Vers un nouveau mode de gestion des parcmètres à Casablanca, plusieurs scénarios à l’étude
La commune de Casablanca envisage de changer le modèle de gestion des parcmètres au niveau de la métropole. Plusieurs pistes sont sur la table, mais aucune décision n’a été prise pour l’instant. Les éclaircissements de Houcine Nasrollah, vice-président du conseil de la ville.
Sur les réseaux sociaux, une information faisant état du transfert de la gestion des zones horodatées à une société privée suscite la colère des Casablancais.
Contacté par Médias24, Houcine Nasrollah, vice-président du conseil de ville de Casablanca, nous assure qu’aucune décision n’a encore été prise.
Il nous confirme toutefois que la commune de Casablanca envisage, effectivement, de revoir le mode de gestion du stationnement dans la métropole, un secteur placé actuellement sous la houlette de la société de développement local (SDL) Casa Baia, tout en précisant que la réflexion est toujours en cours.
"Ce secteur doit être confié à une entité spécialisée"
Cette décision intervient, d’une part, dans le cadre de la régulation du stationnement à Casablanca et de la fluidification de la circulation. D’autre part, la commune souhaite confier ce secteur à une entreprise spécialisée, qui se chargera exclusivement du stationnement, et rien d’autre.
"La commune y pense sérieusement, mais aucune décision n’a été prise pour l'instant", insiste notre source.
"Nous ne sommes pas encore fixés sur l’alternative", nous explique Houcine Nasrollah, soulignant que plusieurs pistes sont à l’étude, notamment "un appel à manifestation d’intérêt ou encore un partenariat. Plusieurs versions sont actuellement sur la table".
"L’idée est de confier ce secteur à une société spécialisée dans ce métier, qui s’en occupera pleinement", ajoute-t-il.
"Aujourd’hui à Casablanca, nous n’avons pas uniquement le stationnement en surface, mais aussi les parkings souterrains, qui ont coûté plusieurs millions de dirhams à la ville".
"Il y a notamment le parking de la place Rachidi, celui de la Ligue arabe sur le boulevard Brahim Roudani, ou encore celui du Triangle des hôtels qui se trouve derrière l’hôtel Royal Mansour. D’autres structures sont par ailleurs prévues, notamment à Aïn Diab sur une superficie de 6 ha" ou près du Complexe sportif Mohammed V.
"Il faudrait donc que ce secteur soit confié à une entité spécialisée, qui s’en équipera exclusivement, et qui ne fera que ça".
Ci-dessous, l'emplacement du futur parking de Aïn Diab :
La gestion du stationnement n'est pas la priorité de Casa Baia
Houcine Nasrollah nous explique que la problématique actuelle c’est que "Casa Baia se charge de plusieurs choses à la fois, ce qui n’est pas évident".
"Elle est notamment en charge des 3D (désinsectisation, dératisation et désinfection) au niveau de la ville, mais aussi de la collecte des déchets pour 1,6 milliard de DH, du suivi de la décharge et bientôt du futur centre de valorisation des déchets, et des espaces verts. Dans son panier d’activités, le stationnement arrive en queue de liste".
"Le stationnement n’est donc pas sa priorité. Ce n’est pas son métier, et c’est principalement pour cette raison qu’on envisage de passer à un autre mode de gestion".
Seulement 8.000 places horodatées sur 800.000 disponibles à Casablanca
Notre interlocuteur nous fait également savoir qu’une étude est actuellement en cours pour définir le plan de stationnement (PDS) de la ville. "Nous disposons d’un plan initial, qui est caduc". Ce plan date en effet de 2017. Il a été voté par les élus du conseil précédent, mais n’a été mis en œuvre que partiellement. Il doit donc être actualisé, en raison des changements qu’a connus la ville depuis.
"Cela ne veut pas dire que toutes les places de la ville deviendront payantes", précise le vice-président du conseil. "Casablanca dispose d’un total d’environ 800.000 places. Le PDS de 2017 prévoyait 45.000 places de stationnement payantes, mais seules 8.000 existent à ce jour".
"Les détails de ce secteur seront donc revus, avec un nouveau zoning et une nouvelle tarification qui dissuaderont les gens de stationner en plein centre-ville pendant des heures".
"L’objectif derrière cette vision n’est absolument pas pécuniaire", nous assure Houcine Nasrollah. "C’est plutôt pour améliorer et fluidifier le flux de circulation à l’intérieur de la ville".
Et d’ajouter : "Les parkings construits par la ville lui ont coûté près de 1,5 milliards de DH. Nous n’allons pas récupérer cet argent avec un tarif de 2 DH/heure. L’objectif principal des changements opérés dans le secteur du stationnement est la régulation du stationnement, pour améliorer les flux et la mobilité au niveau de la métropole".
"Toutefois, si à côté nous réalisons un revenu, ce n’est pas méchant", conclut-il, en expliquant que "le stationnement à Casablanca rapporte à peine 3 millions de DH. Or, un seul horodateur coûte environ 200.000 DH, voire plus, et sa réparation pose souvent problème. L’objectif n’est donc pas du tout pécuniaire".
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