Le Maroc prévoit d’éliminer le charbon de sa production électrique d’ici 2040, sous condition d’un appui international
Dans sa troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) soumise à la CCNUCC, le Maroc exprime sa volonté d’engager une sortie progressive du charbon dans la production d’électricité d’ici 2040, conditionnée à un appui international.
La Contribution déterminée au niveau national 3.0 (la CDN 3.0) comporte une cible de réduction des émissions qui couvre l’ensemble de l’économie, tous les gaz à effet de serre, tous les secteurs et toutes les catégories. La CDN 3.0 représente le niveau d’ambition maximal possible. Elle définit, en tenant compte des circonstances nationales, des cibles et mesures de mise en œuvre dans le respect du principe des responsabilités communes mais différenciées, et des capacités respectives des pays.
À travers ses trois contributions déterminées au niveau national (CDN), le Maroc a enregistré plusieurs avancées notables. Le potentiel national d’atténuation de la CDN 3.0 s’élève à 53% de réduction des émissions de GES d’ici 2035, au lieu de 45,5% fixé dans la CDN 2.0 pour 2030.
Cet objectif est établi par rapport aux émissions projetées à la même échéance selon un scénario de référence basé sur le cours normal des affaires. Il se décline en une réduction inconditionnelle de 21,6% à l’horizon 2035, comparée à 18,3% visés dans la CDN 2.0 pour 2030, qui sera mis en œuvre grâce à des ressources financières sécurisées et alignées sur la planification budgétaire de l’État.
De même, cette CDN 3.0 est marquée par un objectif de réduction conditionnelle de 31,4% à l’horizon 2035, contre 27,2% pour la CDN 2.0 à l’horizon 2030, dont l’atteinte dépendra de la mobilisation de l’appui international requis.
Une panoplie de projets
La CDN 3.0 présente une nouvelle structuration des projets d’adaptation et de renforcement de la résilience dans plusieurs secteurs. Dans ce contexte, un portefeuille de 90 projets d’atténuation a été élaboré, nécessitant un financement estimé à 60 milliards de dollars.
D’autre part, compte tenu de la vulnérabilité du pays aux impacts des changements climatiques, la CDN 3.0 vient renforcer l’action en matière d’alerte, de prévention des risques climatiques et d’adaptation, et ce, dans la perspective de réduire les pertes et les préjudices que le pays subit déjà. À cet effet, 80 objectifs sectoriels d’adaptation ont été identifiés à l’horizon 2035. Ces objectifs se déclinent en 107 projets d’adaptation, répartis entre 61 projets inconditionnels et 46 projets conditionnels.
La CDN 3.0 comprend un portefeuille de 90 projets d’atténuation de GES couvrant l’ensemble des secteurs émetteurs des GES, dont 36 projets inconditionnels et 54 projets conditionnels.
Le tableau ci-après présente le nombre de projets d’atténuation retenus par secteur et les réductions d’émissions attendues en 2035.

Sortie progressive du charbon pour la production d’électricité
Le secteur de la production d’électricité, principal contributeur aux émissions nationales des GES, concentre une part déterminante de l’effort de réduction attendu à l’horizon 2035, soulignant ainsi le rôle central de la transition énergétique. Le Maroc s’est fixé l’objectif de tripler sa capacité installée en énergies renouvelables d’ici 2030, en la portant à plus de 15 GW, conformément à l’objectif fixé à la COP28 par la communauté internationale.
Parallèlement, et conformément à la feuille de route nationale bas-carbone ainsi qu’à son adhésion à la Powering Past Coal Alliance (PPCA), le Maroc envisage de fixer comme objectif la sortie progressive du charbon pour la production d’électricité à l’horizon 2040, sous réserve d’un appui international adéquat permettant notamment l’arrêt anticipé des centrales et la gestion des engagements contractuels. À défaut d’un tel soutien, le Maroc réaffirme néanmoins son engagement inconditionnel à mettre fin à l’utilisation du charbon à l’horizon pour la décennie 2040.
Le secteur privé au service de la transition énergétique
La CDN 3.0 capitalise sur la Stratégie de développement de la finance climat, reconnaissant le rôle que peut jouer le secteur privé et visant la promotion de la finance climatique à travers trois piliers clés :
- améliorer l’accès au financement pour les projets climatiques, notamment par le biais d’instruments et de mécanismes financiers innovants ;
- renforcer l’environnement propice à l’investissement climatique ;
- promouvoir une transition juste et inclusive en renforçant les capacités et en facilitant l’accès aux financements verts en faveur des établissements et entreprises durables.
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