellement, le véhicule atteint 20% à 25% de taux d'intégration, mais "quand on sera en maîtrise complète de notre batterie, on atteindra les 55%. Les cellules sont pour l'instant importées, mais Neo Motors deviendra le premier client de la future Giga Factory Gotion au Maroc, ce qui permettra d'utiliser des cellules produites à partir de phosphate et de fer marocains".
Homologation européenne et ambitions à l'export
En moins de deux ans, Neo Motors a réussi à "refabriquer un véhicule électrique, à l'homologuer et à le certifier au nom de Neo Motors par un organisme européen". "On est la première start-up industrielle africaine à avoir une homologation complète européenne", indique Nassim Belkhayat.
Le véhicule sera donc commercialisé non seulement au Maroc, mais aussi sur le marché européen dès janvier 2026. L'objectif est d'atteindre 10.000 unités vendues sur trois ans, avec une capacité de production de 10.000 véhicules par an (25 à 30 par jour).
Accessible et adapté : la réponse aux contraintes locales
Le véhicule a été conçu pour répondre aux problématiques marocaines et africaines. Conscient des défis liés à l'infrastructure de recharge, Nassim Belkhayat souligne que "ce modèle se charge comme un iPhone, avec une prise simple murale". Il se recharge complètement en 6-7 heures, offrant une autonomie de 150 km et une vitesse de pointe de 85 km/h.
Avec un prix de 99.800 DH TTC (grâce à une TVA réduite pour les véhicules économiques), et des mensualités estimées à 1.300-1.400 DH après un acompte de 10.000 DH, le véhicule se veut "accessible".
"On l'a pensé pour les Marocains qui s'étaient plaints de ne pas pouvoir acheter un véhicule Made in Morocco", ciblant les étudiants, les jeunes entrepreneurs, les collectivités et les entreprises pour leurs flottes commerciales.
Le modèle chinois comme source d'inspiration
Interrogé sur la concurrence chinoise, Nassim Belkhayat ne cache pas son admiration. "Je suis impressionné par le niveau de qualité de leurs véhicules. Aujourd'hui, je fais le Chinois avec les Chinois, je vais m'inspirer chez eux", confie-t-il.
Pour lui, le succès de l'industrie automobile chinoise, qui est passée en vingt ans de "voitures en carton" à une position de leader technologique, est un "véritable modèle à suivre".
Neo Motors entend donc s'inspirer de cette agilité, en utilisant le reverse engineering et le remanufacturing pour comprendre et adapter les technologies existantes, tout en y introduisant une valeur ajoutée marocaine en termes de design et de savoir-faire.
à lire aussi

Article : CAN U17. Le Maroc fait coup double en s’imposant face à l’Égypte (2-1)
La difficile victoire des Lionceaux de l’Atlas aux dépens de l’Égypte, ce mardi 19 mai, en valait la peine. Elle leur offre à la fois une place en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations U17, mais aussi un billet pour le prochain Mondial de la catégorie. En quart, le Maroc sera opposé au Cameroun, dimanche 24 mai.

Article : Face à la concurrence internationale, les atouts cachés de la céramique made in Maroc
Riche en matières premières et structurée autour d'une industrie intégrée, la filière céramique marocaine ploie néanmoins sous le poids des importations massives, des pratiques de dumping régulièrement dénoncées et d'une facture énergétique en forte hausse. Pour les industriels, le salut passera par une synergie accrue afin de favoriser la montée en gamme.

Article : Transport routier international : le secteur “à l’agonie” face au casse-tête Schengen
La problématique du régime d’entrée et de sortie des transporteurs routiers marocains de marchandises à l’international reste, à ce jour, sans issue. Malgré les discussions engagées du côté marocain, le dossier reste bloqué, dans l’attente d'une décision européenne. Cette situation continue de peser lourdement sur un secteur déjà fragilisé.

Article : Akdital et Vicenne : comment les deux groupes comptent prolonger leur succès en bourse
Akdital et Vicenne continuent de porter la thématique santé en bourse après des parcours impressionnants depuis leur introduction. Pourtant, le marché devient progressivement plus exigeant et évalue désormais la capacité des deux groupes à prolonger leur croissance, à maintenir leur rentabilité et à ouvrir de nouveaux relais de développement, notamment à l’international et dans les technologies médicales.

Article : Le Prince héritier Moulay El Hassan préside l’ouverture du Morocco Gaming Expo 2026 à Rabat
Sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, la 3e édition du salon dédié au gaming et à l’eSport se tient du 20 au 24 mai 2026, avec un focus sur le “Talent marocain”, des tournois, des forums professionnels et des espaces B2B destinés à structurer un écosystème national en plein essor.

Article : Sahara : Washington durcit le ton face au polisario et réitère son soutien au plan d’autonomie marocain
L'ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan, a réaffirmé ce mardi 19 mai 2026 la position stratégique de Washington sur le dossier du Sahara.