Le ministère de la Santé prépare un répertoire des médicaments génériques, ouvrant la voie à la substitution
Le ministère de la Santé et l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé ont élaboré une première mouture du répertoire marocain des médicaments génériques, qui a été présentée le 23 octobre aux pharmaciens. C’est une première nationale, et une avancée majeure dans le secteur pharmaceutique et médical de manière générale, ouvrant la voie à la mise en œuvre du droit de substitution, l’une des revendications historiques des pharmaciens.
Le répertoire des médicaments génériques est un document officiel qui recense tous les médicaments génériques autorisés sur un territoire donné. Tous les pays utilisant des génériques sont censés en avoir, pour garantir une substitution sécurisée des médicaments.
Selon des sources syndicales pharmaceutiques jointes par Médias24, le Maroc n’en dispose pas. Le ministère de la Santé et l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) ont alors récemment élaboré la première mouture de ce répertoire, laquelle a été présentée aux pharmaciens pour examen.
La version finale, qui prendra en compte les remarques et propositions des professionnels du secteur, leur sera présentée lors d’une prochaine réunion, dont la date n'est pas encore fixée.
D’après nos interlocuteurs, c’est une première nationale, et une avancée majeure dans le Royaume, car elle ouvre la voie à la mise en œuvre du droit de substitution, l’une des revendications historiques des pharmaciens.
"Un outil de référence pour l'entrée en vigueur du droit de substitution"
La première version de ce répertoire a été présentée le 23 octobre par le ministère de la Santé et l’AMMPS aux trois centrales syndicales les plus représentatives dans le secteur pharmaceutique. Il s’agit de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, de l’Union nationale des pharmaciens du Maroc et du Syndicat des pharmaciens du Maroc.
Contactées par Médias24, des sources syndicales du secteur nous expliquent que ce répertoire est "l’outil de référence pour l’entrée en vigueur du droit de substitution".
Concrètement, ce répertoire est une liste de correspondance entre les médicaments de référence (princeps) et leurs équivalents génériques, qui indique notamment le nom du médicament de référence (princeps), les médicaments génériques disponibles correspondants, leurs formes pharmaceutiques (comprimé, gélule, sirop, etc.), leurs dosages, et parfois leurs laboratoires fabricants.
Il permet, aussi bien aux pharmaciens qu’aux médecins, de savoir quels génériques sont strictement équivalents au médicament original, sur le plan de la substance active, du dosage et de la forme.
"Il s’agit du Code de la route pour la mise en œuvre du droit de substitution", nous explique-t-on. "Il ne peut pas y avoir de substitution sans ce répertoire des génériques. C’est donc une avancée majeure", estiment nos interlocuteurs.
"Une substitution mal adaptée peut présenter un risque pour le patient"
Et d’expliquer : "Au Maroc, la substitution se limite généralement au principe actif, c’est-à-dire à la matière première, alors qu’elle devrait concerner à la fois le médicament dans son ensemble et ses excipients".
"La substitution n’est pas uniquement le fait de changer une molécule par une autre. L’excipient et la composition du médicament sont tout aussi importants", ajoutent nos sources.
En effet, le médicament est la préparation destinée à prévenir, diagnostiquer ou traiter une maladie. Il contient au moins une substance active (principe actif) qui produit l’effet thérapeutique recherché.
L’excipient, lui, est un composant du médicament qui ne lui confère pas ses propriétés thérapeutiques ou préventives, mais qui peut jouer un rôle notamment dans l’absorption (assimilation) et la stabilité du médicament et conditionner son aspect, sa couleur et son goût.
Nos sources nous citent l’exemple de l’amoxicilline. Le nom du médicament peut être "Amoxil", "Clamoxyl"… ou tout autre générique à base d’amoxicilline.
Sa substance active est l’amoxicilline, qui combat notamment les infections bactériennes en cas d’angine, d’otite, de bronchite ou autres. C’est donc la molécule qui soigne. Les excipients permettent toutefois au médicament d’exister sous une forme stable et administrable (cellulose, sucrose, colorant...).
À titre d'exemple, "pour un patient diabétique, un médecin prescrit généralement de l’amoxicilline qui contient de l’aspartame, sans effet sur la glycémie. En cas de rupture, il est dangereux de lui prescrire de l’amoxicilline qui contient du saccharose, susceptible d’augmenter la glycémie et d’entraîner des complications", nous précise-t-on.
Il est donc important de faire le choix de la substitution selon la formulation, tout en prenant en considération l’état du patient, d’où l’importance de ce répertoire. Il liste les médicaments génériques qui sont identiques ou équivalents à un médicament de référence, évitant ainsi toute erreur de substitution.
Et nos sources de conclure : "C’est comme un dictionnaire, qui n’est jamais définitif. Ce document devra être mis à jour de manière constante".
Une nouvelle réunion entre les deux parties est prévue dans les jours ou semaines qui viennent. Durant cette rencontre, le ministère et l'AMMPS devraient présenter aux pharmaciens la version finale de ce répertoire, avant qu'il soit adopté et rendu public.
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